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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





30 octobre 2006

Point route après quelques jours de « vacances »

C’est très étrange d’être chez soi et de devoir impérativement travailler, son douillet « chez soi » qui a été, jadis, le lieu où l’on a vécu paisiblement cette année de terminale qui semble maintenant si peu de choses. Le bac ? Une broutille ! Et pourtant, les habitudes sont tenaces, on préfèrera toujours se rendre sur MSN ou même, allumer sa bonne vieille PS2 qui crache désormais de la poussière, plutôt que de se lancer dans Lucain ou dans « le » Gorgias de Platon… Oui je l’avoue, j’ai vraiment du mal à travailler chez moi, l’internat a le mérite d’offrir une ambiance studieuse. Quoique cela dépend des soirs ! (Passons…)
Il faut pourtant s’y mettre même si c’est souvent sans grand enthousiasme. Nous avons signé, c’est ainsi. Mes connaissances faceuses ne sont pas en reste puisqu’elles sont loin d’être déchargées de tout travail ; j’ai appris avec stupeur qu’un peuple faceux motivé et travailleur existait également, si si je vous assure, je salue donc ceux qui se reconnaîtront !
Pour la dose épique quotidienne qui fait défaut pendant les vacances, rien de plus simple, il suffit de prendre son VTT et de partir dans l’idée de faire au moins 20km. Y a des jours où justement, ce n’est pas le jour, les ennuis mécaniques vont de pair avec les flaques de boue (très grosses flaques) que l’on voit au dernier moment… Dans un sens, vivement le retour à l’internat, où j’ai avec B. un bon nombre « d’entreprises épiques » sur le feu, que nous parachèverons au plus vite.

Que prévoit Bison futé pour les prochains jours ? Un ou deux embouteillages de latin, un ralentissement en grec, un très gros, mais alors énorme bouchon en philosophie. (à suivre)

Illustration phénoménologique parfaite de l'action d'une branche sur un dérailleur (également appelé le syndrome du "deraillum pendouillendum")

25 octobre 2006

Le peuple hypokhâgneux est OFFICIELLEMENT en vacances ! Officieusement, tout le monde sait que le terme de « vacances » ne fait pas partie de notre jargon, aussi étoffé soit-il dans d’autres domaines. Non, non, les vacances CE N’EST PAS… C’EST l’actualisation de la puissance d’être de notre agenda ! Je voudrais bien que M. K. analyse notre degré de désarroi phénoménologique lorsque nous nous pencherons sur son sublime sujet de dissert’. Espérons cette fois-ci que G. sera plus inspiré, nous ne dirons mot de sa copie au risque de le figer à tout jamais dans l’image de « celui qui s’y est pris le jour même ou nous devions rendre le devoir » (ou plutôt la nuit). J’ai bon espoir pour que cette copie, d’ores et déjà mythique, soit classée au patrimoine mondial de l’humanité. Eh oui, « là ou ça sent la merde, ça sent l’être ». Qui l’eut cru ?
Question cruciale qui subsiste en ce début de vacances : « mais qui a donc eu ce 15 en philo ? » Donc, si tu appartiens à la LS1, que tu as eu 15 en philo, manifeste-toi, tu seras peut-être béatifié.


Semaine courte, très courte, mais non moins intéressante et crevante. Pour finir en beauté, un gigantesque sujet sur Rabelais que personne n’a interprété de la même manière (C’est le syndrôme du « - Waou ton plan il est vraiment bien, je suis sûr que je suis Hors Sujet – Mais non, c’est TON plan qui est excellent, JE suis Hors Sujet ») et une sympathique version latine de 3h (ô mon gaffiot, mon beauuuu gaffiot). Bonnes vacances à tous =)

La phrase de ces 3 jours : « Il n’y a que deux notes dignes d’intérêt : la plus basse et la plus haute »

