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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





24 février 2007

Orages d'acier

Dernières heures de révisions épicées avant de revenir au front, j’entendrais presque déjà l’artillerie qui tonne et le cri engagé des camarades. Un obus esseulé claque tout près, une gerbe de feuilles et de stylos s’élève alors, vomissant ses débris alentours ; distrait et encore tout épris des congés, j’avais omis mon casque, je manque d’être assommé par un Gaffiot puis par un Bailly, qui s’écrasent impitoyablement au sol, à deux pas. Me voilà averti par le sort, il me reste des versions à boucler pour la rentrée.


Je me rends compte que je n’aurais peut-être pas dû lire Orages d’acier d’une seule traite, je suis encore totalement immergé dans les tranchées. Voilà un roman qui vous prend aux tripes et vous retourne non seulement l’estomac, mais aussi votre esprit profondément humain : Ernst Jünger nous invite à nous mettre dans la peau d’un de ces soldats de la Grande Guerre, totalement impuissant et résigné face à l’arbitraire des bombardements, hargneux et transcendé face à l’ennemi, indifférent mais néanmoins stigmatisé par la mort et la douleur. Cet allemand est pourtant rentré chez lui, miraculeusement, après avoir souffert ces quatre années de guerre. Quel déchaînement de fer et de haine il nous dépeint ! Et quelle absurdité ! Jünger dédie son œuvre aux soldats français, preuve que les combattants demeurent avant tout des hommes, confrontés à la violence déraisonnée de la guerre, par delà le clivage des peuples et des nations. C’était LE livre de ces vacances.


Retour à l’ordre hypokhâgneux et à l’internat du désordre.


Bonne rentrée à tous !

22 février 2007

Interlude #4 (en attendant le dessert...)


Réalisé sans trucage

Menu du jour :

Salade proustienne (mélange complexe de légumes complexes dans une assiette elle-même complexe : mais enfin, c’est noble, grand, beau.)

* * * *

Canard latin confit aux accents virgiliens ou Xénophon fumé accompagné de son Bailly rissolé

* * * *

Café obscur avec sa tarte spinoziste ou profiteroles au Spinoza

Suggestion du chêf :

Menu "lustre illustre" inspiré du XVIIème siècle, avec son entrée racinienne, son plat cornélien et son dessert au choix, le Corneille nappé de Racine ou le Racine en fonction de Corneille

20 février 2007

Bestioles à exterminer

Sentiment d’être en congé depuis une décennie. Sentiment que cette deuxième semaine de vacances n’aura de fin. Sentiment qu’il me reste toutefois un nombre incalculable « d’impératifs hypokhâgneux » à éliminer, vite… sentiment que cette semaine ne va pas être de tout repos à la vue de ces impératifs !

On s’acharne à rapporter dans ses contrées tout un fatras de bouquins et de classeurs et de cours, avec la ferme et avouée intention de tout passer en revue, de réviser, de bosser, de travailler pendant les congés. Et partout dans « notre chambre du week-end », dans notre chez-nous, s’amoncellent bouquins, classeurs et cours, qui s’érigent en colonnes si sacrées qu’il semble tout à fait impie d’y toucher.
On tente bien parfois une approche, la prudence portée à son paroxysme pour se prémunir contre toute attaque insidieuse, on tâte l’édifice du bout du doigt puis on se décide à soulever une feuille où deux… Horreur ! La nouvelle d’anglais à travailler pour la rentrée ! Vite, il faut s’extirper de cette embuscade, on le savait pourtant, que ça sentait le roussi !

Vol plané doublé d’une pirouette arrière, atterrissage assuré et hollywoodien hors de la zone de danger : le paquet de feuille vacille, gémit, comme si une infâme bestiole était terrée en son sein. Va-t-il bondir, me rattraper et m’enchaîner à ma table de travail ? Heureusement non, il chancelle encore un peu et se fige, comme du marbre : victoire !

Mais demain, oui demain, pas plus tard et pas plus tôt que demain, je me jure solennellement que je domestiquerai la vilaine bestiole. Et ce sera sensiblement la même histoire. Et en vérité, il reste encore cette bébête de texte de Tacite, vierge de toute tentative d’approche ; et celle-ci, croyez-moi, est féroce…


Bestiola celeritate exterminanda sunt
(Les bestioles sont [devant être] exterminées, vite)
(PS : bestiolum, i,N)

19 février 2007

Interlude #3 (en attendant la suite...)


