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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





29 juin 2008

Res Gestae


Panorama de nos derniers faits d'armes de khâgneux, dans les murs du lycée...


Jouer au ping-pong avec un Gaffiot






J'ai dit : AVEC !








Graisser les portes du lycée











Ecrire une ode à notre sémillant professeur d'anglais...


Mais d'abord, la source de notre inspiration :


POEM by Roger McGough


Las Vegas

Crass Vegas

Nothing can surpass, Vegas


Las Vegas

Brass Vegas

Where they paint the grass green, Vegas


Las Vegas

Alas, Vegas

Head in the oven, switch on the gas, Vegas





POEM by 8645


Las Vegas

Plexiglas

Take a glass, Vegas


Michel Jonasz

Joins the party Baas

In Iraq there's no grass, Vegas


Joint de culasse

Goffart is super classe

Take a tie, eat a tapas, Vegas




Proposer un devis de réhabilitation des chambres 201, 203 et 205 en loft au terrible mais sympathique CPE chargé de l’internat... (envoyé par la Poste... nous ne sommes pas encore fous !)


Zoom





Ce que nous n'avons pas mené à bien faute de temps : dormir une nuit dans une salle de cours, faire faire un tour de manège à Félix Gaffiot et Actus Man (OU BIEN dans un camion de pompier ou BIEN sur le dos de San Goku)...


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23 juin 2008

A l’horizon



L’internat est maintenant vide de ses khâgneux, je ferme une dernière fois la porte de ma chambre en synchronisation parfaite avec Baptiste. Hier, c’était la dernière douche, et le dernier ceci, le dernier cela. Et les dernières errances de l’objectif à travers les murs secrets du lycée. Je voudrais rapporter une anecdote croustillante, comme aux grandes heures, mais je n’en trouve pas, je n’en trouve plus. La khâgne, totale, mourante et défigurée, expire enfin.

Ultime soirée, dans les Vosges et parmi les Vosgiens. Les khâgneux sont là, presque tous. 3h du matin, on se dit « au revoir, à bientôt » sans croire que l’on prononce vraiment ces paroles, sans croire que c’est bien un « au revoir ». Le chemin unique, soudé pendant deux ans, implose en une multiplicité de trajectoires. Merci, merci à vous tous ! Merci à vous, lecteurs, à vos commentaires, à vos mails, à vos encouragements. Et merci, surtout, à vous qui êtes la matière ce blog, mes amis khâgneux, mes khâmarades, tous ces mots et toutes ces photos existent grâce à vous…












Il aurait pu y avoir un « Monkey’z (h)K3 » dans l’optique d’une année de khûbage. Il aurait pu y avoir un « Monkey’z Semper HK », comme je l’avais pensé, mais je n’ai guère envie de me résigner à la commémoration d’une époque révolue. Il n’y aura pas de déshypokhâgnisation à la manière d’une déstalinisation : tout est bien là et le restera. En revanche, il est fort probable que nous poursuivions « Monkey’z (h)K », en publiant des textes sur la réinsertion des khâgneux dans le monde des vivants. Il serait également dommage de ne pas faire profiter les lecteurs fidèles et rôdés à la mythologie du blog de nombreux écrits et photos encore inédites (car il y en a un bon paquet).

Et nunc ? Baptiste va semble t-il couler des jours paisibles en Lettres Modernes à la fac de Nancy tout en digérant les thèses médicales du Docteur Destouches, alias Louis Ferdinand Céline ; mais il le dira mieux que moi. Quant-à moi, j’ai demandé un transfert de dossier à Paris IV en Lettres Classiques : mais cela, c’est une autre histoire !



21 juin 2008

Tir au but au bout de la nuit (Par Baptiste)


A se demander s’il n’est finalement pas plus facile de sortir d’un Euro que d’une Khâgne. Les joueurs de l’équipe de France n’ont pas été confrontés à notre problème. Non, eux ils sont partis comme ça, brutalement, après trois brefs coups de sifflet d’un arbitre slovaque (je pourrais dire italo-slovaque mais ça ferait jaser). On ne les avait pas prévenus de la date de leur départ, même si certains ont du commencé à douter quelque peu, après les Pays-Bas…

En ce qui nous concerne, elle était prévue depuis belle lurette, je ne saurais vous l’indiquer avec exactitude mais je me souviens que lors d’un cours de Français, nous avions coché le 16 juin, en nous disant que « de toute façon, à cette date-là, il n’y aura plus rien à faire » et que l’ « on sera parti bien avant ».

