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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





26 novembre 2006

Billet d'humeur #3 (par Baptiste)

2h18 du matin, 3ème chronique hypokhâgneuse, qui sera plus courte que les précédentes. Ne me demandez pas pourquoi, comment, quand, je fais ce que je veux. Et puis après tout, puisque je n’aime pas les tartines proustiennes, ni les divagations flaubertiennes, ni la prose stendhalienne (oui je sais, je n’aime rien, sauf toi cher lecteur), je ne suis pas obligé de faire quelque chose de long. Et puis je m’aperçois que ma phrase anti-longueur est la plus longue de toutes. Tant mieux, j’aime bien les contradictions…


De l’utilité du temps

A une illustre hypokhâgneuse, que nous appellerons M. pour ne pas la froisser mais aussi parce que c’est l’initiale de son prénom véritable, et qui se désolait d’une note obtenue en latin ; et qui me demandait si un progrès était possible (vous voyez avec ma propagande anti-longueur du début de chronique, je m’amuse avec les « et qui », la phrase proustienne, la fulgurance de la pensée, l’heure tardive, cela présente un certain charme malgré tout…). Donc reprenons : à cette hypokhâgneuse qui me demandait si un progrès était possible, je répondis : « Il faut laisser faire le temps, je me dis toujours ça quand je n’ai pas envie de bosser. »

Moralité : En hypokhâgne, au temps tu te fieras (enfin pas trop souvent quand même, quoique…)


De l’utilité du MMB

Ou comment faire en plan en hypokhâgne. Futur hypokhâgneux, camarades, ne perdez plus votre temps (qui est si précieux je viens de vous le dire) à chercher comment faire un plan. Faites comme nous : utilisez le MMB. Mais qu’est ce donc que ce sigle barbare ?
Eh bien cela veut tout simplement dire :
- Mouais : la thèse de l’auteur c’est pas mal
- Mouarf : oui c’est bien mais pas top
- Boarf : non en fait c’est pas trop ça mais un peu si quand même.

Moralité : En hypokhâgne, le MMB tu utiliseras.


De l’utilité d’un appareil photo

Ou comment conclure cette chronique en tirant un petit coup de chapeau au photographe qui sait si bien capter les situations les plus drôles, les plus bizarres, les plus esthétiques, à l’internat ou ailleurs (qui a dit dans les salles de cours… ?).

Moralité : En hypokhâgne un appareil photo, tu auras.


Et pendant ce temps à Vera Cruz : je vais me vider la tête (au figuré) et voir du vidage de têtes (au propre) dans « Saw 3 », une amie m’offre des Dinosaurus de secours en cas de déprime (je lui fais d’ailleurs un bisou si jamais elle passe sur ce blog), je finis cette chronique à 2h34.

25 novembre 2006

L’éboueur d’en face, une khôle avec le Zeus de l’Histoire et l’art de la problématique

Un internat n’est pas uniquement un lieu de travail studieux ou d’échanges passionnés ou même un lieu de débauche pour certains, un internat est aussi un lieu imprégné de ses légendes et de ses histoires en tout genre qui font son charme. Charmant en effet, l’éboueur d’en face, leitmotiv de la médiocrité, célébrité dans le petit couloir de 200 (couloir désormais connu sous le nom de « Royaume »), j’ai nommé : Marcel Martin. Profession : éboueur. D’après sa physionomie, pourrait être également tueur en série, c’est selon. Le Marcel Martin c’est un peu notre Sims que l’on voit évoluer au troisième étage du bâtiment en face, à ceci près que l’on ne peut pas contrôler ses actions ; nous savons qu’il fume des Marlboro et qu’il entretient une relation douteuse avec son lavabo, tout un programme. A quoi sert le Marcel Martin ? A rien justement : « ce type, c’est l’Insignifiance même… ».


