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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





26 février 2008

Procrastino, ergo sum
(Je remets au lendemain, donc je suis)



On commence d’abord par flotter sur les heures tranquilles des vacances qui s’écoulent. Une perspective trompeuse nous fait miroiter un fleuve interminable : en vérité, il y a une digue au bout et rien d’autre qu’un petit ruisseau. Qu’importe, après 2 jours de congés, qu’on estime terriblement mérités, c’est un fleuve. Immense. 3 jours plus tard, un fleuve, toujours. Pas si grand que cela, mais tout de même. Et puis, généralement, quelques dizaines d’heures en aval, c’est la collision : une péniche, occupant toute la largeur du petit canal qui s’est mystérieusement rétréci dans la nuit, nous offre son flanc de tôle rouillée où s’écraser poliment. Elle déborde de livres, de versions et de polycopiés. Mais on continue notre chemin, progressant avec peine dans la mélasse et les roseaux : le canal est devenu filet d’eau. La péniche flotte maintenant au dessus de nous, on demeure le teint pâle prisonnier de son ombre. Des mots, enfermés dans la cale, martèlent violemment les parois d’acier : « je dois bosser… je dois bosser… ». Peut-être même qu’ils cognent dans notre boite crânienne.

On entame alors la pente descendante des congés ; et voici comment distinguer cette phase critique : une culpabilité lancinante attaque en piqué après que le climax éphémère, atteint au milieu des vacances, s’est dissous : « il reste une semaine, je vais bosser la semaine qui reste, il reste une semaine pour bosser ». Et on croit fermement à cette ferme résolution.

C’est sans compter sur la déesse Procrastination, toujours aux aguets, qui nous enthousiasme à un point tel que l’on peut affirmer : « nous ne sommes jamais que lundi, je commence demain, après tout, il reste encore, presque, une grosse semaine pour bosser ». Et mardi : « je m’y mets mercredi, il restera une grosse demi semaine pour tout boucler ». Et ainsi de suite.

Il existe bien, disponibles en pharmacie, (et surtout, auprès de tous les revendeurs non agrées) des vitamines surpuissantes, comme si elles étaient spécialement conçues pour les khâgneux, qui fournissent plus de 4500% de la dose normale des apports journaliers. Ainsi peut-on dormir 2h par nuit pendant 6mois, courir un marathon tous les deux jours, nager 8km chaque matin, faire 15 tours de la Pépinière (le Central Park de Nancy) avant de traduire 3 versions de Thucydide en soirée. En revanche, aucun substitut, aucun vaccin ni aucun patch n’existe pour traiter la procrastination. Le remède le plus sûr est certainement de ne jamais s’arrêter et « de faire chaque jour un peu » tout en rechargeant les batteries. Mieux encore, à la question « quand commencer ? », ne même pas répondre mais effectivement « commencer », tout de suite…



J’ai dit : tout de suite !




24 février 2008

Les aventures extraordinaires de…


I. Un homme de talent, son ami dorien et des points de suspension


[Je me décide enfin à publier ce texte qui prend la poussière depuis plusieurs mois, avant qu’il ne soit définitivement plus d’actualité. Pardonnez les imprécisions et l’hermétisme apparent de nombreuses références, les novices de la mythologie du blog seront sans doute désorientés…]