PS : Petite pensée pour une certaine hypokhâgneuse de l’internat qui nous quitte, tu vas manquer à beaucoup de gens. Voilà c’est dit ! Bonne route à toi (« Paca » ;) )

21 octobre 2006

Une semaine hypokhâgneuse : de la philo, des déclinaisons, de la choucroute et de la dérision…

Lundi

En plus de nous laisser des autorails qui égaleraient à peine les fleurons d’antan de l’industrie soviétique, à Metz, la SNCF se plaît à accueillir les sarregueminois sur le quai le plus loin de la correspondance pour Nancy. Voie 9. 3 minutes à peine pour rejoindre le quai numéro 2, descendre des escaliers, 100 mètres de course slalom, remonter des escaliers, le tout affublé d’un sac bourré de classeurs et autres livres de latin (un peu de matériel de survie également). Ce n’est donc plus à démontrer, la SNCF prend soin de la ligne de ses usagers. Récompense suprême : atteindre Poincaré dans les temps, histoire de profiter de la belle cour et du dernier numéro du Point (oui R. je sais, ton père est abonné).
A peine le temps de s’échanger les derniers « potins » du week-end et c’est parti pour deux heures d’histoire, que nous ne verrons pas s’écouler comme à l’accoutumée. Du grand cours, comme toujours.
Seconde course slalom de la journée vers la file de la cantine, évidemment, déjà prise d’assaut par les autres estomacs préparationnaires de Poincaré. Le jour où nous mangerons à une heure décente, G. règnera vraiment sur un royaume et des sujets…
Latin, leçon sur les pronoms et adjectifs démonstratifs expédiée encore plus vite qu’il ne faut pour s’imaginer le nez dans sa grammaire. Qui a dit que le latin était une langue morte ? C’est un de nos cours les plus dynamiques (excepté peut-être quand notre roy est au tableau…) et encore une fois, la prof’ nous a matraqué avec ces traditionnelles notions qui devraient être acquises mais que tout le monde maîtrise fort douteusement. Illo tempore, quand nous fûmes au lycée, le latin était sensiblement moins stressant…

Français. Exception aujourd’hui, nous n’aborderons ni la scatologie ni la propension d’un auteur au sado-masochisme (j’exagère j’en conviens) en effet, c’est l’heure de vérité, l’heure où le prof’ doit nous rendre notre premier vrai DM. Soit la somme de beaucoup d’heures de recherches et de travail…
Première note largement en dessous en de la moyenne depuis des années. Soupir. Je ne peux même pas dire si je suis déçu ou frustré. On s’y attend nécessairement à ce genre de note. L’orthographe m’a plombé, et dire que j’aurais eu la moyenne, l’addition de toutes des scories bêtes et récurrentes est salée, je ferai bien plus attention la prochaine fois. L’orthographe, « c’est un combat » (dixit M. Ke.) Ceux qui n’ont pas leurs copies tâchées par les fautes s’en sortent plutôt bien, c’est encourageant.
Après deux heures de grec, un début de soirée et un repas comme d’habitude, je m’en vais dans une salle du lycée pour bosser en paix. Une ECS, très sympathique au passage, habituée de cette salle, est déjà aux prises avec une version d’espagnol. Je dois penser aux 4 proches DS qui nous attendant, sans oublier le sujet de philo, peut-être un peu plus attrayant que le précédent : « l’âme et le corps ». Je me demande d’ailleurs quand ce phénomène de K. va définitivement guillotiner notre intérêt pour la philo’ en nous rendant notre premier devoir. Affaire à suivre. Une douche chaude, et c’est reparti pour une heure de latin.

