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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





27 avril 2008

Des casseroles, de la choucroute et des guillemets



Sur la notice de la khâsserole, il est écrit qu’on peut tout y faire : de l’histoire, de la philosophie, de la littérature, parfois tout en même temps, et cela en théorie sans risque pour le revêtement poli en inox. C’est beau, ça brille, c’est neuf, même après quelques vaisselles sévères et la préparation de quelques festins. Octobre. Euphorique, l’éponge Spontex entre en scène, on l’appelle Démosthène ou Jules Ferry, Merleau-Ponty peut-être ; doublement abrasive, elle râpe les parois de la casserole qui frissonne. Et le revêtement perd de sa fraîcheur, fatigué, il n’est plus aussi étincelant que dans sa prime jeunesse, à l’heure des premières pommes de terre en robe des champs, épluchées avec soin par un grand chef à la main délicate pour le peuple khâgneux. Maintenant, ce dernier tranche soigneusement les aliments à la broyeuse, raffine à cuire au lance-flamme. Il mélange, il prépare et il épluche encore, il bat les mêmes œufs battus trois semaines plus tôt, les mêmes plats cuisent et recuisent ; le collège des savants chefs de cuisine rajoutent une tonne d’ingrédients inédits parce qu’au concours, definitely, on ne mange pas à la carte. Le programme, pour cette année encore, c’est tout.

Bienvenue au « Petit Mitron de la Rue d’ULM », pas de plat du jour, pas de menu, pas de carte des vins, juste l’addition.

En histoire, la France de 1870 à nos jours, ou presque, le Monde, de 1914 à nos jours, ou presque. « Un programme impossible à voir en deux ans [sous entendu : pour apprécier pleinement ce non-programme, il serait judicieux de khûber] » selon les termes du divin prof’. Les chefs de cuisine cuisinent maintenant pour une garnison : c’est une marmite gigantesque, de la taille d’une cuve à mazout, qu’ils remplissent de polycopiés gras, avalés par le tourbillon d’une boue épaisse. Cette soupe, il faudrait que nous la mijotions, nous, petites casseroles brûlées par deux ans de cuisson.

A force d’être gavée, la khâsserole déborde ou devient passoire, elle ne retient plus rien. Les cuissons sont bâclées mais il faut cuire. Toujours cuire. Le gaz brûle jour et nuit, on pense aux révisions sans fin, sur une table ou sur un oreiller. Et quand on aura fini de réviser, il faudra continuer. Retiens ce nom, retiens tout, retiens cette date, c’est important, crucial. Plan Freycinet, 60000km de voies ferrées prévues en 1914. 60000. Freycinet 60000 ! Crucial. Fiches de fiches de fiches : mise en abîmes de boites de conserve dans de petites boites de conserve dans de plus grosses boites à la sauce poupée russe. Dans mon esprit sous vide, une choucroute géante où Poincaré chevauchant une saucisse croise Aristote emmêlé dans le chou blanc. Mac Mahon, les pieds dans le Riesling, converse avec un bout de lard. Pas de panique. Jean Pierre Richard est là pour s’entretenir avec les pommes de terre vapeur.



Ces « vacances » entre guillemets se terminent : et d’ailleurs, pourquoi ces nécessaires guillemets ? Par définition, les vacances correspondent à une période de détente, une parenthèse qui rompt avec les activités qui occupent le reste de l’année. J’allais dire, « qui rompt avec le travail », mais j’aurais par là même affirmé que Baptiste est toute l’année en vacances, ce qui est faux, bien sûr. Or, les vakhânces, car il est facile de mettre des kh^ dans un mot pour « faire » (hypo)khâgneux, sont tout sauf des jours de détente. Ne sommes nous jamais plus tendus qu’en « vacances » ? Lorsqu’on ne travaille pas, nos pensées se crispent sous le coup d’une mystérieuse injonction qui dit qu’il faudrait travailler. Lorsqu’on travaille, un aveu intérieur clame qu’il serait grand temps d’avoir des vacances. La solution est peut-être de s’engager dans la voie d’un Otium actif et volontaire (pour les non-initiés : « le loisir studieux », une mauvaise traduction Guillaume Budé). Une idée opportune pour Jean Pierre Richard, toujours lui : Elasticité du congé (un nouvel essai, à lire ou non, mais qu’il est du meilleur goût d’exhiber dans sa bibliothèque).