Le Roy...

Edit : Voilà une réplique qui me revient, entendue dans le couloir de l'internat peu avant le congés ; bien sûr, elle émane de mon cher B. :
-"G., tu es le chantre de la procrastination !"
(comprenne qui comprendra)
=)

17 février 2007

Libérer le corps, libérer l’esprit

Libre comme l’air, hors d’haleine, je vole à travers champs et forêts, je plonge dans la boue, je me faufile entre les arbres des sentiers tapissés par l’automne. Besoin vital que de partir donner quelques coups de pédales, n’importe où, par n’importe quel temps, en forme ou non, après avoir englouti une banane, carburant nécessaire à toute sortie. Ma plus grande angoisse avant de me jeter en hypokhâgne : ne plus pouvoir m’adonner au VTT comme je le faisais auparavant, ne plus pouvoir entamer de grandes virées solitaires je ne sais trop où, bref, ne plus pouvoir me délester l’esprit sur « mon destrier d’acier », selon l’expression de quelqu’un que j’affectionne énormément. (Je précise au passage que c’est plutôt un « destrier d’alu’ » m’enfin, ne nous terrons pas dans le débat d’initiés : c’est un destrier, point !)



Il n’en fut rien, heureusement. J’ai toujours pris le temps d’enfourcher mon vélo, que ce soit par un samedi terne et pluvieux ou par un dimanche ensoleillé, je crois que c’est là que je recharge mes batteries. Rythme hypokhâgneux oblige, le physique n’adhère pas toujours à l’effort mais peu importe, « avec des jambes » ou sans, je me lance sur ces chemins que je connais presque par cœur, je me laisse emporter par des itinéraires inconnus, toujours dans ces paysages chéris bien de chez moi. Voilà pourquoi je pratique le VTT, pour ces impressions de brume légère et ce soleil qui caresse les champs déserts que je traverse, comme seul au monde. Oui, c’est vraiment là que je répare mes forces. On ne dit d’ailleurs pas assez souvent combien le sport importe pour la santé d’un préparationnaire : à mon sens, c’est le petit coup de fouet, non seulement au moral, mais aussi au corps, qui a parfois grand besoin de se libérer dans l’effort. Quel bonheur après une dure semaine d’être éprouvé par une rude montée, les muscles sollicités par la hargne de vaincre la pente !

Je ne sais d’ailleurs pas à quoi je pense lorsque je roule, sans doute à rien de précis, rien de très important ; peut-être au prochain virage à négocier entre les souches ou à ce crétin d’automobiliste qui va me frôler en me dépassant. Je ne sais pas. C’est sans doute cela qu’on appelle « se vider la tête. »

Libérer le corps, libérer l’esprit, tout aussi indispensable que le petit latin, tard le soir. Alors à chacun sa manière de procéder, pour le latin, comme pour l’esprit…

13 février 2007

Interlude #2 (en attendant la suite...)



Genèse de LA photo à faire

D'aucuns me font remarquer d'un air moqueur et abusé que j'ai toujours mon fidèle appareil photo à porté de main et que peut-être, il serait bon pour ma santé mentale d'arrêter de saisir intempestivement ces quelques instants hypokhâgneux. Beaucoup d'autres au contraire sont bien contents de goûter à ces quelques clichés, pris sur le vif ou plus recherchés, qui rappellent un moment, une émotion, une image... Voilà donc mon but : être paré pour capter LE moment ou bien L'émotion ou bien L'image à figer éternellement dans le numérique.

Parmi les photos immanquables, celle-ci. L'affaire est bien bête pourtant : au sortir d'un DS de philo (qui sera d'ailleurs lui aussi figé éternellement dans les esprits... mais "c'est une autre histoire") après donc un DS spinoziste anthologiquement mémorable (achtung, que je n'en attrape pas un à prononcer cela "ontologiquement" pour la "déconne"), bref, vous l'aurez compris, après une acharnée "production de texte en tant qu'être qui se saisit comme substance créatrice", je sors devant le lycée avec mon valeureux Thibaud, qui brave vent et pollution pour se griller une savoureuse cigarette, où nous rencontrons le K., enserrant un gros paquet de copies, les nôtres, encore fumantes. Avec d'autres HK1 présents, le dialogue s'entame, le dialogue se poursuit et quelques accents spinozistes plus tard je lui demande : "Dites Monsieur, je peux prendre le paquet de copies en photo ?". En fier garant du concept d'Esprit hypokhâgneux, il accepte, je n'en doutais pas. Après un cliché assez fade, la portière d'une voiture comme toile de fond, dans un grand mouvement solennel, le K. décide de lever les copies au ciel. Le résultat est saisissant, en route vers l'interprétation des symboles qui se détachent : la grille, le paquet de feuilles... le lampadaire ?!