La phrase du jour : « Amare amabam » (dixit St-Augustin) (« J’aimais aimer »)


Mardi

Rien de tel qu’un peu de scansion latine pour attaquer une matinée du bon pied. Virgile qui plus est (Arma virumque cano…) nous sommes gâtés. C’est impressionnant ce que nous avons déjà travaillé en latin cette année, si seulement nous avions bossé de la sorte depuis la cinquième, nous aurions un niveau digne de latinistes hypokhâgneux ; mais nous y travaillons, nous y travaillons ! (Cicéron, pardonne nous si tu te retournes dans ta tombe)
Arrivent les deux heures de philosophie ; l’occasion pour certain(e)s de récupérer de la soirée d’hier, concert d’Emilie Simon oblige (eh oui, j’ai osé manquer Emilie Simon aux Nancy Jazz Pulsation) l’occasion pour d’autres d’avoir une énième fois le sentiment de « pédaler dans la choucroute ». Disons plutôt que nous sommes beaucoup à ramer dans un océan de choucroute, je ne me sens donc pas esseulé, ces eaux d’incompréhension sont très fréquentées. Mais après tout, « c’est bon de pas comprendre ». Consolons nous avec les imitations d’anthologie de B., qui, il faut l’avouer, est de plus en plus à l’aise de son registre koppistique.
Au menu aujourd’hui, les affects chez Spinoza. Bout de lard qui ballottera en plus dans l’océan choucroutesque ou compréhension même partielle ? Pour une fois, compréhension presque partielle, nous pouvons aller mettre en œuvre le « conatus » dans les parages de la cantine l’esprit tranquille. Les philosophes nous assènent de théories inextricables concernant l’âme ou le corps, qu’en est-t-il de l’estomac ? (Tiens, encore « quelque chose à faire »).


Retour en cours à 16h avec de l’anglais, plus précisément de l’alphabet phonétique, chose fort étrange qui en laisse perplexe plus d’un. C’est qu’il faut préparer le DS de vendredi… il va falloir aller la chercher cette note ! Après le cours, je croise par hasard Anne-S., éminente khâgneuse (j’insiste). « Billy », PC parmi les grands PC débarque, nous exhortant à participer à une soirée mardi prochain (LA soirée évidemment), malheureusement, avec 7h en tout de DS le lendemain qui plus est pour le « dernier jour » avant les vacances, c’est pour moi impossible. Sacrifice, ô sacrifice ! Il faudrait qu’on nous remercie un jour de pérenniser les langues anciennes… Ce « Billy » m’avait d’ailleurs exposé sa technique, infaillible, pour détecter les hypokhâgneux : « c’est simple, il y a un style hypokhâgneux, ils sont tous mal fringués ». Ce type vous détecterait un hypokhagneux dans une meute d’autres préparationnaires ; fort, vraiment fort ! Je ne suis pas vraiment en accord avec cette conception…
Après un repas des plus raffiné, disons plutôt, qui nous a satisfait en nutriments, je m’en vais retrouver Lénine, Bakounine et toute la bande. Premier DS d’histoire demain, ça va barder…

La phrase du jour : « Pour être philosophe, il faut être une vache. Nietzsche entend la faculté de ruminer, comme une vache qui « STUPEO », hébétée, regarde les trains passer. Il faut être bête pour comprendre. »


Mercredi

Premier DS d’histoire ce matin, un sujet semble t-il faisable qui recoupe assez ce que nous avons abordé en cours : l’Europe au début des années 20. J’ai néanmoins l’impression d’avoir mené mon devoir d’après un plan bateau, « rien de transcendant », même je dominais très bien le cours. Encore une tôle en prévision ?
Je commence à ressentir toute la fatigue accumulée, le week-end ne suffit plus pour tout rattraper. C’est flagrant lorsqu’il faut se concentrer sur son fameux alphabet phonétique anglais après une grosse journée de cours ! Et pourtant, déjà mercredi, le temps semble contracté en HK si bien qu’une semaine s’écoule à la vitesse de l’éclair. Encore 4 DS à préparer, 2 vendredi, 2 autres mercredi prochains, de quoi ne pas rattraper son sommeil…
Dans le couloir de l’internat après le latin, B. a encore une fois été très inspiré dans son imitation de K., tout en savourant ses tartines au nuttela ; je rigole toujours, c’est plus fort que moi : « le Nutella, CE N’EST PAS de la pâte à tartiner, C’EST l’actualisation de la puissance d’être du pain harris 100% mie ». D’où la question ontologique du jour ; comment fabrique t-on du pain sans mie ? Eh oui, qui a dit que les hypokhâgneux se violentaient l’esprit par leurs réflexions ?