« Alors là, vous allez me dire », le temps de la Khâgne n’est-il un vaste champ d’Otium ? Vaste débat. Le khâgneux est-il donc condamné à n’avoir que des vacances entre guillemets ? Y aura-t-il une alerte chimico-antraxo-nucléaire au lycée Henri Poincaré pendant une épreuve du concours de l’ENS ? Les barbus prendront-ils en otage notre prof’ de philo pour l’empêcher de poursuivre son cours sur « les sciences et le raisonnement mathématique » ? Thibaud ramènera t-il du saucisson biologique des Vosges pour célébrer dignement les apéros post-concours ? Le Roy va-t-il oublier de khûber ? Mourrons nous enfin en khâgne ou survivrons nous ? Une somme de questions auxquelles nous répondrons au cours des prochaines semaines…


Bonne (dernière) rentrée khâgneuse à tous !


26 avril 2008

Et nunc. (Que vais-je faire ?) Par Baptiste.


Ceci est peut-être mon dernier article, avant de me faire atrocement trucider par un zombie. Et là, vous allez me dire (un petit clin d’œil à notre cher professeur de philo) : « Est-il devenu fou ? ». Mais non, la réponse tient en trois lettres : REC. Allez savoir pourquoi mais je m’en voudrais presque de ne pas avoir révisé mes cours d’histoire au lieu d’avoir regardé ce film. De toute façon, je n’ai pas mes cours d’histoire sur moi…. Pour mémoire, ce film raconte les pérégrinations de zombies dans une maison curieusement fermée de tous côtés.

Vous allez donc subir quelques unes de mes pensées nocturnes et effrayées et celles-ci sont loin, très loin d’être les plus claires… Cette année finalement, ne pourrait-on pas en dire que « bientôt tout sera terminé » mais ajouterait-on d’autant plus volontiers « Alors ce sera fini et je serai bien content » ? Je vous laisse le soin de rechercher la provenance de ces citations… ça n’est pas bien difficile.

Alors, je ne sais pas, que vais-je faire dans deux jours, lorsque nous serons rentrés ? Regarder des films (sûrement), lire un peu (évidemment), réviser (hum… déjà plus douteux), trouver un appartement... Tiens, quelqu’un me demande ce que je fais encore debout à trois heures du matin… Yannick connaît la personne en question. Insomnie, prétexte facile quand tu nous tiens… A se demander si ces deux années n’ont pas été qu’une longue insomnie de livres et de films…

Que faire ? Nous improviserons. Avec notre « talent » habituel.

Merci à nos chers lecteurs, toujours plus nombreux et que nos quatre cents coups amusent, divertissent ou agacent.

Et que vive cette khâgne. Gloire et honneur.


NB : Je tiens à ce que cet article soit publié, sans relecture ni ligne éditoriale précise. Mon cher camarade se demande sans doute ce qui m’a poussé à commettre cette chose, qu’on peut difficilement appeler un article. J’espère qu’il aura la bonté de s’en contenter.


Baptiste.

24 avril 2008

Et avec ça ?






« Tu ne postes pas beaucoup pendant ces vacances ! » me fait remarquer mon khâmarade de souffrances hellènes. Je ne peux pas le contredire : c’est vrai, je n’ai encore rien posté, ou presque, pendant ces « congés ». Peut-être bien parce que ces « congés » (on ne peut plus se passer de le dire entre « ») ressemblent à tous les autres : nonchalants, relevés par une douce culpabilité, plombés par le compte des heures de sommeil à solder. Rien, il ne se passe rien. Je contemple les journées qui s’enchaînent, le compte à rebours avant l’échéance finale, le concours, ce Concours. ENS ! ENS ! ENS ! Combien de fois avons-nous entendu ces mots remâchés par la bouche une et indivisible de nos profs ? ENS ! ENS ! ENS ! Certains en rêvent, quelque uns s’y voient, d’autres encore prévoient des piques-nique à la Pépinière lors des épreuves, à midi. Mais tous, nous le passons. Alors, les autres préparationnaires interrogent le khâgneux : « mais vous passez quoi comme concours ? », khâgneux qui leur répond : « l’ENS ». L’ENS, rien que l’ENS. Question d’exclusivité. L’autre préparationnaire se demande à quoi peu bien servir une classe préparatoire qui prépare à rejoindre la fac. On finit par ne plus argumenter. Les plus prévoyants ont fui à science po, des retardataires osent les écoles de commerce. Nous, nous passons l’ENS. Et quitte à ne pas avoir un concours, autant que ce soit celui-là.