Tout le contraire de notre professeur d’Histoire, vénéré, adulé certainement par des générations d’hypokhâgneux. Qui d’autre serait capable de rendre comestible ce cours d’histoire aussi dense et indigeste ? Je ne me prononcerai pas sur le cours de nos camarades de HK2, j’avoue ne pas savoir si le fait de connaître la date de mort précise de nos mirabelliers lorrains en 1918 change votre existence (et nous, on s’en fou, on aura « une chronologie » !). Et il faut aussi affronter ce Zeus de l’Histoire en khôle, c’est une petite dose d’inquiétude en plus. Il fallait bien sûr que je manque totalement mon plan pour que la dosette se transforme en douche froide, je sauve les meubles en composant un nouveau plan en tenant compte de ses remarques et en sachant, évidemment, mon cours sur le bout des doigts. Heureusement, il n’est pas de ce genre de prof’ à vous accabler, j’ai enfin compris que les khôles étaient surtout un moyen de se perfectionner. Nous sommes là pour progresser, encore heureux que n’ayons pas la science infuse (ceux qui l’ont seront admissibles, c’est une autre histoire…) Je retourne à l’internat déçu et amer, je m’en veux. Pas de quoi cependant se faire « hara kiri » avec son bic…

Aiguiser son art de la problématique, voilà ce qu’il faut en HK. Et sur ce point, notre professeur de philo n’a pas totalement tort (même s’il problématiserait une boîte de raviolis) : toutes les matières, sans exception, réclament des plans, des plans, encore des plans. Et en trois parties s’il vous plaît ! Un art de funambule qu’il nous faudra bien finir par maîtriser.
Du chevelu en HK

L’animal est grand, élancé, exotique pourrait-on dire. Spécimen hypokhâgneux qui fait la colonne vertébrale d’une classe, le chevelu est d’autant plus apprécié que sa toison est dense. Ce pourrait être l’emblème de la LS1 et du Studieux en général : « je n’ai point le temps de me coiffer le matin, à quoi bon s’adonner à une aussi vaniteuse entreprise ? Et d’ailleurs, les coiffeurs et leurs instruments me répugnent et me feraient perdre un temps précieux que je peux consacrer à quelque lecture diverse. » Mais non, il n’aurait même pas la présomption de tenir un tel discours, il est chevelu par définition.

Je fais exception à la règle, je m’en excuse, il faut laisser aux chevelus le privilège de la touffe hypokhâgneuse. Je préfère militer en faveur de la barbe, cette barbe nette et dominée qui ne s’hérisse pas en tous sens comme un propos philosophique. Je veux cette barbe de latiniste, rigoureuse, en ordre, soignée au possible, l’ablatif absolu du poil. Faudrait-il donc se négliger au profit de quelque activité spirituelle ?

24 novembre 2006

Imaginons… nos profs dans des Jeux TV

(Merci à Baptiste, incommensurablement inspiré !)


Dédicace aux LS1, qui comprendront


K. (philo) dans « A Prendre ou à laisser » : le jeu de l’alternative dans sa forme la plus pure.

« J’aime le titre de votre jeu, c’est beau, à prendre OU BIEN à laisser. Et je commence d’abord par le milieu, débarrassez-moi d’abord de ces boîtes, ensuite je choisirai ! »


C. (géo), dans « La carte aux trésors » :

« MOUIII je le connais ce petit patelin, vu la carte ça peut que se situer au carrefour de St Alban-lès-Oies et de Trifouilli-lès-Chaussettes ! MOIIII je sais, c’est GRAND A : une population vieillissante ! Le trésor il peut que être dans la maison de retraite ! Y a pas de FLUUX ! Y a pas’d FLUUX ! C’est fondamental, GRAND A : une population vieillissante ! »


Ke. (français), dans « Qui veut gagner des millions » :

Quelle est l’orthographe correcte :
A- ettron
B - étron
C - aitron
D – ettrond

« Attendez attendez ! J’utilise mon coup de fil à un ami ! J’appelle Robert… Robert en 9 volumes ! »


N’oublions pas non plus notre prof’ de latin, qui pourrait parfaitement remplacer Julien Lepers à « Question pour un Champion » :

« Chez vous… un indice en bas de votre écran => Facilis, e

Et top !

Je suis, un poème du XVIIIe siècle situé à la page 18 de mon recueil

j’apparais dans la première édition traduite du latin par Guillaume Budé

ce n’est qu’en mars 1732 que j’aurais droit à ma première traduction en français…

Je suis ?

Je suis ?


* * * *

La réplique de la semaine

(en latin...)

- Réfléchissez, si Pompée est comparé à un arbre dans cette métaphore, c’est que César est un… ? Un… ?
- Yannick > UN BUcheron ?!

- Baptiste > UN FEU De forêt !

18 novembre 2006

Comment convaincre d’hypothétiques hypokhâgneux de signer à Poincaré ?

