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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





26 janvier 2008

Démenti (Par Baptiste)

Vous vous souvenez sûrement de ce dessin que Yannick avait fait paraître la semaine dernière sur le blog, tout en n’omettant pas de le commenter avec force détails militaristes. Jusques à quand, cher hélléniste, abuseras-tu de mon glandage ?
En trois points, je vais vous expliquer en quoi ce dessin N’EST PAS une planification de glandage mais la représentation concrète d’un espace de travail :


I . La position couchée ne prouve rien.

N’aurais-je donc pas le droit de travailler ainsi ? Curieuse inclination (sans jeu de mots) pour une section qui prône les valeurs de la latinité, nous sommes en Khâgne classique, supposée du moins. Si nos illustres aînés mangeaient dans cette position, je ne vois pas pourquoi je m’interdirais ce confort dans mes activités laborieuses.



II . Le mini frigo et le four sont indispensables à la survie.

Le travail intense fourni devra en effet être compensés par des jus de fruits à haut potentiel vitaminique et le four servira quant à lui à préparer de bons petits plats équilibrés qui sont évidemment nécessaires en vue d’un rendement optimal.



III . Justification de la présence du matériel technologique.

Enfin, et c’est très sûrement le point de mon exposé qui a pu le plus prêter à discussion, la présence d’un écran 22 pouces « Full HD » et d’un PC multifonctions, accompagnés (éventuellement) d’une PS3. Mais comment concevoir un travail efficace sans ce bien nommé repos du guerrier, divertissement qui dans le sens pascalien du terme détourne pour un temps, met littéralement entre parenthèses (que j’indique donc) le travail ou plus prosaïquement, le boulot.


Voilà, je m’en retourne maintenant à ma traduction latine.

Baptiste

12 janvier 2008

Et après quelques milliers de secondes ?


Le colonel du sixième régiment d’artillerie philosophique a ouvert le feu dès lundi matin après avoir donné l’illusion d’un possible armistice : « [vos copies de concours blancs], c’est mieux ! Ça commence à venir ! Mais… ». Première détonation d’une cascade de projectiles de gros calibres qui allaient s’abattre toute la semaine et si cette saignée était prévisible, ce « mais » jette un bon nombre de khâgneux à l’infirmerie. Comble de chance, le Colonel régente aussi l’hôpital de campagne et n’administre pas son traitement de choc avec le tact et la douceur d’une infirmière plantureuse. Endossant la 3ème personne du singulier, il proclame : « après la pommade, il sort la seringue » et d’ajouter : « oh le salaud ! ».

Le tir de barrage s’intensifie avec les sentences rendues par les autres officiers. Et il s’avère que des mines annoncées dangereuses ne sautent pas alors que d’autres qui semblaient désamorcées nous explosent au nez. La contre attaque qu’essaye de nous insuffler l’Etat-major sans scrupules s’annonce molle, moins dirigée vers les lignes de barbelés adverses que vers la sortie du champ de bataille. Quelque part au bout de la ligne droite sinueuse consternée par les impacts d’obus, l’année prochaine se dessine en pointillés de plus en plus nombreux. Y aurait-il une vie après deux ans d’intenses combats, deux ans d’(hypo)khâgne ? Moi qui comptais mourir glorieusement au champ d’honneur, je vais échouer dans la veule et morose maison de retraite fâkheuse, loin de la torpeur épique du front…

Etrange sentiment lors de ces journées de janvier. Je crois avoir pris véritablement conscience que je ne resterai pas toute ma vie en Khâgne. La noble et terrible classe de Khâgne. Les mois avaient défilé jusque là sans laisser entendre qu’il y aurait une fin à tout cela. Et cette fin, apparemment, tranchera le temps dans quelques centaines de milliers de secondes. Encore quelques centaines de milliers d’inspirations profondes pour gonfler ses poumons, son esprit, de l’air khâgneux vivace. « Et après ? ». Pour l’instant, j’imagine un précipice. Au mieux, un trou noir, qui masque le triste tableau de la filière Lettres Classiques à la faculté de Nancy : 5 faqueux perdus dans un immense massif montagneux scarifié par la bêtise et les graffitis pathétiques. La mort assurée de tout sentiment épique !