C’est le temps des questions, le temps de se retourner et de s'étourdir. Où sont ces deux ans ? Mais il faudrait penser au Concours. J’y pense : pensée réchauffée par le K. . Mot d’ordre : ne pas se désintégrer, des copies concours ou rien. Et aucun regret.

« Pourquoi ne pas écrire une nouvelle ou un roman ? » me dit encore mon cher khâmarade. J’écris un blog : c’est pire. Je ne dis pas tout, je dis parfois plus. Je tricote ce journal (hypo)khâgneux sans savoir s’il ressemblera à un chandail harmonieux ou à une chaussette bariolée. Je suis ces textes mais je ne cesse de les dépasser. J’évolue. Tous, nous évoluons. J’ai grandi. Avons-nous plus grandi qu’ailleurs ?

Des racines khâgneuses. Mais des envies et des rêves fleurissent.







18 avril 2008

Publicité # 2



avec Félix, plus t'en fais, plus t'en as !

Modèles : Félix Gaffiot et Baptiste


14 avril 2008

La khôle de quoi ?

Ou plutôt, la khôle de qui ? 14h30, un hypokhâgneux de l’internat sort de sa chambre, il est déjà en retard. Il doit affronter sa troisième khôle de koppistique, la plus terrible. Bien sûr, en bons reporters khâgneux que nous sommes, nous nous chargeons de couvrir l’évènement. Ironie du sort, tout de même, que d’être accompagné alors qu’on doit traiter ce sujet délicat qu’est « la haine de l’humanité ». Le K. arrive dans la salle et nous salue. Notre présence, pourtant impromptue, ne le surprend pas. Le combat va commencer. Faites chauffer l’objectif.



L’hypokhâgneux attaque. Loupé. Un coup dans l’eau selon le K. Enoncé du plan. Touché coulé. Pas d’alternative. Avec Baptiste, nous nous faisons aussi discret qu’un sous marin russe dans une piscine ; l’objectif claque, immortalise le duel. Les mouvements du K. percent et accaparent peu à peu le territoire ennemi. L’hypokhâgneux résiste, défend son plan, embarqué sur un radeau à contre courant du flot koppistique. J’offre mon objectif au K. Flash. Rires. L’hypokhâgneux peste et prétend qu’on saborde sa khôle. Selon « nous », il n’en est rien. Mais l’hypokhâgneux est bon prince, il ne nous en voudra pas.



« La haine de l’humanité » est-elle partie intégrante de l’œuvre célinienne ? Oui selon le K. Non pour l’hypokhâgneux. Victoire du K. qu’a guidé un extrait du Voyage choisi par Baptiste, qui décidément ne rate pas une occasion d’évoquer SON auteur, Louis Ferdinand Céline. Aucun arbitre ne pourra jamais entériner la victoire. Pour trancher, on aurait pu recourir à la vidéo. Nous n’avons que des photos.


Baptiste et Yannick, Yannick et Baptiste (avec la participation gestuelle et amicale du K. ainsi que de Pierre Ki.)







Photos publiées avec l'autorisation du K.