Enclavés entre deux stands d’écoles de commerce, les hypokhâgneux accueillaient (chaleureusement) dans le cadre du forum des grandes écoles, de futurs-ex-bacheliers en vue de les convaincre/persuader d’entrer à leur tour dans la sphère hypokhâgneuse. Force est de constater que les écoles de commerce et prépa HEC n’ont pas désempli tandis que les quelques hypokhâgneux présents s’étripaient pour livrer aux terminales LEUR PROPRE perception de la prépa ; je n’étais présent qu’une seule heure mais je pense que nous n’aurions pu mieux vendre l’HK.


Conseils pratiques :

  1. Eviter l’humour hypokhâgneux, par exemple, tendre à l’aspirant préparationnaire l’exemplaire de Phénoménologie de la Perception de Merleau-Ponty (qui errait là fortuitement) : « Bonjour ! Voici notre brochure ! » Brochure peut-être, mais qui égale presque l’Etre et le Néant (en somme, l’équivalent de la notice de montagne d’une fusée soviétique des années 80)
  2. Prendre soin d’utiliser l’omission à bon escient ; question sempiternelle : « les profs ne sont pas trop… ?! (blanc oratoire à interprêter selon : atroces, stressants, horribles, degoûtant, démoralisants…) Clin d’œil et coup de coude à Baptiste : « Non évidemment que non ! Tous nos profs’ sont très bons, les cours géniaux. » Ce qui est vrai… dans la plupart des câs.
  3. Eveiller la peur seulement si la recrue est perdue d’avance. Par exemple, ne pas prononcer de termes trop scabreux ni trop techniques ; ne pas non plus ouvrir le fameux exemplaire de Merleau Ponty et commencer à rire après lecture de quelques lignes de la partie « Sentir ».
  4. Parler de l’HK en détruisant tous les clichés qu’ « on » peut colporter. Ce n’est pas horrible, la masse de travail n’est pas insurmontable, ce n’est pas une quête de la moindre minute de sommeil, ce ne sont pas des notes affreusement abyssales, ce n’est pas une compétition acharnée ; en somme, l’HK, ce n’est pas !

La question entre toutes que je retiendrai : « Mais en fait, vous vous amusez un peu tout de même ?! » à laquelle il faut répondre : « Non jamais, en effet. A ce propos, les paires de menottes avec lesquelles tu t’attaches à ton bureau quand tu rentres le soir, ne te sont remises que la deuxième semaine après la rentrée.


<- - Le stand hypokhâgneux : ergonomie épurée mais efficace ; une feuille blanche A4 marquée au surligneur bleu fluo...











Le stand de l'école de commerce d'à côté : - -> retroprojecteur, pc portable, brochures sur papier glacé, gigantesque pancarte plastifiée... bref, rien de très impressionant.
Biathlon philosophique

La première khôle de philo (ou khôlpp pour les initiés) est toujours un moment particulier. Peu nombreux étaient ceux qui devaient parachever leur parcours initiatique koppistique. C’était le tour de mon cher T., qui précédait Baptiste dans l’exercice tant redouté. L’attente d’une khôlpp, c’est un peu comme le compte à rebours des JO, avant d’allumer la flamme sacrée de la problématique, le défilé des alternatives, le feu d’artifice de couleurs et de réflexions désobligeantes (les chemines du susdit prof’ relèvent bien du feu d’artifice). A l’horizon, slalom géant sur les pentes aiguisées d’un sujet uninominal, course de fond 30min durant en se faufilant entre philosophes et réflexions désobligeantes toujours ; ne pas faire l’impasse sur la concentration lors de ce biathlon problématique, faculté qui sera mise à mal non par la pression des autres compétiteurs mais bien par l’athlétique champion de la discipline.


Baptiste est parti un peu comme en 1914, la fleur au fusil, espérant bien casser du K. à souhait et venger les précédentes générations de LS1, spoliées de leur sésame philosophique. J’en suis sûr, K. l’attend, tapi dans sa tranchée, l’artillerie au bout du fil, mitrailleuses lourdes à l’appui : le signal de l’assaut est donné à l’instant même alors que T. revient du champ de bataille… Une khôlpp en live, c’est beau. J’attends de « l’entendre » en live (si tant est que Baptiste revienne).