En attendant d’autres pensées aussi transcendantes, je me plonge dans cette redoutable phonétique avant de m’attaquer à la troisième déclinaison grecque. « Y a des jours comme ça », on ne fait rien que ce que l’on aime…


Phrase du jour : « Je sais que je suis là pour souffrir mais je crois que j’assume pas totalement mon masochisme. Ah si, j’suis heureuse, j’ai eu 4 en espagnol » (dixit une anonyme)


Jeudi

Après avoir passé toute la soirée sur l’anglais et le grec, je me décide à rendre les armes. Il est 22h45, c’est l’effervescence dans le couloir de l’internat, « le bordel » en somme ; grâce à de la bonne musique, je parviens à m’isoler un tant soit peu… Comme je l’ai dit hier, la fatigue se fait vivement ressentir, je suis littéralement tombé sur mon lit en rentrant de la fac. La fatigue, c’est une condamnation à l’inefficatité. On a beau passer 2h les yeux rivés sur des déclinaisons (toujours elles, je vais finir par décliner même mes haricots à la cantine) absolument rien ne pénètre, malgré la bonne volonté. C’est la désagréable impression de se sentir saturé et au bord de l’indigestion. Rien ne sert alors de rentrer quelques maigres connaissances dans son esprit, même à coups de marteau burin…
Le cours de philo a été animé d’un grand débat (unilatéral il faut l’avouer) au sujet des animaux ; débat qui s’inscrivait dans l’étude du regard chez Sartre, encore tout un programme ! Des hypokhâgneux ont essayé de faire comprendre à K., ou plutôt de le « sensibiliser » au fait que les animaux pouvaient faire preuve « d’intentionnalité », tout particulièrement F. qui a tenté de mettre en lumière « l’intentionnalité » de son chien, qui cache le papier d’une tablette de chocolat alors qu’il s’est dûment régalé de son contenu. Question qui me vient rétrospectivement à l’esprit, comment un chien est-il en mesure d’ouvrir une tablette de chocolat ? (Preuve irréfutable d’anthropomorphisme selon B. !) D’aucuns me rétorqueront que ce sont pourtant des marmottes qui emballent ce chocolat ; oui, mais tout de même ! Bref, la répartie de K. a définitivement détruit notre belle et saine conception des animaux domestiques : « les propriétaires d’animaux ne savent pas ce qu’ils possèdent, ils possèdent leur propre désir d’animalité » ou encore « c’est grave la pathologie de posséder des animaux ». De surcroît, nous avons appris que notre rapport au cochon n’était rien d’autre qu’un rapport unilatéral, chose bonne à savoir, il faut le souligner.
Le jeudi après-midi est toujours l’après midi « récréation » que nous autres optionnaires de Lettres Classiques sommes tenus de passer à la fac. 2 heures de linguistique éprouvantes, déjà parce que ma voisine meurt d’ennui et ne cesse de gesticuler mais aussi du fait de la densité et du rythme du cours « coercitif » du cours. O. a failli réussir à m’apprendre à faire pirouetter un stylo entre les doigts, entreprise si utile tout le monde en conviendra, mais enfin, il faut bien agrémenter le cours… Mais ne fustigeons pas la fac et les faceux, je vais encore m’attirer les foudres de forts anciennes connaissances épris(e)s du campus de Nancy 2. J’admets volontiers que nombre d’autres cours à la fac doivent être autrement plus intéressants que la linguistique de langues obsolètes et que tous les étudiants à la fac ne sont pas des glandeurs invétérés !
L’hypokhâgneux râle un peu, il maudit à souhait les groupes d’étudiants qui ont eu le loisir d’aller aux Nocturnes Etudiantes jeudi alors que lui devait travailler, mais dans le fond, outre les circonstances atténuantes, il se complait bien dans son statut…