Oui et non. Il est vrai que, lorsque les Saturnales sont terminées, le Khâgneux que je suis a pu éprouver une certaine finitude, voire une sorte de soulagement d’avoir « bouclé » cette tâche rituelle, en même temps que l’obtention, somme toute satisfaisante, de son année de licence.

Mais personne ne veut partir bien avant. C’est pourquoi le quatrième but des Pays-Bas ne m’a fait ni chaud ni froid, à moi, moi qui ai pourtant suivi dans la salle télé du lycée ou dans ma propre salle télé (grâce à un valeureux adaptateur TNT USB) tant de matches avec passion, parfois au détriment je dois l’admettre, de mon voisin de chambre qui était obligé de s’aventurer dans les confins du bâtiment pour trouver un peu de calme… Après tout, qu’est ce que ça pouvait faire de perdre l’équipe de France pour un mois ou deux, le temps qu’elle se reconstruise, elle en retrouvera bien une, de compétition internationale…

Mais le khâgneux, lui, ne retrouve plus « sa » Khâgne, même s’il khûbe… Equipe de France, Khâgneux, même combat : c’est bel et bien la fin d’une époque… Le joueur que je suis va être transféré du FC Khâgne à l’Association Sportive de la Fac sans indemnité de transfert, et pour cause, nous y sommes forcés. Mais alors que certains tentent leur chance dans les grands clubs (ah, Paris, le Real Sorbonne ou le Sorbonne United), d’autres se cantonnent pour une année encore à leur province plus modeste, en se demandant s’ils oseront un jour franchir le cap.

Pourquoi le Khâgneux ne veut-il pas partir ? Beau sujet, qui mériterait d’être maintes et maintes fois débattu. Sûrement parce que, quand il part, il est débarrassé de toutes les contraintes qui pouvaient peser sur lui quelques semaines auparavant et qu’il ne veut retenir que les bons moments… Je me souviendrai donc de cette dernière nuit où j’allai une ultime fois saluer le Roy en tentant d’emporter avec moi quelques morceaux de cette atmosphère emprunte de musique classique. Je me souviendrai aussi pour longtemps de ce République Tchèque – Turquie où Yannick prévenu par mes soins accourt pour constater la remontée des Turcs (menés 2-0, revenus à 2-2) et n’arrive dans la salle que pour entrevoir leur victoire. Le Khâgneux est-il dans la situation du Tchèque, pourrions nous nous demander ? Très certainement. Il s’imagine trop longtemps pouvoir mener le jeu avant d’être emporté par lui, et de perdre. Mais là où il y a encore un point commun avec le football (et il n’est pas négligeable), c’est que le Khâgneux profitera de son expérience, plus tard…

Partir, parce qu’on a trop envie de rester aurai-je pu dire. Mais c’eût été malhonnête. Il faudrait dire alors : partir alors qu’on aurait peut-être pu rester, mais qu’on ne le souhaite pas. C’est moins facile à retenir. Mais alors que faire ? Evoquer le futur ne me semble pas indispensable à cet instant, je préfère remercier ces deux ans pour toutes les émotions qu’ils ont pu me procurer, ce blog, son propriétaire et en cet instant je voudrais avoir une pensée émue pour ces gens de l’internat qui ont égayé mon année. Je clos donc cet article en remerciant Monsieur Nicolas N. qui s’est révélé plus sympathique que ses prises de positions politiques (il n’y a pas que dans le football que l’on peut chambrer, qu’il me pardonne), Monsieur Pierre K. pour sa musique, sa bonne humeur et cette danse si caractéristique, Mademoiselle Fanny B. pour m’avoir gentiment cédé sa cinémathèque, Messieurs Benoit C. et Benjamin V., les économistes et je ne veux pas conclure cette liste un peu longue (mais nécéssaire) sans citer particulièrement un futur journaliste de « l’Equipe » Monsieur Anael A. à qui je dois le foot dans le couloir, les pizzas, les matches, le Droit de Savoir avec Jojo le lapin et bien d’autres choses… Et évidemment, Maeva, Charlotte, le Roy et mon cher Yannick.