Oraison (à lire d’un ton solennel)

Baptiste, notre ami, notre voisin, n’étais pas seulement un hypokhâgneux. Il… était ! Baptiste, bien que tu aimais beaucoup rire et que tu n’aimais que Céline, San Antonio et l’OM, personne ne peut le nier, tu étais aussi un fabuleux bourreau de travail. Tu es aujourd’hui tombé au champ d’honneur, victime des frasques koppistiques. Ce crime ne restera pas impuni ! Déjà Joey Starr s’avance dans la salle du disciple de Deleuze, bardé d’une ceinture d’essais d’Alain, déterminé à tout faire sauter si le philosophe ne capitule pas. Nous te regretterons toujours, en classe, à l’internat, un internat désormais bien calme sans toi, silencieux, et sans victuailles aucunes. « Sumus ergo sumus ! »


J’aurais bien aimé utiliser cette oraison à d’autres fins que la stricte publication sur un blog, mais enfin, Baptiste est revenu sain et sauf, on ne va pas s’en plaindre. Plus que vivant et enjoué, ce phénomène de Baptiste a ramené du front une note des plus honorables. Bravo à toi, il fallait oser mettre en œuvres les références pour le moins atypiques que tu avais choisi. Moralité : merci Joey Starr, n’est ce pas ?
J’ai l’impression que cette khôlpp tient plus du mythe que de la réelle boucherie. Certes, l’exercice est périlleux et parfois rocambolesque mais c’est une formation indéniable pour les futurs concours. Un jury pire que le P.K. pourrait-il exister ? Pour l’instant, j’en doute…

L'Etre et le néant, se réfugiant dans les cîmes de nos chambres dès que l'on essaye d'y comprendre quelques chose... Une oeuvre peu docile !

17 novembre 2006

Billet d'humeur #2 (par Baptiste)

Billet d’humeur hypokhâgneux, une fois de plus, une fois encore… La semaine est passée à une vitesse folle, mais votre humble serviteur, fidèle au poste, n’a pas manqué d’en tirer quelques enseignements savoureux…


De l’utilité de l’hymne Kazakh

Pour la première vraie sortie cinéma de l’année, entendez par là la première sortie cinéma qui regroupait plus de 2 internes, nous avions choisi le Comte et moi d’aller voir « Borat », film racontant les tribulations, non pas d’un Chinois en Chine, mais d’un Kazakh aux Etats-Unis. Et là où l’on pouvait s’attendre à un film commun, avec quelques « bons moments mais sans plus » comme on en voit trop souvent ; nous avons eu le plaisir d’assister, nous la grande confrérie des Hypo et Khagneux réunis à un délire visuel peu commun. Je pense notamment à une scène où deux hommes nus s’ébattent furieusement dans le couloir d’un hôtel (rien de pornographique ne vous inquiétez pas, même si évidemment la pornographie n’a rien de dommageable n’est ce pas :smilsh: ) ; et qui a été l’occasion d’un mémorable cri de J. « Enfin du vrai cinéma ! »… Seuls les initiés comprendront, et c’est pourquoi je vous encourage vivement à aller voir « Borat », en VO absolument, rien que pour l’hymne du Kazakhstan qui clôt cet OVNI, qui est à la fois une farce, une satire, et un peu un chef d’œuvre, aussi.

Moralité : Voir « Borat », tu iras.


De l’inutilité des Seychelles Polonaises

« Eh oui, mais celui qui veut aller aux Seychelles, et qui se retrouve en Pologne, il est pas content le mec, il risque de faire une drôle de tête. Et l’inverse aussi, d’ailleurs… En fait mon cours, c’est un peu du teasing, je suis obligé de délirer un peu, sinon y’en a un qui dort, un qui joue aux cartes… »
La phrase de K. de la semaine… Pourquoi, me direz vous ? Eh bien, je vous répondrais « parce que », et si vous ne comprenez pas, non seulement c’est mieux, mais en plus c’est beau.

Moralité : La philo, tu ne comprendras pas.


De l’utilité de la sieste en hypokhâgne

Il faut bien l’avouer, je dors beaucoup. Mais à l’internat, les soirées sont souvent assez animées, et ne permettent pas souvent de dormir avant minuit, ce qui pour quelqu’un qui se lève à 7 h, laisse entrevoir assez peu d’heures de sommeil… J’ai donc mis au point une technique infaillible, que je vais peut-être breveter : après manger, quelques pages de San Antonio et 20 à 30 minutes d’un sommeil réparateur suffisent à remettre votre homme en forme, prêt à vaillamment affronter (au choix) les flux de grammaire espagnole ou les flux tout court en géo. Cependant, le rédacteur que je suis doit impérativement vous avouer que cette technique présente quelques inconvénients, en particulier celui de se transformer en profond sommeil lorsque votre nuit a été interrompue par une alarme incendie déclenchée par un zozo quelconque, vous risquez alors d’arriver en retard en français, et ce à votre grand dam.