La phrase du jour : « dans mon cul où il se trouve, on ne peut pas demander à M. Jean Baptiste Sartre ni d’y voir bien clair ni de s’exprimer nettement » (dixit Céline)


Vendredi

Je me retrouve une énième fois dans ce train bondé du vendredi, les bagages s’entrechoquent, les personnes s’ignorent, je suis absent au milieu de ce tableau si banal du retour au bercail.
Retiré derrière mes écouteurs, je contemple la semaine qui vient de s’écouler au gré de la musique, et j’en tire toujours la même impression, que les heures et les journées se pressent de plus en plus vite, le temps est plus que jamais insaisissable, il faut gérer pourtant. Je m’imagine hébété, l’air vide, focalisé sur le paysage ou le plafond, je pense à cette semaine, et quelle semaine, qui vient de fuir à toute vitesse.
Aujourd’hui, ce vendredi, était une de ces journées à laquelle on s’attend en s’engageant en hypokhâgne. Le carnage, la tuerie. En anglais, je n’avais jamais pensé que je subirais un tel désarroi face à un devoir… c’est bien fini le temps du « je viens les mains dans les poches » (quoique pas pour tout le monde !) Juste après, encore 2h de grec pour asseoir l’idée dans son esprit que décidemment, « c’était pas la semaine ». Et toutes ces notes aussi misérables les unes que les autres qui vont nous dynamiter sur place ; avec un peu de chance, en cumulant mes notes de 3 DS avec celles de T., nous arriverons peut-être à 20…
Un DS en HK est une bombe à retardement : on fait tout pour éviter qu’elle n’explose, on déploie tous les moyens possibles pour se préparer, mais au final, tout nous saute à la figure quelques temps après avoir amorcé la charge. Nous sommes des kamikazes, et comme tous kamikazes, nous nous assumons.


Point positif, j’aurais eu le temps de raconter une semaine d’HK à Poincaré, je ne sais pas si c’est différent ailleurs, je ne sais pas si c’est bien pire ailleurs, peu importe, ce fut une bonne semaine, riche en enseignements, en déceptions aussi mais en bons délires hypokhâgneux malgré tout. Semaine heureuse voire parfaite pour d’autres, je pense à B., permis le lundi, majoré en français le même jour, majoré en latin pour l’instant et le fin du fin, petit déjeuner à l’Excelsior jeudi matin alors que je me débattais avec la langue grec. Heureusement qu’il est là mon voisin B., même si je ne monterais jamais avec lui dans cette bête de tôle qu’il maîtrise un (tout petit) peu mieux que l’Etre et le Néant, nous délirons excellemment, de tout, de rien, du néant…

La phrase du jour : (A l’internat entre midi, J., khâgneux, pointant du doigt une anthologie de Gargantua/Pantagruel que B. tient entre ses mains) « Tu te prostitues B. ! »
Les accessoires indispensables...

La musique, interlude nécessaire

La cigarette, encore un interlude nécessaire... pour certains !

Ce cher Gaffiot, fidèle compagnon de route
[...]

