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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





04 janvier 2009

Une journée dans les pensées de Yannick à la Sorbonne (Par Baptiste)

A mon poussin.

Je veux que tous mes potes puissent s'y retrouver
Je veux pouvoir les garder près de moi
Les regarder 12 mois par an…


NTM, That’s my people.




4h30. Je me lève. Ma nuit a été longue et reposante, pas comme ces foutus soirs à l’internat de Poincaré où j’entendais pêle-mêle de la musique classiques, des bandes originales de films ou de la techno, parfois les trois à la fois. Ici, à Paris, la ville est bruyante mais mon appartement est calme. Mon colocataire bien aimé, qui a toujours envie de faire du latin, lui, n’aime pas non plus les dérangements intempestifs. Notre entente est donc parfaite. Si je me lève aussi tôt, c’est qu’il faut du temps pour prendre les 8 lignes de métro et la ligne 2 du RER qui me permettent d’atteindre la Sorbonne en moins de 2 heures de temps. C’est un peu gênant parfois, mais c’est le prix à payer pour habiter Paris à un coût presque raisonnable.

7h00. Les transports en commun étaient en grève, j’ai donc pris un Vélib pour me rendre à la Sorbonne, et pour ne pas payer, les prix à Paris étant prohibitifs, je pédale à toute vitesse d’une borne Vélib à l’autre en empruntant à chaque fois un nouveau vélo, les trente premières minutes étant gratuites. C’est un peu fatiguant, mais il faut savoir faire des sacrifices pour vivre dans la capitale. Vilains fonctionnaires… Avec un peu de chance, j’arriverai à la Sorbonne à l’heure…

8h07. Ouf, le cours d’étude des manuscrits juifs écrits en Latin dans la période impériale romaine post-Néron n’a pas encore commencé. Je ne trouve pas de place dans l’amphi qui est déjà bondé. Je suis donc obligé de m’asseoir sur les escaliers, à côté de deux normaliens qui jouent à se poser des colles en traduction directe de l’hébreu au latin. Ces gens me font peur, je n’entends rien à ce que le professeur raconte. En plus le cours est en allemand, mais ce n’est pas grave, il faut se dire que tout ceci n’est qu’un petit désagrément et qu’il faut bien en passer par là si l’on veut être pleinement parisien. Je suis fier de souffrir pour ma nouvelle ville natale, qui a vu mon accent se diluer dans le sien, cosmopolite entre tous, et entre tout.

Midi. Pour des raisons financières, je ne mange pas, le jambon-beurre à la cafétéria de la Sorbonne coûtant près de dix euros. C’est aussi pour cela que c’est si beau Paris. Ce n’est pas grave, pour oublier mon estomac vide, je contemple le Panthéon non loin et me plais à me demander si, parmi ces touristes, certains parviennent à parler grec ancien couramment. Ici, pour s’amuser, on fait du thème, après nos vingt heures de cours hebdomadaires. C’est qu’à la Sorbonne, on sait vivre, pas comme à Nancy où je devais faire du Latin tout seul dans ma chambre (au mieux) ou dans une salle (à cause de… enfin…). J’ai toujours envie de faire du Latin et ici on ne me prend pas pour un fou. C’est fabuleux…

16h. Mes cours sont terminés. J’ai deux versions de Latin à faire pour le lendemain, trois thèmes grecs et une version d’Anglais que je risque encore de majorer grâce aux précieux conseils de M. G. (la collocation…). Finalement, pour réussir son Anglais en Lettres Classiques à la Sorbonne, il suffit d’être un colocataire doué en collocation. Que c’est bon d’avoir autant de travail à faire, je pensais vraiment que cela ne serait plus possible après la prépa. Par bonheur, je me trompais…

18h. Après être rentré à l’appart, petite discussion avec mon colocataire pour convenir du menu du soir. Je passe donc à toute vitesse au Monoprix juste en face de chez moi pour acquérir deux boîtes de raviolis Buitoni à 6 euros l’unité. C’est un peu excessif, mais ce sont les excès qui font le charme de Paris.