Moralité : En prépa, raisonnablement, tu dormiras.


Et pendant ce temps à Vera Cruz : Joey Starr me permet de me tirer d’un fort mauvais pas, je reçois la version officielle du permis de conduire et je profite de cette dernière phrase pour remercier encore les amateurs de « Borat », qui ont parfois omis de réviser leur géo (hein, T. ?) mais qui ont contribué à un moment pour moi fort agréable…

Baptiste

Have you ever seen a crocodile ?

Never in my life ! En revanche, j’ai déjà passé plus de deux mois en Hypokhâgne C’est tout de même autre chose que d’avoir observé des crocodiles bien que nous ayons aussi nos spécimens exotiques. Faits marquants de cette semaine ? Le Roy tout d’abord, définitivement adoubé comme mascotte, non seulement par la classe mais aussi par l’entité pensante de Poincaré, j’ai nommé notre professeur de philosophie.

Du haut de son palais, le roi contemple la foule de ses sujets

J’étais également ravi d’apprendre qu’une version déclinée en animal domestique de Baptiste et moi-même ferait sûrement fureur, en cage qui plus est. « Duo infernal » inaltérable mais très altéré, à emporter désormais partout.
J’aurais enfin appris à mes dépens qu’il vaut mieux s’inscrire scrupuleusement dans la moralité numéro * de la première chronique de mon ami rédacteur, autrement dit, de parler politique tu éviteras ! Il y a de ces personnes qui s’aiment dans la vie civile, mais qui deviennent de féroces animaux lorsque leurs convictions politiques sont mises à mal. J’étais dans la mêlée. Je ne suis pas exempt de tout reproche. (Parenthèse refermée)

Question lancinante qui assaille vos esprits : mais où l’hypokhâgneux trouve t-il toute l’énergie dont il besoin au quotidien ? Certainement pas dans les mets délicats de la cantine me direz-vous, pour ne citer qu’elle, l’assiette de brocolis nappés de fins crocs monsieur… La réponse est pourtant claire, aussi claire que l’exécration (vindicative) que notre professeur de philo’ adoré éprouve à l’encontre d’Alain : le dinosaurus ! (se décline du type dominus, i, m)
Je ne sais si tous les hypokhâgneux en consomment, j’en connais un en tous cas dont l’alimentation se compose « presque » exclusivement du bien nommé biscuit, et qui ne manque pas d’ailleurs d’irriguer l’internat de ces dinosaurus alternativus : ou bien la face chocolat, ou bien la face biscuit !

Topos hypokhâgneux : le dinosaurus et le gaffiot

La phrâse : « Vous avez voulu me faire prendre un texte d’Alain pour un texte de Spinoza ! Ahh c’est comme l’extasie ! On sait pas ce qu’il y a dedans ! »

Bônus (pour les initiés, notre nouvelle devise) : « Sumus ergo sumus »

12 novembre 2006

Billet d'humeur #1 (par Baptiste)

Week-end hypokhagneux… Ma première contribution à ce blog… Pour ce « premier billet d’humeur » (et pas le dernier j’espère si le proprio est content) je vais aborder quelques sujets divers qui ont émaillé la semaine, le mois, l’année…

De l’utilité de Joey Starr en philosophie…

Evidemment, évidemment, je ne pouvais commencer sans parler de lui, l’excellent l’unique l’inimitable (puisqu’ apparemment l’imitation n’est pas un sujet de khôle convenable..) K. K, cette initiale lui va bien, K. comme kafkaïen, absurde… ! En effet, l’illustre pédagogue nous a appris que « Joey Starr quand il fait quelque chose, ça sent le sang, et il le fait à fond, ça pulse la testostérone. Que si il ne veut pas faire de philo, il va en sport (privilège qui ne nous est malheureusement pas accordé) et que quand il voudra en faire, il faudra lui en donner, sinon ça risquait d’aller mal… Hein… ». Si seulement il pouvait faire un tour en 227 un jeudi à 10 h, histoire de s’amuser un peu…

Moralité : Joey Starr en philo, tu inviteras.