S’il en est un qui ne se pose pas trop de questions à propos de la prochaine année scolaire à venir, c’est bien mon cher Baptiste. Il est d’ores et déjà en train de tracer les plans de cette période future, plans qui ne différeront d’ailleurs pas radicalement de ce que furent, sont et seront les mois (hypo)khâgneux : voilà une belle preuve de constance, de conséquence et d’intégrité. Voilà un homme sincère avec lui-même : je ne vous tromperai pas, je ne vous mentirai pas. Ne rien faire, tout un programme. Un programme qui se prépare car « c’est dur de ne rien faire », comme il a coutume de dire. Il passe certainement plus de temps à prévoir comment ne rien faire qu’à ne rien faire effectivement. Par ailleurs, Baptiste essaye, en vain, de m’initier aux règles du poker, qu’il a introduit à l’internat en même temps que la TNT, le suprême instrument de corruption. Bien que je n’y comprenne absolument rien, je sais toutefois que les enchères et le bluff prendront très bientôt fin avec la séance du conseil de classe. Flop, Turn, Paire de pique, Dame de 3 : carte sur table. Faudra t-il se retrancher dans un bunker pour contenir cette prochaine offensive ?

En vous appuyant sur cette synthèse de l'année post-khâgne selon Baptiste, vous tenterez d'identifier les grandes lignes de cette future période. L'usage du Gaffiot est interdit.

06 janvier 2008

Digestion à retardement


On a coutume de dire que l’on jouira plus tard des bénéfices du travail abattu maintenant en Khâgne ; il s’agirait donc d’être patient, et encore patient. Un jour, c’est sûr, ces bénéfices éclateront au grand jour. Mais en attendant, et pour ne pas rester dans une éternelle expectative, les profs jugent utile de vider les silos à copie dès la rentrée et de nous faire profiter immédiatement et aussi vite que possible de la fructueuse moisson des concours blancs. Et les fermiers seront sans doute ravis de se débarrasser de cette médiocre récolte, déjà sérieusement altérée par la maladie de l’encre rouge. En train de digérer les derniers substrats des dindes, gâteaux et autres saumons de noël, il va falloir de surcroît broyer et passer sous acide le menu gourmet « concours blancs » que tout bon khâgneux se doit d’avaler pour sa première journée khâgneuse de 2008. La digestion s’annonce bruyante et douloureuse.

Mais comme toujours : pas de panique ! J’ai pris les auspices ce matin et apparemment, l’année 2008 sera une année prolifique. En effet, j’ai dessiné un templum dans le ciel et j’ai considéré le vol des oiseaux, qui n’étaient décidemment pas nombreux sous ces latitudes verglacées. Agacé par le manque d’entrain des volatiles, j’ai finalement tracé un templum sur le carrefour en face de chez moi et j’ai observé la circulation des voitures : les voitures venant de tous sens, des quatre coins du croisement, le présage est donc clair cette fois-ci et indique une année encerclée par le travail, qui arrive de partout à une vitesse soutenue malgré un alternance supposée. J’achèterai tout de même quelques poulets sacrés chez Monoprix à Nancy pour confirmer ou infirmer tout ceci (Baptiste rivalisera sans doute avec ses pizzas sacrées, qui ne présageront absolument aucun pic de travail ; étrange).

Et maintenant, il est l’heure de rejoindre Nancy et l’internat puis les salles de cours où il faudra sourire à la violence des boomerangs lancés avant « Noël », tournoyants dans les airs et loin de nous pendant « les vacances », qu’on aurait presque oubliés s’ils ne revenaient pas nous frapper bientôt. Se prendre des coups, oui, mais dans la bonne humeur ! Bientôt également, des nouvelles du premier groupe de rap érudit, Platonique Ta Mère, avec leur single éponyme « P T M »…


Bonne rentrée à tous les (hypo)Khâgneux !