Il y avait à Rome un fameux fils de négociant, qui nageait dans les sesterces que la cité lui offrait pour récompenser sa myriade de mérites : « Je suis homo talentus » (homme de talent) comme il se plaisait à répéter à ses convives. Ne comptant donc ni les pièces ni les dépenses consécutives à de fastueux banquets (boucheris, is, f) il consommait son temps entre sa villa fichée sur ses immenses terres du Latium et celle agrippée à l’Aventin, dans ce quartier convoité par les homines populi (ou peoplus, i, m selon Caton). A la fois modeste et amoureux du luxe, sa sagesse pourtant fraîche éclairait tout un pan des sphères érudites de la cité des fils de la Louve. Il était aimé et aimait : le premier, il s’intéressa à Proustus, délaissé injustement par les différentes Ecoles, il se passionna également pour Ferdinandus Celinus Naso et surtout, pour le docte et incomparable chef de file de la pensée Collabos, Leondaudos. Son père, épris de l’hellénique condition, avait fait fortune en produisant des jarres à l’effigie des Grands Suppliciés (une déferlante sans précédent, plus encore que les pokemos cartos venue de Thessalie). Expression ultime de toute cette hellénité qu’il portait en lui, il donna un nom grec à son fils unique. Le nom de ce fils ? Baptistophon.

Baptistophon aimait deux choses par-dessus tout : ne rien faire en se réfugiant dans le neglandium, qui était son ataraxie à lui, et ne rien faire en déambulant sur le forum accompagné de son ami de toujours, bien que toujours en désaccord avec lui sur les questions de fond. Et qui d’autre pouvait être cet ami que Yaniclès, ce dorien menacé en sa patrie par les arnarchosyndikoi et dont le seul tort était d’avoir très envie de faire du latin ? Et Yaniclès en eut tellement envie qu’il gagna Rome pour ne plus jamais la quitter. Et ce dernier aimait lui aussi deux choses par-dessus tout : avoir très envie de faire du latin et morigéner son indéfectible compagnon Baptistophon, chaque fois que celui-ci planait dans les brumes de l’alaboraxie*. Ainsi étaient nos deux amicos.

Un jour, quand les courses de char et le spectacle d’étudiants en facultés déchiquetés par les lions ne les divertit plus, ils se décidèrent à rendre une visite au grand maître d’une discipline qui faisait furor depuis peu dans la cité de Romulus : la Koppistique. Pour le moment, et pour le moment seulement, il méconnaissait encore ce fameux Patricus Koppus Alternativus pourtant reconnaissable, disait-on, à sa toge rose cintrée…


Notes :

*Alaboraxie : formée sur le verbe laborare (travailler) couplé à un alpha privatif, cette disposition de l’esprit fait référence à la Chôme Plénitude, en d’autres termes, le Climax du Glandage. A force de corruption, Baptistophon espérait d’ailleurs persuader les prêtres d’incorporer le dieu Glandage au panthéon des divinités, déjà surbookum en ces temps tardifs. Voir aussi : Aboutissement d’un neglandium assumé et persévérant.


[à suivre]


22 février 2008

Et pendant ce temps, Actus Man... #4



«
J’ai vu de la lumière dans ce magasin, je suis entré. A la vue de leurs rayons de toges, à ce point obscènes qu’ils indigneraient Alcibiade en personne, j’ai eu très envie de faire un discours polémique. Seul divertissement d’un morne quotidien ! Car ils ne sont pas marrants, ces khâgneux, allongés dans leurs deux semaines de vacances. Je n’ai que peu de distractions, peu d’action en somme. Félix est resté à Nancy, dans la chambre d’internat du khâgneux et le pauvre n’a que ce gros lourd d’Anatole pour lui tenir compagnie. Et vas-y que je te balance un jeu de mot pédant sur les contractions de l’aoriste moyen thématique de verbes en –mi ! Et vas-y que j’étale ma science d’helléniste atticocentriste ! De toute façon, sur un ring, Sylla contre Périclès, je te parie pas un sesterce sur ce charlatan bâtisseur d’Acropole ! Et hop, par-dessus la troisième corde l’athénien ! Haha !