J'attends vos suggestions pour complèter l'article =)

14 octobre 2006

La Fac, nous, et les clichés

Malgré les apparences, le peuple hypokhâgneux a le statut d’étudiant. Et pour preuve, nous sommes tous, sauf exception, condamnés à suivre quelques cours en FAC, rien de trop méchants. L’occasion pour nous d’être dévisagés par les faceux à chaque intervention bien sentie, comme si nous étions de drôle de singes savants… Le clivage entre la classe préparatoire et la fac s’est tout de suite fait clairement sentir mais ce n’est pas une raison pour fustiger les pauvres faceux qui n’ont que 20h de cours par semaine, alors que nous traînons nos 31 heures, voire plus, je pense aux optionnaires Science Po et à l’ensemble de la LS1 qui a l’immense privilège d’assister à 4h de K. !
Malgré tout, je me pose la question : sommes nous vraiment deux espèces différentes ? Je me demande aussi quelle (haute) opinion ont de nous les « gens de la fac ». Question bien délicate. On sait la présomption de nos illustres aînés, optionnaires d’histoire, qui sont rentrés dans l’amphi accompagnés d’un haut et fort : « PLACE AUX HYPOKHAGNEUX ! » (C’est du moins ce qu’ « on » raconte); un peu comme des chevaliers vaillants de temps lointains revenant d’un carnage, et qui ne manquent pas de s’annoncer dans leur gloire ! M. P. nous a vivement conseillé de ne « pas trop nous la ramener avec notre statut d’hypokhâgneux » justement à cause de la présence remarquée de nos aînés.
Je crois que la fac fait peur à la majorité d’entre nous. Même si certaines personnes ont abandonné en ce début d’année et se sont tournées vers la fac, au fil des discussions et des rencontres, il semblerait que les hypokhâgneux et khâgneux soient bien contents d’en découdre en Prépa. La fac est un obscure horizon pour certains, peut-être la fin du calvaire pour d’autres.


Quelques clichés :

L’hypokhâgneux ne sort jamais.

Le khâgneux sort encore moins que son bizut.

L’HK, ce n’est rien d’autre qu’une lutte à mort entre les meilleurs élèves (victoire à celui qui décline le mieux en grec le plus de noms irréguliers !)

Quand il se retire dans sa tour d’ivoire,
l’hypokhâgneux se délecte de la lecture d’Aristote dans le texte.

Les professeurs d’HK sont sans exception (je précise, il y a toujours des exceptions) des monstres sans foi ni loi qui vivent avec le dessein de nous dégoûter de la vie et des études.
Entendu, et aussitôt, culte devenu

En histoire, d'après un tract des années 30 émanant de la JOC, qui concerne les bals et notamment la bonne conduite à tenir entre prétendants au moment de la fin de soirée :

" les dangers moraux du retour "

En histoire toujours, M. P. a évoqué le développement des jardins ouvriers :

" Maintenant c'est fini les jardins ouvrier, les jeunes, les jeunes ils s'en foutent des salades ! "

En philo (pour changer) :

"On lit Sartre, l'Etre et le néant ! (en s'adressant à la classe) Tu'devrais avoir une classe en train de pleurer... décidemment, vous êtes vraiment bizarres !!!"

Et une réplique de philo de la semaine dernière :

"Nous sommes des moucherons qui contemplons des forêts, il faut de la modestie "
Baptiste, en revenant de chez l'administrateur réseau qui gère les connections internet sans fil de l'internat :

" Veni, Vidi, Wifi !!! "

Le roy, en latin, qui a bien sûr oublié son cahier et qui demande à notre professeur s'il peut aller le chercher à l'internat :

" - Euh madame... j'ai oublié euh mon cahier, je peux euh aller le chercher ? - Mais où est votre cahier G. ? - Euh... il est tout prêt ! "


Le roy, regnant sur ses terres (on se demande d'ailleurs comment il fait pour ne pas perdre ses terres...)

13 octobre 2006

Chère Collègue et très chère amie,

Quel honneur d'être délégué en hypokhâgne, plus encore à tes côtés. Tu es gentille, gentille gentille =) Je n'oublie pas que tu es une fabuleuse amie d'internat qui comprends, dieu sait que c'est dur, le sens de l'humour déconcertant de Baptiste et moi-même. Toujours présente, même quand tu es en manque de sommeil pour cause de vitamines, ton sense of humour est oFTen (si si, oFTen) implacable et réconfortant. Et même dans les pires épreuves, je pense notamment à certains plats principaux le soir à la cantine, tu ne le perds pas ce sourire.