02 janvier 2008

Mais où est Baptiste ?



Tel notre explosif professeur de philosophie qui articule son cours sur un jeu d’autoquestions et d’autoréponses (« alors là, vous allez me dire, dans le dialogue pouet patapouf de Platon, il y a un problème… Mais non, vous vous trompez ! », alors là chers lecteurs, vous allez me dire, « mais où est Baptiste ? ». Et moi de vous répondre : « vous le savez très bien ». Ici s’arrête donc la comparaison avec le professeur de philosophie de khâgne puisqu’il nous prête toujours des connaissances que nous ne possédons pas/serions sensés selon lui posséder (« Comme vous savez, à la bataille de tulutut tralala en -462, nous avons un exemple tautologique d’iségorisme… mais si vous le savez ! »). Ainsi, souvent, ne sait-on pas que l’on sait mais sachons bien que nous le savons ! Ainsi, vous-même ne savez pas où est mon cher Baptiste, qui ne m’envoie plus ses billets d’humeur qu’avec une extrême parcimonie… Se serait-il à ce point enseveli sous des couches et des couches d’Otium passif qu’il rechignerait même à nouer les trois parties savoureuses de ses billets ? Perfectionne t-il son entreprise de ne rien faire dans le désert de Gobi, pour apprendre à pleinement glander même perdu dans un océan de dunes ? En réalité, Baptiste est moins menacé par les aiguilles des scorpions des sables que par les chardons de la Khâgne, hérissés de travail et d’impératifs tranchants, parfois inviolables/intruandables. Des fables racontent qu’il serait même allé travailler en salle plusieurs soirs de suite. Calomnie !?

C’est juste que la matière manque et qu’il est bien plus facile d’écrire la troisième partie tirée par les cheveux d’une dissertation, après 5 heures empâté dans la glaise philosophique, (le despotisme ? III : c’est le meilleur régime possible et un despote sanguinaire dans le fond, il est pas si méchant que ça), qu’un billet qui manquerait de souffle après la seconde moralité. Il nous manque le K., maître de la koppistique, qui pimentait toujours la semaine hypokhâgneuse en débouchant une formule ou une interrogation de grand cru. Rappelons notre préférée, que le K. a sabrée il y a plusieurs mois déjà : « pourquoi portons nous des chaussures ? Parce que nous croyons à l’immortalité de l’âme ! ». Alors là, vous allez me dire, « Baptiste va-t-il bientôt revenir ? ». Oui, il va revenir, mais après avoir récolté quelques piments corrosifs ; une question de temps…





01 janvier 2008

Khâgne 2199

Extrait d’un article du magazine Virtus et Logos paru le 2 janvier 2199



« En 2008, les experts s’accordaient à dire que les classes préparatoires et plus encore les classes de khâgne/hypokhâgne étaient des cursus moribonds, proprement inutiles et inadaptés à la vie sociale et économique des sociétés numériques tertiarisées ; seule la sclérose du système incapable de réforme leur laissait un sursis. Mais avec l’avènement de l’Europe Fédérale et l’adoption du latin comme langue de consensus au Parlement et dans l’administration, la Khâgne devenait la voie royale pour entamer une carrière dynamique dans les structures européennes ; la province de France s’assura d’ailleurs une hégémonie à tous les échelons de l’Administration Fédérale grâce au nombre et à la qualité supérieure de ses latinistes.

Les crédits attribués aux universités furent réorientés vers la Khâgne ; de nombreuses réformes progressistes furent menées, réformes qui manquaient parfois de raison mais l’euphorie était trop grande chez les partisans historiques du latin et du grec, désormais dans les fauteuils de puissants fonctionnaires, pour juger avec modération des moyens déployés et des conséquences. Une atmosphère de grand soir portait les langues anciennes. A titre d’exemple, on peut citer cette loi adoptée par les eurodéputés en plein mois d’août, qui élargissait le rayon stylistique du thème latin à Tacite alors qu’il avait été traditionnellement centré sur la prose cicéronienne, seule admise ; une mesure qui permettait d’omettre un mot sur deux et qui autorisa par conséquent les ellipses en tout genre : un évident problème lors de la rédaction de textes de loi, où certains alinéas voire même paragraphes étaient sous-entendus et devaient se déduire du corpus. Une vraie révolution pour le droit Fédéral.