Billet d'humeur #8 (Par Baptiste)


Aujourd’hui, j’ai mangé une pizza. Et peut-être demain aussi, je ne sais pas. Pourtant, nous ne sommes pas vendredi. Oui, mais je suis en vacances, me rétorque-je à moi-même. Je peux donc m’autoriser cet écart de conduite. CQFD. Vacances, mot enchanteur s’il en est, permettant d’exploser des records de sommeil, de détente, de repos, de sousménage (l’opposé de « surmenage », pas difficile à deviner non ?)… (Le premier Yannick qui vient ici me dire que je suis en vacances perpétuelles, je l’étripe tellement cette réaction est petite et prévisible.) Retour donc du billet d’humeur. Comme d’habitude, trois sujets, des titres en latin pour ton plus grand plaisir, cher lecteur.


De l’utilité du plan de mon exposé.
(De utilitate demonstrationis mihi)

Trois parties. En effet, quoi de plus anodin, de plus badin, de moins libertin (hop, lecteur, tu es mystifié par cette structure ternaire associée à l’assonance en ‘in’). Mais si je le voulais, rien ne m’interdit de le briser ce plan en trois parties ; j’y songe d’ailleurs de plus en plus fortement, ne tenant pas à être le fondateur d’un courant littéraire destiné à l’échec qui s’appellerait le « tripartisme », mais ceci est une autre histoire. D’ailleurs, rien ne m’interdit de parler dans ce premier point de ce dont j’ai envie, de tout, de rien, du rien dans le Tout (mais nous reviendrons sur le Tout dans un deuxième paragraphe de rien du tout). Tout cela pour ne rien vous dire, sinon que j’ai passé la semaine à me promener d’un château l’autre, après avoir participé à une loterie à Babylone, non sans m’en repentir dans l’Enfer d’une divine comédie avant de passer quelques années de solitude (une petite centaine je crois)… Les hypokhâgneux comme les autres constateront qu’une semaine de pré-vacances, c’est bon pour la lecture mais pas pour l’Equipe de France, à laquelle mon brillant camarade petit-latiniste a sacrifié une heure de son sport préféré pour voir notre équipe passer sous les fourches caudines d’Argentins décidés… Je l’en remercie, mais cette semaine, la lecture l’emporte nettement sur le football…

Moralité : Avant (pendant, après) les vacances, tu liras.



De l’inutilité des questions
(De inutilitate rogationum)

« Il ne fallait pas répondre aux questions. Il fallait écrire un texte. » Bon sang mais c’est bien sûr ! Pourquoi n’y avons-nous pas pensé ! Les questions, dans ce DS sur Spinoza, notre bien-aimé philosophe, n’étaient pas des vraies questions ! L’éthique dans l’Ethique ? Une question ça, meuh évidemment que non ! Un simple prétexte à écrire un texte. Mais imaginons simplement l’existence d’un philosophe imaginaire : Spizza. Pour obtenir le Tout parfait et homogène, il doit composer avec divers ingrédients afin de devenir partie éternelle de la Substance, de la Nature, de Dieu, aut (ou bien) de la Pizza, aut (ou bien) de ce que vous voulez. D’où une conclusion effarante : Spizza est celui qui a mis sur papier la recette d’une pizza métaphysique, orchestrée par le grand pizzaiolo, chef du grand Tout !
Comme quoi, j’aurais pu mettre en parallèle les ressemblances frappantes entre l’œuvre Spinoziste et Spizziste afin, non pas de comprendre ou d’expliquer mais pour tenter de saisir ce que je pouvais dans la substance de Spinoza afin de le resubstancialiser sur la feuille. C’est plutôt clair non ?

Moralité : Aux questions, tu ne répondras pas.