De l’inutilité des conversations politiques au petit déjeuner…

… où pourquoi cette chronique est appelée billet d’ « humeur ». Vendredi, 10 h, le verdict final des mid-term élections est tombé, le Texan et ses copains les Républicains perdent le Sénat. Réjouissance générale, jusqu’ici rien d’inquiétant… Malheureusement, nos voisins américains étant un peu loin, l’accent de notre cher prof d’Anglais étant tout ce qu’il y a de plus British, la conversation dévie vers la politique intérieure : des socialistes, des communistes, des sarkozistes de gauche, de droite, on trouve de tout à l’internat, alors évidemment la conversation s’emballe…

Moralité : Politiquement neutre à table en prépa, tu resteras.


De l’utilité d’un internat, et d’un voisin de chambre conciliant.

Si l’internat est administré par un personnage mythologique, une sorte de chimère merveilleuse sur laquelle je reviendrais sûrement plus tard, si ma chronique est approuvée par le patron ; je voudrais relever la bonne ambiance générale qui y règne et qui nous permet de travailler (oui, oui, ça m’arrive de temps en temps) dans un climat assez apaisant (pourvu qu’on y parle pas trop politique hein) et de la bonne humeur générale et géniale du Duc de 204, me précédant géographiquement dans le couloir, moi le Comte de 206, au service du roi G. De Besançon (trompettes et clairons, tutututututuuuuuu) ! A signaler aussi, qu’il me laisse critiquer certains auteurs assez librement (la Duras par exemple), et vanter mes idoles (Céline et San Antonio), je l’en remercie donc dans cette « column »… Et comme le dit mon commissaire favori : « C'est avec les gens intelligents qu'on déconne le mieux ! » Et cet internat est plein de gens intelligents…

Moralité : A l’internat tu te plairas.

Et pendant ce temps, à Vera Cruz : Lyon gagne au mental contre Valenciennes, comme d’hab, trois préparationnaires s’éclatent devant le Grand Détournement, et il ne faut pas chier en courant (dans le désordre chronologique).

Baptiste

10 novembre 2006

Washington

Je reprends possession de ma chambre dimanche en fin d’après midi, en traînant mon barda, classeurs, livres, rations de survie, dentifrice, Gaffiot, Platon, rien ne manque je l’espère à cette panoplie du parfait hypokhâgneux. Armé jusqu’aux dents donc, j’investi à nouveau l’internat, un internat encore fantôme avec ses couloirs sombres, les néons des issues de secours pour seul éclairage, lieu idéal pour un crime sordide ; j’imagine : on retrouve l’hypokhâgneux affalé en travers du couloir, dans une mare de sang typique de ce genre de scène, l’arme du crime, c’est à dire, un Gaffiot écorné et imbibé d’hémoglobine du fait de l’impact sur le crâne ; le meutrier est-il un latiniste altéré par 3h de bon Cicéron ? Ou cet acte est-il mûrement prémédité ? A combien de mètres un Gaffiot lancé peut-il fracasser un crâne ? Là arrive G., roy de Besançon et des oranges : « Euh salueuh ! Dis moi, tu aurais pas vu mon sac de voyage par hasareuh ? … Pourquoieuh tu fais du latin couché dans le couloir ? ». Tout ceci n’est que pure fiction, je délire. Je dois être vraiment enthousiaste de reprendre les cours (insensé n’est-ce pas ?) et surtout, de revoir toutes celles et ceux qui sont embarqués sur le même navire, et ce bien que nous soyons parfois obligé d’écoper notre rafiot (je dirais même « ékopper ») pour éviter de couler ! C’est donc avec plaisir que je retrouve justement G., consacré définitivement « roy », il faut dire qu’il a « la tête de l’emploi ». Une fois n’est pas coutume, G. avait « oublié » ses affaires dans le couloir. Je retrouve également C., fidèle collègue délégué que j’ai accompagné dans le froid en quête d’un jambon-fromage. Je passe ma soirée aux prises avec des révisions de latin, ce qui prouve bien que ces vacances n’ont pas été si studieuses qu’elles n’y paraissaient.