L’association des amis de Guillaume Budé, qui avait en charge la publication et l’établissement des textes latins et grecs s’opposa farouchement à cette loi et manifesta dans les rues de Bruxelles un jour de novembre, qui sera plus tard connu comme le « mardi noir pas cool du tout ». Les rebelles partisans de Budé étaient d’autant plus excités qu’ils contestaient le projet de création d’un Institut Fédéral des Sciences et des Textes gréco-latin et du Contre-espionnage, avec des prérogatives plus amples encore que la CIA aux Etats-Unis. Les manifestants furent molestés par les forces de l’ordre puis se retranchèrent dans la Bibliothèque Fédérale avant d’être massacrés par des troupes d’élites qui avaient donné l’assaut. Les terroristes survivants furent jugés selon le Droit Fédéral Tacitéen et par conséquent condamnés pour « Archaïsme, détournement de, être, public » (Droit Tacitéen, VI, 234, §12) à 30 ans de version forcée.


Dans le même temps, de grandes mesures révolutionnaient l’hypokhâgne. Après 8 semaines de grève générale des (hypo)khâgneux, un mouvement historique qui menaçait gravement l’équilibre économique de l’Europe Fédérale, amplifié par des grèves de solidarité des cheminots, des producteurs d’agrumes et du syndicat des chauffagistes nucléaires en colère (SCNC), le gouverneur de la province française céda et accorda le droit de faire jusqu’à 5 années d’hypokhâgne avant d’entrer en khâgne. On instaura également de nouvelles matières et de nouvelles options, à l’image des 9 heures hebdomadaires de thème araméen ou encore des 7 heures de Sémiotique et Poésie du dialecte hittite archaïque. On peut toutefois remarquer que l’option érudition, plébiscitée depuis le XXIème siècle par des précurseurs comme le célèbre professeur de Nancy dit « Papi », docteur en littérature médiévale et scatologie et dont la thèse sur le beau frère de pascal est devenue un best seller au tout début du XXIIème siècle, cette option, était de loin la plus populaire et la plus efficace.


L’invasion des martiens en 2126 ne perturba pas outre mesure l’application de la loi d’abolition du sommeil en (hypo)khâgne votée quelques mois plus tôt. Les martiens, de surcroît, qui s’avérèrent finalement pacifiques après de durs combats, s’attaquèrent à la numérisation des deux derniers ouvrages de la race des livres papier qui avaient été presque intégralement balayés par la vague néo-numérique des années 2100 : le grand Bailly et le grand Gaffiot. La numérisation de ces deux monuments avait été jusqu’à lors technologiquement inaccessible au genre humain. Au prix d’efforts de recherche incalculables, les hommes avaient seulement pu intégrer un module de lévitation dans ces deux dictionnaires, dictionnaires qui pouvaient donc voler aux côtés de leur propriétaire (un programme de recherche financé à 90% par l’assurance maladie fédérale, dans le cadre d’une campagne de prévention des déchirures musculaires).

Les martiens réussirent techniquement cette numérisation et avaient même pu intégrer une commande vocale dans le Gaffiot ; de leur propre aveu cependant, ils s’estimaient absolument incapables de développer un tel moteur de recherche dans le Bailly et même dans la syntaxe grecque, bien trop opaque et complexe. Ils préférèrent se pencher sur le perfectionnement de propulseurs hyper-espace au colza, nécessaires au développement durable de l’Univers ou bien du Cosmos ou bien de Ce Que Vous Voulez. Les khâgneux demeuraient donc seuls maîtres de la technologie grecque antique. […] »


Virtus et Logos, A.d. IV Non. Jan. MMCMLII a.U.c




Mais d’ici là… excellente année 2008 à tous !





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