De l’utilité des vacances
(De utilitate quietis)

Il était une fois une bande d’hypokhâgneux qui avaient décidé d’aller fêter dignement la venue des vacances. Soutenus par un brave mécène qui leur fournissait un logement pour la nuit, ils eurent l’idée de se rendre dans un endroit où l’on ne peut rester la tête à l’endroit, celui-ci se nommant l’Envers. Si mon cher Yannick ne supporte plus les jeux de mots débiles, qu’il me censure, mais bon, j’ai envie, alors, bon, hein, quoi, j’ai le droit. Ce fut là l’exutoire de cette jolie compagnie, aidée parfois par quelque substance liquide ou par une musique endiablée… Sur la piste de danse, où pour ne rien vous cacher je fais forte impression (je précise quand même qu’il s’agit de second degré au cas où, les personnes présentes ce soir là pourront témoigner), plus de philo, d’espagnol (quoique…), plus de Latin… Juste l’HK, réduite à une dizaine de personnes, mais l’HK quand même. C’est là qu’on voit qu’il existe un « esprit » et l’on se dit que ce « Voyage au bout de la night » n’aurait pas dû avoir de fin… 5 heures et demie de danse, l’esprit et moi, et moi… !

Merci aux détracteurs de l’esprit de mettre en cause son existence, s’ils en parlent c’est bien que, dans la substance, il y a une petite part hypokhâgneuse... Merci à ceux qui ont participé à cette soirée, merci à notre aubergiste, merci à l’internat de Poincaré d’être encore ouvert le samedi, même pour ceux qui ne travaillent pas… et à ses douches d’être encore chaudes ! Je pense que l’on se souviendra encore un moment de cette récréation.


Moralité : En HK, tu t’amuseras.


Et pendant ce temps à Vera Cruz : Ca : http://parolesdesjours.free.fr/celine.htm, ça http://www.ubu.com/film/celine.html, et puis zou au lit, il est déjà 2h20 !

11 février 2007

Boucherie



Vendredi soir, début des « vacances ». Interruption des hostilités après 5 semaines de combat et de bombardements acharnés, les troupes sont toujours vigoureuses et déterminées, voilà l’essentiel. Quoi de mieux alors pour fêter dignement l’issue heureuse de cinq semaines de survie qu’une sympathique soirée entre hypokhâgneux ? Non, vraiment, rien de mieux… Vous aurez remarqué que j’ai pris soin d’inclure le terme de «vacances» entre d’ostentatoires guillemets pour indiquer (avec ostentation toujours) que ces «vacances» se caractérisent par beaucoup de labeurs encadrés par d’incalculables heures de sommeil à rattraper. C’est juste qu’il est agréable de se savoir en «vacances» ou du moins, d’en avoir l’illusion l’espace d’une soirée. Ah ! Que sont réjouissants les congés hypokhâgneux !

« Boucherie » est un terme emprunté au vocabulaire foisonnant d’ingéniosité de mon cher voisin d’internat, que les fidèles parmi les fidèles de ce blog auront déjà reconnu, mon cher Baptiste, le seul, l’unique (rien que pour sa résistance au pire régime alimentaire jamais mené en hypokhâgne). Disons simplement et schématiquement que « BOUCHERIEEEEEE » exprimé véhémentement et sans aucune retenue traduit un intense besoin de s’abandonner à une plénitude faite de débauche intellectuelle, d’aspiration festive et d’absorption de liquides qui désaltèrent moins que l’eau.

Mieux vaut ne pas avoir un grand et confortable appartement si l’on ne veut pas être désigné pour accueillir une douzaine d’hypokhâgneux, excités par la seule idée d’être en congé. Croisons d’ores et déjà les doigts pour que notre Florian, inconditionnel de M. Chirac (au point d’aller commander un sandwich en prenant les accents de notre bien aimé président) ne soit pas expulsé sans délais. Heureusement pour sa caution, nous nous mettons en route aux alentours de 23h pour une boîte, l’Envers (par pitié, plus de blague contenant le terme «endroit» !)