Ce n’est peut-être pas mon dernier article sur ce blog, mais je pense que ce sera le seul à atteindre cette longueur, peut-être parce que l’essentiel y a été dit et qu’il va falloir passer à de nouvelles aventures…


la vie passe… le sang passe… il emmène… (Conclusion de Féerie pour une autre fois)










Baptiste.
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13 juin 2008

Saturnalia


Avant




Réponse du sémillant prof’ d’anglais, inscrite sur le bulletin de participation aux Saturnales, à la question « Participerez-vous à la soirée ? » : « Oui, hélas ».


En quoi consistent les Saturnales ? Je l’avais expliqué en grande pompe l’an passé, c'est-à-dire avant-hier sur l’échelle de l’espace temps prépa, mais je crois bon de procéder à un petit rappel. Il s’agit d’un repas entre les maîtres et disciples (hypo)khâgneux, qui clôture habituellement l’année, suivi d’un spectacle où les profs se voient croqués dans l’emphase de leurs manies intellectuelles et de leurs tics langagiers. Les Saturnales, on y pense depuis la fin du spectacle des anciens khârrés et toute l’année, on en a parlé. On dispose d’idées de sketch à n’en plus finir, tellement les inspirations sont prolixes, de quoi monter trois spectacles différents. Un gendarme règle la circulation des idées lors des premières réunions, au milieu d’une pluie d’éclats de voix qui cherchent toutes à parler le plus fort. Les inspirations se mêlent, se croisent et se chamaillent dans une ambiance de colonie de vacances ; mais on finit par s’accorder, à force de consensus, sur une intrigue globale (qui recoupe généralement des éléments qu’on avait évincé avant de dégrossir une première fois). Et tout cela, avant et pendant le khônkhôurs de l’ENS.

On remarque très vite que le spectacle représenté aux Saturnales est avant toute chose marqué par un Esprit. Chaque promo est différente et entretient des rapports différents avec les professeurs, avec le système prépa. Il y a bien une histoire commune, malgré tout, transcendant les individualités. Et on ne sent que cela tout au long de la pièce.

Cette année, c’était donc notre tour. Personne ne voulait se louper. Du coup, nous avons mobilisé des artifices hollywoodiens ou presque et une idée novatrice : intégrer au spectacle une séquence vidéo, avec tous les problèmes que cela pose ; Filmer, faire le travail de montage (confié à une sympathique personne que je salue au passage) et surtout, projeter le jour S. Ces images seront des parodies de pub mettant en scène les remarquables manies des profs, source intarissable de mimèsis et de plaisanterie :

« Michel G., what else ? »
« Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas, sauf pour Patrick K. »
« Les lingettes pampers, inspirées par Rabelais, crées par Pampers » […]


Bref résumé de l’intrigue. Le Roy, dans son propre rôle, arrive du fond du fond de la salle et s’assoit juste devant l’espace où nous jouons, une télécommande à la main. Bruit de changement de chaîne TV, nos profs sont mis en scène dans les émissions du petit écran. Dans Plus belle la khâgne, le prof d’histoire disparaît mystérieusement. Est-ce le prof d’allemand qui a fait le coup ? Puis vient l’heure de Fort Khâgnard et des énigmes tordues du prof de française d’hypo, de Brouillon de Khûbe, et de Ca se diskhûte, consacré aux troubles comportementaux des professeurs. Mon cher Baptiste incarne notre prof de philo d’hK pendant que j’incarne son double maléfique : le K. Et ainsi de suite. 1h15 de représentation, sans essoufflement. Et dix jours d’intense préparation, des dizaines de minutes cumulées de frictions et de disputes, de doutes, de ras-le-bol. Mais surtout, des heures de rire…

Après

« On voudrait être en khâgne rien que pour cet instant-là »

Et cet instant a racheté tout le reste. Toute la pression est retombée lorsque je suis entré sur scène et que j’ai senti que la mayonnaise, qui nous avait tant coûté les derniers jours, prenait, et plus encore. Jouissif et délicieux, de faire rire avec la matière tirée de cet univers terrible, sans aucune méchanceté ni ressentiment.