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La fanfâronnade


Les fanfarons longent les murs cents fois repeints de la fac de lettres ; à force de boire les couches de peinture neutre, recouvrant les œuvres d’artistes anarchistes, ces murs ont gagné plusieurs centimètres d’épaisseur. Direction la salle du partiel. Inutile de préciser que seuls les « martyres » de Lettres Classiques ont droit à pareille épreuve. De jure, les autres en sont dispensés. Ce sera « linguistique grecque », UE 100 machin quelque chose, dans une salle qui paraît aussi exiguë que ma chambre d’internat. Trois rangées de quatre chaises, point final : qui a dit que la Fac n’était pas pragmatique ? L’enclos des Lettres Classiques est bien proportionnel aux effectifs. Mais pas de panique : on aurait pu atterrir dans la chaufferie.

Révisions haletantes au CDI l’après midi. Les cerveaux ne sont plus qu’une bouillie après toutes les heures de Concours Blancs collectionnées. Le champ de travail est mangé par les rires : mine de rien, la flexion athématique en consonnes est hilarante. Peut-être est-ce aussi Olivier qui ne parvient plus à élucider sa prise de note fumeuse. D’ailleurs, il tente d’expliquer au Roy ce qu’est « l’aperture », un terme tout à fait courant, qu’on rencontre notamment dans l’expression « métathèse de quantité et d’aperture ». Définition : « l’aperture, c’est quand tu ouvres la bouches, mais tu peux l’ouvrir aussi en arrière ». C’est ainsi que la séance de révisions a coulé. Heureusement, quelques notions cruciales resteront flottantes.

C’est au Pirée, c’est un après-midi ensoleillé. Les deux amis effleurent l’eau tiède du bout de leurs orteils grecs. Aujourd’hui, c’est la paix. Inutile d’aller casser du marin crétois ou du marchant corinthien. Cette cuirasse d’hoplite, en plus, c’est franchement casse-bonbons à enfiler. Peut-être ira-t-on à la Boulè, mais plus tard…

Tiens, et si on mettait une laryngale 2 au neutre singulier de la flexion thématique ? Ce serait tellement chouette !

Le sévère prof de fac nous livre cinq mots de l’Odyssée à dépecer : « une feuille simple suffira… il n’y a pas de pièges… ». La feuille simple suffira, cela ne pourra être que facile. « Tout est dans le cours » que maîtrisent sur le bout des doigts les 3 faqueux présents. La majorité de la section, c'est-à-dire nous, jouit d’un patchwork de diverses photocopies soudées où chacun y va de ses petites abréviations. Neu pl = laryngale 2 nvoc flex3 diff de -*oso indoeuro ? Sur l’un des bouts du mécano, l’un de nous a osé conclure : CCL : c’est compliqué, bcp de cas et bcp de contractions. Le prof, péremptoire, dit qu’il s’absente quelques minutes : heureusement que personne n’a confiance dans les révisions de son voisin. La copie finalisée ressemble à un meuble ikéa monté impétueusement, sans jeter un œil à la notice. C’est apparemment stable, ça ressemble à quelque chose mais il y a d’immanquables blancs et surtout, quelques vis solitaires. Je dois l’avouer, j’ai hâte d’assembler la cuisine tout équipée de hittite archaïque…

06 avril 2008

Tityre batifole dans la pinède


Les heures de cours pèsent des tonnes, on voudrait les évider toutes, avec le tranchant d’un seul instant, que la peine s’achève, qu’enfin, on ait le droit de respirer. Maintenant, la soirée est enveloppée dans un ciel tiède et pastel. La lumière s’affirme de plus en plus tard tandis que je monte au troisième étage, le havre de travail. Les souvenirs d’hK refluent, c’est une atmosphère de fin d’année, parfumée de bonheur : c’était il y a un an et bien du temps a passé. Quelque chose s’est passée. C’était hier pourtant. Des cris s’attardent dans la cour, profitent de cette première soirée agréable au crépuscule de Mars. J’observe la pile de « bouquins critiques » affalée sur la table et je me dis que bientôt, j’aurais le droit de lire, de vraiment lire. Sous les latitudes khâgneuses, on commence à étouffer. Les voies respiratoires sont saturées alors on enfonce à coup de marteaux les dernières connaissances rebelles avant le Concours Blancs (dit CB II). Cette année ne ressemble à aucune autre…