J’ai hâte d’y retourner, à Nancy, dans le Khôsmos ! Que le temps va être long : encore une semaine à me morfondre dans cette province perdue… Par Jupiter, je réclame la grande vie ! Enfin… grande pour moi ! Car ces fous de khâgneux vont à nouveau en baver, comme toujours. Tandis que moi, je serai tranquille, otiosus, au chaud, plus zen et décontracté qu’un berger d’Arcadie. Que ça va être drôle d’observer cette faune s’autodétruire, bercé dans mon hamac, à l’ombre du Grand Gaffiot… »


[ Quin etiam ]

21 février 2008

Un peu d’ethnographie


Différentes ethnies sont fédérées sous la bannière de « classe préparatoire » du lycée. Bien qu’en théorie cet Etat Nation semble un et indivisible, unifié sur les papiers de l’administration centrale en tant que « CPGE du Lycée Henri Poincaré », les territoires et surtout les frontières culturelles sont délimités de façon très nette et âprement défendus. Malheur à celui qui oserait toucher à l’identité intrinsèque de l’une de ces peuplades. Toutes, néanmoins, seraient descendantes des indo-européens. Ainsi trouve t-on les BCPST au Nord de l’internat et dans le bâtiment à l’Ouest, reconnaissable à ses galeries d’animaux empaillés (semble t-il, une tradition religieuse ancestrale). Non loin d’eux, MP et PC, dont les poches éparses d’individus tendraient à s’interpénétrer, ne manquent pas de s’affronter dans de violentes guerres tribales. Les motivations de ces conflits demeurent floues à tous les ethnologues spécialistes. Les HEC quant à eux, occupent le Sud Est et partagent nombre de territoires avec le peuple Khâgneux (qu’ils nomment « les khâgnes »). Le HEC, pareil au paon qui exhibe des plumes chamarrées, se caractérise par le faste et le raffinement de son vêtement. Il se distingue donc du Khâgneux, qui a la réputation, objectivement usurpée, d’être mal habillé. L’ (hypo) khâgneux, d’ailleurs, réside dans la partie orientale du lycée où sa sédentarisation est accomplie : il ne change que très peu de salle. Ce peuple est considéré comme le plus mystérieux et le moins transparent ; il emploierait encore de vieilles langues inusitées depuis des générations, à l’image du grec, du latin ou du français grammaticalement correct.

Par conséquent, nous le constatons, l’idée de l’unité d’une civilisation aussi éclatée est absurde. De surcroît, si les rencontres entre peuples sont cordiales et chaleureuses dans la majorité des cas, elles se soldent parfois par des accrochages notoires. Citons l’exemple significatif d’un HEC croisant deux khâgneux inconnus revenant de la douche, un soir, tard : un des khâgneux de demander : « dis-moi, tu cherches un éphèbe ? » et le HEC de répondre « Ephèbe, je sais pas ce que ça veux dire, mais alors, qu’est ce que ça m’excite ! ». Nous le voyons bien, le dialogue interethnique est perfectible.

Soulignons néanmoins des tentatives de rapprochement entre les différentes peuplades. Il est attesté que le mélange de HEC à l’internat avec des khâgneux de bon goût favorise les rencontres sportives de tout genre dans le couloir et donc la création d’un espace intersubjectif de sociabilité. En outre, un anthropologue hongrois a découvert que des khâgneux dévoués ont pénétré loin dans le territoire des BCPST pour jouer une partie de Pro Evolution Soccer (5 – 4 aux tirs aux buts pour Barcelone). Là encore, les intrications nouées par la pratique sportive laissent présager l’avènement d’une meilleure communication.

Notons que communication ne signifie pas compréhension.


19 février 2008

Hommage, objectif


Rien ne te destinait à capturer des centaines d’instants (hypo)khâgneux, des dizaines de portes de travers, des sourires sincères, des cernes galbées et des regards éreintés. Du haut de tes 2 millions de pixels et de ton âge avancé, sur le papier, c’est vrai, tu ne pesais pas lourd. Ton objectif, pourtant, s’est peu à peu libéré, pressé par l’audace de mon regard qui ne cessait de s’obliquer. « Quelqu’un qui prend des photos de travers est forcément tordu » m’aura-t-on dit. Merci, fidèle entre les fidèles, toi que j’ai fait souffrir chaque jour, te maltraitant dans mon sac, te violentant pour saisir les moments les plus inopportuns du point de vue le plus débridé. Plus de 4000 fois, tu auras frappé. Oui, nous nous sommes souvent trompés ! Mais tant d’erreurs ne seraient-elles pas le prix d’une seule photo réussie ? Voici venue l’heure de la retraite mais ta belle carrière n’est pas finie. A jamais, tu es le regard de mon esprit.