Et le spectacle s’est terminé, sous les applaudissements ; la salle s’est vidée, au gré des effusions de critiques positives. Je me souviens du prof de philo, qui m’explique en 3 parties pourquoi il a été séduit par notre prestation… Nous avons plu, c’est l’essentiel, surtout que je crois que nous avons pris énormément de plaisir à jouer. Notre khâgne prend donc fin avec cette expérience théâtrale, inédite pour beaucoup d’entre nous, heureux d’ « avoir assuré ».






[…]



J’aurais voulu écrire l’euphorie du moment absorbé par le moment, les mots affleuraient. Aucune grande phrase, juste les mots saillants, des impressions incandescentes. Magique, soirée magique de part en part, mais c’est si peu de le dire maintenant avec des mots fades et profanes. Je me souviens du K., à table, qui nous rappelle pourquoi le type se préoccupant de sa plante des pieds croit à l’immortalité de l’âme. Le spectacle qu’on déroule parfaitement, la chaleur du jeu d’acteur, le succès insolent des parodies de pubs. Plus tard dans la nuit, nous étions entre khâgneux, une des dernières soirées entre khâgneux… Une boîte de nuit pour nous seuls, un mercredi soir à Nancy, tous sont là. Et Elle, enfin, mon Amour...


09 juin 2008

Khâgneux (en voie de réinsertion)



Khâgneux, on le restera toujours un peu, même si je ne sais pas si l’on peut dire que nos racines sont nées et serpentent uniquement dans ces deux années. Après tout, on y fait que passer, laissant une modeste emprunte, comme tant d’autres. Personne ne niera cependant, pas même les inexpugnables réfractaires au système, que cette époque agit comme un révélateur, violent révélateur qui porte non seulement à incandescence tous nos caractères secrets et endormis jusqu’à lors, mais éclaire aussi des connaissances qui seraient demeurées inaccessibles. Des dizaines de portes ont été enfoncées, il s’agit d’explorer maintenant les vastes pièces obscures qu’elles verrouillaient. Mon appétit est ouvert, voilà pourquoi nous je n’aurai jamais de repos.

Le glas sonne sur les restes de l’empire Khâgne, si despotique au temps de son apogée. C’était un lent déclin, après les heures furieuses de révision avant concours, ce n’est plus qu’une lente agonie, qu’on imagine sans fin. L’expression « la fin d’année » n’a aucun sens car la Khâgne, dépouille dépouillée de sa substance avec la fin des épreuves, mis en bière avec les honneurs, ne vit plus que dans nos cœurs, parce qu’il y avait les amis et un parfum unique et surtout, ce chemin intime que chacun s’est tracé. J’ai grandi, « et ici plus qu’ailleurs ». Je citerai ces paroles du K., qui allument tout de même quelque fierté d’avoir, plus ou moins, survécu :

« Il arrivent, tout petits tout moches, on les éduque et ça devient du khâgneux hyperbolique, du beau khâgneux. »

Une « mélancolie éreintée », je ne saurais trouver de meilleur concept pour qualifier la voix de cet article et de mes derniers textes. Pourtant, je ne suis pas triste d’en finir. Pas même nostalgique. Peut-être le deuil s’est-il déjà passé dans quelque recoin de mon esprit. Peut-être parce que j’ai su voir, enfin, qu’il y aurait quelque chose après. C’est juste que je suis fatigué, physiquement, et on l’est tous, et que je sais qu’une grande époque se meurt. Elle a déjà un pied dans le Souvenir. Je veillerai à ce qu’elle ne se dilue pas dans le Léthé.

Mais c’en est fini de ces mots mélancoliques ! Dire cet état d’esprit « mélancoliquement éreinté » est certes important pour moi, car c’est aussi étape de ma vie de khâgneux, mais ce n’est pas tout. Il y aura encore d’autres articles, et plus enjoués : je n’oublie pas qu’il nous reste quelques faits d’armes à accomplir…



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