08 octobre 2006

Proverbe Hypokhâgneux (ou plutôt de nos profs') :

" Si un jour tu es amputé d'une jambe, ne t'inquiète pas car tu pourras aller en cours le lendemain, il te restera toujours un bras pour écrire "

06 octobre 2006

Par la force des choses…

On ne peut pas ne pas évoquer Patrick K***. Mon Dieu ! Non, on ne le peut pas ! Professeur de philosophie, philosophe tout simplement, fanatique parmi les fanatiques de Gilles Deleuze (oh oui Deleuze, c’est bon Deleuuuuze !). En bref, une légende vivante.


Mode d’emploi de la légende :

- arriver juste un peu après la sonnerie, façon d’entretenir l’espoir collectif d’une absence (Règle #1 : le K*** ne sera jamais malade, il pense la maladie)

- entrer de manière fracassante dans le vif du sujet ; commencer son cours par « Ce n’est pas l’ontologie que l’on trouve…. » ou encore « Sartre n’est pas un existentialiste… » ou encore « SOCRATE, C’EST LE QU’EST-CE QUE ! » (Règle #2 : le K*** aime le concret et concrétise sa pensée par des tirades inintelligible pour les hypokhâgneux)

- poser une question en apparence simple mais dans le fond très subtile afin de détruire systématiquement toute courageuse réponse hypokhâgneuse, pour finalement revenir à la première réponse donnée (Règle #3 : le K*** n’aime pas les hypokhâgneux parce qu’ils sont trop intelligents, le K*** voudrait des hypokhâgneux bêtes parce qu’eux au moins répondraient bêtement à ses questions. L’hypokhâgneux n’est pas assez concret.)

- bien connaître ses références (LE Gorgias, Deleuze, Sartre), parvenir à évoquer n’importe qu’elle sujet et le problématiser de manière philosophique. Exemple : un avis d’auditeur entendu sur RTL, les Téléteubies (« comme transposition de la non-violence dans la temporalité ») mais également un homme qui s’étouffe avec un sac plastique, comme « expression de sa liberté » (« c’est beau non ?! ») (Règle #4 : le K*** c’est : PROBLEME – CONCEPT – ALTENATIVE – OU BIEN ! OU BIEN ! )

- justement, exprimer l’alternative. C’est : ou bien, ou bien. (en martelant le bureau de son avant bras) (Règle #5 : le K*** aime l’alternative, on l’aime nettement moins)

- donner des sujets qui font d’abord sourire, ensuite désespérer et qui inspirent enfin une copie de désespéré. Premier sujet : « Sentir ». Deuxième sujet : « l’âme et le corps »… A voir. (Règle #6 : le K*** est très inspiré dans ses formulations : « Superficiel. Ce serait beau comme sujet, « Superficiel »…)

- remercier les hypokhâgneux pour leur « attention » tout au long des heures de cours. No comment. (Règle #7 : le K*** pense que ses cours nous éclairent, alors qu’ils nous plongent dans un brouillard ontologique tel qu’aucune phénoménologie ne pourrait décrire.


Terminons par une caricature d’une réplique récurrente de M. K*** par J., grand khâgneux de l’internat :

« J’ai expliqué la philosophie de Sartre à des maternelles… et contrairement à vous, ils m’ont tout de suite rétorqué qu’il existait une faille dans la dignité ontologique du sujet. »
Ahhh…« l’intégration »