Un autre objectif m’attend pour d’autres aventures : saurais-je le dompter ? Réponse, très bientôt.


Septembre

Octobre


Novembre


Décembre


Janvier


Février

18 février 2008

De la boue avant toute chose

J’ai la nostalgie des métaphores filées. Alors je dirais que le khâgneux est aussi haletant et enrayé qu’une transmission de VTT, qui a éprouvé une promenade sportive à travers forets et champs boueux. La petite route communale était propre pourtant, quelques gravillons à peine détonnaient sur le calme plat du bitume. Un virage, mais une force supérieure nous exhorte à aller tout droit, hors du tranquille boulevard de macadam. Franchi un fossé débonnaire, c’est une mer de boue, de caillasses et de débris de paille. C’est une pâte de glaise sablonneuse qui fuse de partout et s’empare de la mécanique, que les crampons asphyxiés finissent par ne plus évacuer. La crasse s’est insinuée dans le mécanisme, quasi-horloger, du dérailleur, qui s’obstine à jouer un concert de crissements en exhalant une plainte élégiaque. Le pilotage devient torride. Après cet épisode digne de l’Anabase, retour sur le bitume des usagers mortels. Les promeneurs du dimanche, éberlués, méprisent le cykhliste. Parfois, c’est vrai, on opte pour un chemin difficile : c’est cela, une âme de freerider



Jet d’eau, tentative de décrassage abrasive, rien n’y fait, pas même le repos des mécaniques : le dérailleur souffre et doit être opéré en urgence. Démonter, extraire la tumeur de boue collante et tout remettre à plat : facile sur le papier. Les mains incultes mais volontaires sont vite infectées par un mélange d’huile teflonnée et d’argile pâteux.



Le dérailleur coince tandis que la version de Lucien avance maillon à maillon à travers la cassette aux dents acérées de langue grecque. Le câble se tend, la vitesse hésite et bafouille, commet un lapsus révélateur : louer la mouche devient « mouer », la voie lactée (to gala) devient « la galactée ». Pression sur les mordants freins hydrauliques, indépassables à l’image de nos limites biologiques et intellectuelles. La machine s’arrête net, sèchement. Stop. Vacances. Nouveau glissement dans les recoins de l’éreintoconscient : les fraises ne sont plus tagada mais flagada comme le khâgneux. « Dormez bien dans le lave-vaisselle » et surtout, bonnes vacances à tous !

09 février 2008

Enfer doré, Eternité ; mais les aiguilles tournent







Alors, on fait des projets, parce que l’horloge tourne et parce qu’il faut en faire. L’horloge ne s’arrêtera pas, on le sait maintenant, c’est certain. Le prof de philo’ citait un auteur l’autre jour : « l’homme sait qu’il va mourir mais ne le croit pas » ; de même, le khâgneux sait que sa khâgne va s’achever mais ne le croit pas (c’est tentant, mais ne pas lire « va l’achever »). Je n’arrive pas à y croire. Depuis toujours, nous y sommes, empêtrés tout entier, comme s’il n’y avait rien eu avant, comme s’il n’y aura jamais rien que cela après. Je suis né ici : c’est ici que toutes les portes se sont dessinées, c’est ici que je me suis découvert et inventé au fil des mois. Peut-être que je n’arrive pas à me dire que oui, il y aura une fin, même si je vois sa bouche béante qui s’approche, de plus en plus. Oui, il y aura une fin.