Et puis, les fameux CBII écrasent les journées avec leurs gros cothurnes. Chaque nouvelle épreuve est un entonnoir qui avale toutes les autres heures. Mais elle s’écoule, aussi, invariablement. « On marche sur les restes du cadavres de l’hypokhâgne » dira Baptiste, « ça sent la fin ». La fin de tout, après les 5h de latin sanctionnées par un premier tête-à-tête prolixe avec Properce. On a coutume de dire que la première rencontre donne le ton de toute relation : cet élégiaque mal élevé déclame des vers pompeux en s’empiffrant de pronoms relatifs sans antécédent. C’est un éloge du grand Virgile, du moins, c’est ce que le titre français de la version tendrait à indiquer : en somme, moins de Virgile que de noms de fruits, de céréales et d’espèce de chèvres. Guillaume Budé le Grand traduit en ces termes le vers liminaire de notre texte : « Il m’est agréable (à moi, Properce) de languir dans les guirlandes de la veille… ». Une traduction, nous l’avouerons, tout a fait honorable et très explicite. Peut-être bien que le souffle élégiaque de Properce est scandé de relents de vin d’Etrurie… Comment cela, de la mauvaise foi ?








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05 avril 2008

Ne pas y aller est-il la même chose qu’y aller ? Sûrement.

ou bien

Esthétique de la bergamote



Un article rédigé par Baptiste et Yannick, Yannick et Baptiste au sujet de la bonne conduite de la préparation d’un DS alors que la Bibliothèque n’ouvre qu’à 9h et que, théoriquement, nous devrions être ailleurs.


On s’était dit qu’on n’irait pas. Et non. Effectivement, on n’y est pas allés. Maintenant, on est en train de boire un café en méditant notre forfait inavouable. L’addition est posée sur la table (c’est phénoménologique) et la musique d’ambiance nous plonge dans une douce léthargie d’où la « critique littéraire » (le thème du DS du lendemain) se chargera de nous extirper. On se croirait dans un mauvais film sur Arte où un réalisateur tchécopolonais filmerait la ville encore presque s’éveillant, et nous avec. Baptiste goûte son café, ses cernes sont belles, se frotte les yeux, il n’aurait pas dû abuser de Confessions Intimes (où il a vu une étudiante en droit se travestir en poupée barbie). Il remarque que l’œuf de Pâques qui ornait le comptoir de l’Excelsior a disparu : c’est normal, ce n’est plus Pâques. Yannick pense qu’elle est bien confortable cette banquette.

Tiens, Maeva. Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas allés au cours de J-Y G. La tasse de café est estampillée « Richard », comme Jean-Pierre, Jean-Pierre Richard, lui, Poésie et profondeur, toujours, l’Excelsior, profondeur du sommeil littéraire. Il n’y a pas de colorant dans la bergamote offerte avec le café. Maeva nous pose des questions, on répond à d’autres. La fatigue. « Faudrait peut-être que je termine le Lys dans la vallée » ; « faudrait peut-être que je le commence » lui dit Baptiste. Puis ils me disent que le prof de Lettres Modernes veut « du séminal » dans son commentaire de texte. Je ne comprends pas. Maeva dit que l’an prochain, Baptiste et moi, nous, ne serons plus amis : non, il y aura toujours du pain au lard.

Et bientôt, tout sera terminé. « Tout hussard qui n’est pas mort à 30 ans est un Jean-foutre » : « Tout khâgneux qui n’en a pas marre en Mars… ». Yannick : avril. Baptiste : comment font-ils pour nettoyer les tasses de café, un mini karcher haute pression ? Il faut l’excuser. La fatigue. Et bientôt, tout sera terminé. Tout ? Non. « Un petit peu tout de même » dit Maeva. Non. Jamais. Un peu, mais jamais.


Pas de panique. Après cette expérience hypnagogique teintée de bergamote, on s’est mis en route pour la BM, on y est restés. Le prof’, gentil +, nous a absous. Le forfait n’est donc plus inavouable.


Baptiste et Yannick, Yannick et Baptiste (avec l'amicale participation de Bouyroff)


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