Du pur délire, Baptiste arrive sur la piste entourée de six charmantes demoiselles, c’est un des avantages d’être en hypokhâgne ; ) La population mâle environnante contemple ce spectacle d’un air perplexe et dépité : ce soir, Baptiste est un roi. Justement, pensée pour le Roy, féru de classique et absent lors de cette soirée : combien auraient voulu lui dire, « non, y a pas de remix de Mozart en boîte ! ». Le stroboscope crépite, l’atmosphère se teinte d’irréel, j’aperçois un autre hypokhâgneux, un ami, à chaque éclair, tandis que le DJ lance je ne sais quoi d’imbécile pour stimuler la foule, peu importe, nous hurlons, transportés et libérés. La pression, le stress, tout cela n’a jamais existé. Injonction du DJ : je réponds de toutes mes forces et en chœur avec Baptiste : « BOUCHERIIIIEEE ». Cette année est folle, je suis au paradis…

Ironie hypokhâgneuse pour vérifier l’effective sobriété d’un hypokhâgneux : la 4ème déclinaison latine : « - Manus Manus Manus Manus Manus Manus… - Non, tu es cuit, tu ne commandes plus rien ! C’est Manus Manus Manum ! – Tais-toi, je sais ce que je dis ! ». Nous rentrons sous une pluie battante chez Florian à près de 5 heures, « l’hypokhâgneux qui a de la moquette ». A travers les rues endormies de Nancy, nous prenons garde aux jésuites qui pourraient errer (j’ai appris lors de cette soirée que vraiment, les jésuites étaient pas gentils) ; heureusement, nous ne croisons que quelques groupes éméchés aux intentions les plus innocentes.

Alors nous traînons, nous discutons encore, jusqu’à ce que Baptiste et Florian aient la judicieuse idée d’allumer la xBox afin de jouer un Suisse – Mexique d’anthologie. S’ensuit un Corée – Iran tout aussi marquant, soldé par une victoire nucléaire de la Corée. Il est 6h. A 7h30, nous laissons Florian se morfondre dans sa propre fatigue pour regagner nos lits respectifs. Il fait jour, l’air est perçant, nous avançons péniblement dans des rues qui s’éveillent doucement. Etrange impression de me dire que je sors d’une nuit blanche alors que j’étais éreinté par le travail deux jours plus tôt. Le temps de s’arrêter à l’une des meilleures boulangeries du centre pour se caler l’estomac (Baptiste, soucieux de sa réputation, engloutit 3 pains au chocolat) et de rejoindre le lycée. Les autres nous quittent sur le chemin, j’en ai presque mal au cœur : il y a de ces soirées qui ne devraient pas s’achever.

Hurlement de joie sous la douche, Baptiste dans la cabine adjacente fait de même. Bercés par l’eau brûlante, nous discutons encore longuement. « C’était une sacrée boucherie » Comment mieux résumer notre première véritable soirée entre hypokhâgneux ?

Je relis cet article, le sourire aux lèvres mais avec la furieuse envie de ne pas le publier. On en revient toujours au même problème : comment transcrire pareilles minutes, pareilles heures ? Je n’aurais pas la prétention de le faire, on peut à peine en donner une légère impression. Mais tout ceci est gravé solidement dans les esprits, le dit comme le non-dit, nul besoin d’article. Il fallait pourtant que je l’écrive, irrémédiablement, voilà l’hypokhâgne, voilà mon hypokhâgne

Bonnes vacances à tous =)

10 février 2007


En attendant de nouveaux articles, de nouveaux billets d'humeur et même de nouveaux articles inédits en latin (euh...) et le temps de récupérer de notre soirée "d'avant vacances", laissez moi vous remercier, vous fidèles lecteurs de ce blog, pour vos visites et vos nombreux commentaires =)

Une pensée tout particulière pour tous mes collègues hypokhâgneux, où qu'ils soient en France, qui contribuent à la blogosphère hypokhâgneuse :) (sans aucun doute, ils se reconnaîtront ) N'hésitez pas à laisser ici l'adresse de votre "blogue" hK ;)

04 février 2007

Réponse aux détracteurs de l’esprit hypokhâgneux

Je suis un modèle de prétention, à peine oserai-je parler à quelqu’un qui ne jouit pas de ce statut révéré d’hypokhâgneux.

Je suis le type même de l’obséquieux, qui essence immodérément son prof de philo’ lecteur de ce blog, en clamant haut et fort : « Oui, j’aime souffrir, je ne suis plus fait que de chair, d’encre et de livres »

Et surtout, mon érudition est grasse et pompeuse, je m’en vante et je l’étale ; « Oui MOI je traduis Tite Live, MOI je règne sur la connaissance, MOI je deviens un vainqueur enragé et indestructible ».