Eternelle question : « et après ? ». Oui, mais « et après ? » ; pour le moment, je vais à cette fin comme à l’abattoir, je ne parviens pas à m’imaginer autre chose, « après ». Un tourbillon de projets plaisants noie ce point d’interrogation, rien ne semble irréalisable. Mais c’est le flou au présent, toutes ces idées filent comme des comètes et ne subsiste alors que l’amertume de leur passage sur un fond de nuit noire. Surtout, rester concentré, ne pas trop rêver.

Peut-être faudra t-il bientôt choisir entre rempiler dans cet enfer doré ou définitivement franchir les portes décrépies de la fac de Nancy. L’alternative, toujours.




02 février 2008

Cette semaine, en Khâgne, j’ai appris…

que
Rursus en tête de phrase, doué d’une majuscule, n’est pas un adverbe latin signifiant à nouveau, comme je l’avais toujours pensé, mais bien, selon Baptiste, un prénom romain. Ainsi trouve t-on : Rursus Caesar jubet (Rursus César ordonna) et Rursus Cicero dicit (Rursus Cicéro a dit).

que
les khâgneux aux traits tirés, fatigués et l’air morose (des symptômes, nous l’avouerons, tout à fait rares et marginaux) sont considérés comme des junkies par le corps professoral. On va se faire une ligne de cicéroine sur not’ Gaffiot ?


que je ne parviendrai jamais à ordonner les remarques du professeur de français/latin ; entre « très honorable », « très satisfaisant », « réussi » et « très réussi » et « honorable », je m’y perds.

que le mot « taphos » en grec signifiait « la tombe » ; après cela, qui oserait prétendre que le Cosmos n’est pas parfaitement organisé ?!

que les scorpions pourraient avoir « les pattes de derrière tendues en avant » s’ils avaient « fait khâgne » ; car, « dans la nature khâgneuse, tout est possible » (dixit le prof’ d’anglais). Mais le « scorpion n’a pas fait khâgne », alors ses pattes de derrière restent là où elles sont.

que la traduction anglaise n’est definitely not une traduction latine. « La lune scintillait vers le bas » n’est definitely attesté que chez Tacite.

que Jean-Pierre Richard est capable de commenter et analyser psychanalytiquement n’importe quel texte (exemple, la nourriture chez Proust). Bientôt, la « notice d’un lecteur de DVD Akai commenté par JEAN-PIERRE RICHARD ». J’attends un « De utilitate Jean Pierre Richard » de mon ami et collègue Baptiste…


que Pompée, « c’était un bon gars, sympa, un peu orgueilleux et colérique, mais sympa » et le divin prof’ d’histoire d’ajouter : « attention au concours, à l’oral, faut faire des biographies ! ». Mesdames et Messieurs les examinateurs de la Rue d’ULM, j’ai décidé de traiter dans un premier temps « I. Pompée, un type vraiment sympa » pour voir ensuite « II. Sympa, mais bon, ça dépend » et terminer sur une ouverture du problème : « III. Pompée, l’œuvre d’un type franchement pas trop méchant ». Laissons au divin P. ce qui est au divin P., ses cours d’histoire antique sont divinement délicieux ! Dois-je le rappeler encore aux optionnaires d’histoire qui ont histoire médiévale à la place avec une autre prof’ et qui étudient l’organisation des cuisines du Vatican au XIIème siècle ? Non, inutile…

qu’on peut être l’objet de tacles violents, même en FCI (Football de Couloir d’Internat). Oui, j’ai pris part à ce divertissement impie : honte à moi…

que
« as quiet as a mouse » se traduit par « avec le calme des troupes d’Afrique au feu » qui, selon le prof’ d’anglais, est une expression toujours usitée, « dans un certain cercle ». Definitely suranné ?