Préambule

Notre cher parlement national a eu la bonne idée, voici de cela presque 10 ans, de prémunir les classes de première année contre le bizutage de leurs illustres aînés. Mais à loi votée, terme changé. En qualité d’hypokhâgneux, nous n’avons donc pas eu droit au traditionnel « bizutage » mais à une « soirée d’intégration » ; le terme est dorénavant plus commode bien que le principe soit à peu de chose près (très près) resté identique. De quoi perpétuer une tradition bien française et qui égaye le centre de nos villes universitaires le temps de quelques semaines. A quoi on eu droit les nancéens de la part des khâgneux de Poinca’ ? Réponse dans ce qui suite…

« Enivrez-vous… »

Décidément, les littéraires ne sont pas comme toutes les autres espèces de préparationnaires. Loin de la barbarie, de l’humiliation et du trash d’autres « soirées d’intégration », je dois avouer que nos aînés ont plus réfléchi que la normale (khâgneux oblige) et nous ont concocté un programme des plus sympathiques : « un fabuliste sachant fabuler ne fabule jamais sans son fabuleux costume ». De quoi se casser la tête un week-end entre une version latine et un peu de français !
Bref, j’ai revêtu un grand drap faisant office de toge avec un chapeau melon ( ?!) et j’ai rejoins devant la lycée la troupe de joyeux bizuts, le bûcheron, le hippie, le peintre en bâtiment, pierette, le corbeau, le loup… et le toutouyoutou ! (Très convaincant d’ailleurs le toutouyoutou, avec un « 118 218 : SOS proverbes » très en rapport avec le thème !)
Ainsi déguisés, nous avons du lire des pages de poésie ou de grandes textes littéraires à des passants. Certains devaient déclamer des pages « grivoises » de Sade, je m’estimais donc heureux avec mon poème en prose de Baudelaire (« Enivrez-vous »).


Alors que Florian et Thibaut se mettaient en jambe avec leur passage de Ionesco, hurlant au centre de la place Stanislas « VIVRE !!!!!!!!! VIVRE !!!!!!!!!!!! » (Plus un bruit bien sûr Place Stan’…), je me spécialisais à la Pépinière dans la lecture en courant, aux joggers et aux cyclistes. J’ai aussi déclamé quelques lignes à des italiens, tout béas évidemment face à la beauté de notre langue. Un jogger a également commencé à sprinter alors que j’entamais le poème ; j’ai abandonné après 50m de course…
Un peu coincé au début, je me suis laissé totalement prendre au jeu ! Et quel jeu ! Je crois que tout le monde s’est éclaté ce jour là ! Merci les khâgneux ;)


La soirée s’est bien sûr finie en beauté à « L’irlandais », bar pittoresque parmi les pittoresques non loin de Poinca’, avec notamment l’élection de nos parrains/marraines (nos « carrés ») Encore une fois, heureux veinard, je tombe sur (façon de parler) la meilleure marraine possible (que je salue au passage). A la vue de cette soirée géniale, on peut dire que le bizutage dans des proportions mesurées c’est : EXCELLENT ! (Et puis de toute façon, on « risque » de se venger l’an prochain…)

01 octobre 2006

Prologue

Quelques jours après le début des cours, je me suis demandé si je devais (re)commencer un nouveau blog afin de relater notre trépidante vie d’hypokhâgneux à Henri Poincaré. Question difficile, pour plusieurs raisons. La première d’entre elle étant qu’un blog digne de ce nom requiert un minimum de temps. La seconde, de savoir comment refléter l’Hypokhâgne pour les non-initiés et les-persuadés-de-savoir-ce-que-c’est alors qu’on sait véritablement ce qu’est une classe préparatoire lorsqu’on y est véritablement. Enfin, la troisième raison, c’est d’avoir envie de tenir un tel blog !
Je me décide finalement à inaugurer un énième blog, un de plus pour moi-même et un de plus dans la blogosphère hypokhâgneuse.

Avertissement :

Ceux qui s’attendent à des lamentations en pagaille, des supplications et des exclamations suicidaires, passez votre chemin ! L’hypokhâgne n’est pas un camp de concentration, halte aux idées reçues ! C’est vrai qu’il y a des jours où... mais non...
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