Question récurrente en ce lundi matin au CDI, où nous avons d’ailleurs manqué de finir congelé tant nous avons eu l’intuition phénoménologique de la panne de chauffage, question récurrente donc : « tu as bien bossé pendant les vacances ? » qui induit toujours une même réponse récurrente, avec d’ailleurs un même ton de culpabilité: « Non, j’ai vraiment rien foutu, juste 2 DM, 8 pages de vocabulaire, 1 thème, 2 versions… » En marge de cette catégorie oisive sur laquelle s’abattra une honte sempiternelle, la catégorie qui regroupe les « j’ai rien fichu et en plus j’ai même pas été bourré une seule fois » Ce sont évidemment les plus à plaindre. Allons, tout doit être consommé dans une juste proportion, le travail comme les loisirs (c’est l’objectif des prochaines vacances).
Le prof d’histoire nous ramène à la dure réalité en entamant le corrigé de notre premier DS, supplice parmi les supplices : c’est le moment où l’on doute de tout, de notre note future, de notre plan, de nos connaissances, de nos conditions de vie à court terme, le plan qui se dessine peu à peu au tableau nous écrase, ce plan intelligent et médité qui « porterait votre nom au sommet de la liste » et que l’on prend soin de reproduire scrupuleusement pour se donner bonne conscience alors que l’enclume de la minoration est prête à nous écrabouiller. En somme, je m’en tire plutôt pas maremier DS,l, note correcte.
Ah, la note ! Le prof’ d’histoire a raison lorsqu’il avance que les « étudiants » sont attachés aux notes et ce bien qu’elle les horrifie, tétanise, affole, déçoit, plonge dans le désarroi le plus total. Nous sommes soumis aux impératifs de la notation, de la maternelle à la sphère préparationnaire où la note revêt un habit angoissant et absolu, peut-être bien parce qu’elle est souvent basse alors que nous étions habitués à un minimum de deux chiffres. Non, relativisons ! Entre autres recettes de relativisations, voici certainement la meilleure : « J’ai eu 8 en grec, ça va. Sur 20 ? Non… sur 190. »

Le roy en pleine préparation de khôle de latin

Qu'en est-il alors de Washington me direz-vous ? Sans en remettre une couche et remuer le gaffiot dans la plaie, je me dois mettre ici cette réplique immédiatement devenue culte.
Contextualisation : bien au chaud dans mon lit depuis minuit passé, j'entends très distinctement depuis une heure mon voisin de chambrée au téléphone. La barre symbolique des 1h du matin franchie, je décide de me lever.
- Non mais TU appelles AU CANADA à une heure PAREILLE ???!!! (GrrRRR)
- Non, à Washingtoneuh.
C'est alors que je vais me recoucher, au quel cas j'aurais étriper salement mon voisin, avec l'idée que oui, on se foutait de ma gueule. Eh bien non, mon voisin était bien en ligne avec Washington. Le roy félicitait-il Georges Bush pour sa cuisante défaite aux mid-term elections ? C'est une autre histoire...
Hypoquizz

I) A l'internat, vous êtes un marginal si à 23h30 :
  1. vous allez prendre une douche
  2. vous écoutez en mp3 "Maréchal nous voilà" provenant du site Maréchalpétain.com
II) Jusqu'où les romains ont-ils exploré le nord de l'Europe ?
  1. L'Islande
  2. Le Danemark
  3. La banquise
III) Pourquoi ne faut-il pas "chier en courant" (Esope) ?
  1. cela pose d'évident problème d'hygiène
  2. en toutes choses, il faut toujours prendre le temps
  3. décidemment, ce blog devient scatologique
IV) Quelle est la date précise des partiels de Lettres Modernes ?
  1. le dernier cours de la fin du semestre
  2. quand Saturne sera alignée avec Jupiter
  3. B. ne le saura jamais
Question du jour :

Ce blog décrédibilise t-il l’hypokhâgneuse condition à tout jamais ? A tout jamais certainement non, il y aura toujours ces chers parisiens dans ces « putains de prépas » (comme j’ai pu l’entendre) pour redresser la barre et faire honneur à cette exception toute française que sont la Khâgne et l’HK. Décrédibiliser ? Je ne sais pas trop. A vrai dire, j’ai l’impression de n’avoir jamais autant travailler mais parallèlement, de n’avoir jamais autant « délirer ». Le monde hypokhâgneux est délirant, du moins, je le ressens tel, nous le ressentons tel devrais-je dire. Alors c’est vrai que je passe sous silence la majeure partie du travail mais il n’est pas absent du quotidien pour autant.


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