que la Khâgne est le seul endroit au monde, avec peut-être la forêt tropicale de Guyane, où de robustes jeunes gens peuvent attraper des maladies habituellement réservées aux personnes âgées, à cause de la faiblesse de leurs défenses immunitaires. Prions pour Thibaud.

que Maurice Merleau-Ponty n’a pas parlé de l’impact d’une goutte de Paic Citron sur une photocopie de Phénoménologie de la Perception mais qu'il aurait très bien pu le faire. « Nous venons de le prouver clairement et manifestement, le texte, en tant qu’intention performative, est un enchevêtrement d’opérations syntaxiques investissant un sens à la fois immanent et à la fois cohérent à l’ensemble. Mais si une goutte de Paic Citron, objectivement neutre, heurtait la spatialité du tissu signifiant, en tant que phénomène dynamique et translatoire, la surface étendue ainsi modulée opaciserait nécessairement l’intelligence graphique. Ici se dégage un nouveau problème ontologiquement… »


que le khûbe, en tant qu’être khûbant jouissant de culot, peut répondre à la question « quelle expérience commune dépasse la dichotomie mécaniste – intellectualisme à propos du sens du mot ? » intégrée à une interrogation de lecture sur Phénémémologie de la etc. de Merleau-Ponty : « JOKER ! Le livre a été lu il y a 3 jours mais depuis, il y a eu la préparation du DS de Lettres Modernes. Mais il est entendu que je suis inexcusable. »

que la mort de Caton d’Utique, qui déchire ses tripes recousues après une première tentative de suicide, « ça a de la gueule ».

que feu notre professeur de philo d’HK mais sempiternel maître de la koppistique, le K., avait été banni d’une communauté de spinozistes sur internet. Soulignons la performance. Surtout que les joyeux lurons fanatiques de Spinoza ont dû rédiger une charte spéciale pour le mettre dehors. J’imagine : « Sera banni quiconque qui osera assimiler la propositio 4 de la partie de III avec la definitatio 6 de la partie I ». Quelle impiété…

et cetera.


Ônirisme


Enroulé dans les volutes de vapeur d’eau exhalée par une douche brûlante, un songe mielleux s’élève, « avec une sorte de richesse de réminiscence proustienne », et entraine mon camarade de grec Olivier au-delà de la Khâgne, dans un pays baigné par une lumière tiède et presque bucolique (où, parfois, les moutons et les bergers anarchistes paissent nonchalamment sur l’herbe vivace). Un pays où le sommeil est permis, les désirs de lecture assouvis, les heures consacrées aux langues anciennes sont pleines et entières, même plus estropiées par l’impératif d’une détestable révision d’allemand ou d’histoire. Et les braises de ce rêve délicieux rougeoient encore dans l’esprit du khâgneux le matin suivant, l’embrase de la conviction qu’il ne faut pas rempiler une année supplémentaire. La fac, doux horizon pour les vétérans du feu, balafrés mais aguerris. Carbonisés, en ce moment, nous le sommes. Le moindre souffle avive par conséquent ces braises teintées d’espérance. « Yannick, j’ai eu une vision : on était à la fac et… qu’est ce que c’était bien ! »


Lors d’une sieste, Baptiste aussi, a fait un rêve : sur la scène de son inconscient, il s’est vu en train de s’inscrire à la fac au début de l’année prochaine. Seulement, il se laissait envahir par le regret douloureux de la Khâgne, cette Khâgne qu’il est tant pressé de boucler. « On y était bien, tout de même » songeait-il… Mais brutalement, le conscient reprend son empire, brise la sieste et Baptiste ouvre les yeux sur son actuelle condition d’homo khâgnus ; et immédiatement il applique une psychanalyse radicale à ce songe troublant : « Put*** ! Quelle connerie ! ».

Et d’autres encore, rêvent à une troisième année et n’y pensent, « pas que le matin en se rasant ». Khûber ? Allons, vous n’êtes pas sérieux ? Méfiez-vous, les khûbes potentiels ont déjà tout infiltré…


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