Je ne me réjouirais jamais d’essuyer une telle conception de l’esprit hypokhâgneux, conception fausse et usurpée mais séduisante malgré tout pour certains : voilà enfin le mythe du détestable hypokhâgneux pédant ! Mais il ne s’agit en rien de cela : avoir l’esprit, ce n’est ni masturber son orgueil, ni cultiver sa présomption. Je ne tiens plus, il faut que je m’explique noir sur blog.

Je suis en hK, oui, et je suis fier d’y être, où serais-je mieux qu’ici ? Je suis en hK et je me sens hypokhâgneux, on y voit, on y entend des choses renversantes et fantastiques, laissez moi douter qu’on puisse en voir de pareilles ailleurs. Je suis en hK et je persévère enfin dans ce que j’aime. Je ne dis pas que c’est mieux qu’ailleurs, je dis simplement que c’est différent ici.

L’esprit hypokhâgneux, ce n’est rien d’autre, strictement rien d’autre que cela.

Je joue de cet esprit, je l’accorde volontiers. Mais alors, à savoir qui sont ceux qui ont l’esprit, qui sont ceux qui ne l’ont pas, j’ai compris qu’il n’était pas question de tergiverser en ce point.

Car l’hypokhâgne est une expérience subjective : chacun investit intimement cette année et la ressent de façon singulière. L’hK me tient-elle à cœur ? Assurément. Mais comme dirait pour le coup fort justement mon cher Baptiste, qui exerce l’esprit de sa manière la plus unique : « ON S’EN FOUT ! ».


L’hK, mon péché mignon…

03 février 2007

Theatrum Mundi (#1)

Un vendredi soir après les cours. Une chambre d'internat. Trois hellénistes. O. et Y. regardent Le Roy préparer son sac.


Y (inspiré) : qu'est ce que vous pensez de la devise "Nous souffrons ensemble, nous mourons ensemble" ? C'est bien ça, pour désigner des hellènistes, non ? Il faudrait la traduire en grec... (perplexe) Non ! En latin plutôt, prudence !
O : Bah ! "Mourir" c'est "necare" donc necamus !
Le Roy (décidé): Non, faut prendre "moritari" ! C'est César qui l'utilise ce verbe, attendez, c'est César tout de même !
O : Pffff, César !
Le Roy (réfléchi) : Et puis on prend euh... patior pour "souffrir" donc "patimus" !
O (moqueur) : PATIMUR ! C'est déponent !
Le Roy (résigné) : Ahh oui... c'est déponent patior...
O : Et comment on dit "ensemble" ?
Y (dubitatif) : Attends, je cherche dans l'Edon...
O : Prends le Gaffiot non ?
Y(sarcastique) : Ah oui gros malin, et je regarde sous quel nom dans le Gaffiot ! "Ensemblum, a, um" ?!
[...]
Physique pneumatique, éthique abyssale...
(ou "éthique pneumatique pour physique abyssale")

/!\ article qui n'a pas été publié la semaine précédente, pour les raisons que vous savez /!\

Férocement cramponnés à un minuscule canot pneumatique en forme d'Ethique de Spinoza, perdus au beau milieu de flots philosophiques tumultueux, nous survivions, ou du moins, lorsqu'une vague plus violente qu'une autre nous entraînait un temps sous l'eau, nous faisions mine de survivre. Mardi, ce fut le "drame" : plus qu'une vague, plus qu'un mur d'eau, une véritable déferlante s'est écrasée sur nous, engloutissant notre canot dans des abysses vierges de toute compréhension. (C'est peut-être "beau de pas comprendre", selon le mot désormais célèbre du K. mais enfin, on peut se demander, malgré tout, quel intérêt il y a à visiter des abysses sans distinguer la couleur de la faune et la flore...)

Nous avions donc encore moins "pas compris" que d'habitude, d'habitude où nous ne comprenions déjà pas grand chose.


Et là, votre esprit averti de lecteur vous pousserait à me dire : "en toute logique, un canot pneumatique en forme d'Ethique est inconcevable, ce serait couler immédiatement" L'Ethique n'est pas une physique pneumatique mais pondérale ! (l'Ethique est une physique, je vous assure). Alors je pourrais rétorquer quelque pensée hellènistiquement hypokhâgneuse, avec l'image du "pneuma" en tant que souffle, esprit... (mais on me reprocherait encore de tomber dans l'essence du pédantisme). Bref, une grande question se pose alors : comment pénétrer le système spinoziste sans visiter nos fameux abysses ? Grande question en effet.
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