18h10. Je mange en finissant ma deuxième version de Latin. Il y aura un peu de sauce tomate sur l’en-tête de ma copie mais la prof ne se souciera sûrement pas de ça, elle appréciera sûrement l’audace que j’ai eue en transformant un participe présent en adjectif, du moins je l’espère…

20 h. J’allume mon PC et évidemment, mon cher Baptiste connecté. Je l’appelle par l’intermédiaire de Skype. Il est en train d’écouter NTM, chose courante depuis le concert que nous avons été voir ensemble. Il n’a eu que deux heures de cours, ses autres professeurs étaient absents. Je lui explique combien Paris est merveilleuse, mais que mes photos sans lui n’ont plus la même saveur. A Paris, personne ne veut se laisser prendre en photo ; c’est un point négatif c’est vrai, de ne plus pouvoir toquer à la porte d’a côté pour y trouver un individu égocentrique à cette seule fin.

23 h. Après avoir fini cette masse de travail, j’écoute à mon tour Seine Saint Denis Style… J’ouvre un Budé négligemment posé là… Une ou deux pages de petit Latin et je me glisse sous ma couette… Ce silence, ce calme… Quelquefois, le vacarme me manquerait presque… mais c’est si beau Paris…





Une journée dans les pensées de Baptiste à Nancy II (Par Yannick)


Si les chars ne passent pas, envoyez la légion !






Il est 14h du matin, je suis allongé dans mon lit, la tête calée contre mon oreiller, ma journée d'étudiant commence : j'allume ma Nintendo DS. C'est un nouveau jeu, avec des extraterrestres et des énigmes. Mon ventre se manifeste, il faut que je passe à la petite boulangerie qui fait des croissants noix de coco ; il faudra aussi aller chez Shopi pour acheter du jus multivitaminé de grande marque _ vraiment terrible ce jus_ et des pâtes. Sacrément coriace, cet extraterrestre. Hop ! Hop, niveau suivant. C'est marrant comme jeu !

14h06. Je contemple la photo de moi que Yannick avait prise un soir à l'internat et que j'ai depuis laissée agrandir au format A 12. J'aime quand il me shoot. Je suis un peu déçu cependant, il a pris 8546 photos en (hypo)khâgne et j'apparais seulement sur 7682.

14h15. Zut, je ne suis pas sûr mais je crois que j'ai cours à 15h. On ne soupçonne pas la difficulté des cours en fac : impossible de retenir son emploi du temps quand on ne sèche jamais les mêmes cours de semaines en semaines ! Il faut vraiment que je me discipline : je dois respecter mon programme de sèchage. C'est ça, l'auto-coercition de l'étudiant.

14h22. Enfin je me souviens, c'est un CM de Littérature de la Renaissance, j'ai dû y aller une fois. C'est nul la Renaissance, on ne parle jamais de Louis Ferdinand Céline. Et de toute façon, je dois encore terminer 3 niveaux de mon jeu pour obtenir le Megadézingueur 8000. Je ne sais pas ce que c'est... mais ça m'a l'air beaucoup plus intéressant que ce truc sur la grammaire du XVIème !

15h15. J'ai préféré aller au Shopi, finalement, m'acheter des Chips. J'y retournerai peut-être plus tard pour le jus de fruit et les pâtes, je ne suis pas pressé.

15h55. J'arrive tout de même à la fac pour mon TD de Latin qui débute à 16h. Je suis bousculé par un anarchiste avec d'énormes dreads et des habits rapiécés, en train de danser au milieu du chemin au son d'une grosse radio. Les gens ne font pas attention à ce type mais me regardent bizarrement, avec hostilité et mépris : je crois qu'ils savent que je viens de prépa. En me rendant à la salle, je repousse deux syndicalistes de l'UNEF puis un militant de la LCR et enfin un stalino-colissimo-léniniste, qui me proposaient tous de faire grève. A Nancy, il faut dire que l'UE Libre « Grève et manifestation » est très populaire.

16h45. Le cours est déjà terminé. C'est vraiment difficile la fac : je dispose de bien trop de temps pour réfléchir à ce que je ne vais pas faire.

16h46. Les autres ex-khâgneux échoués avec moi en fac m'invectivent parce que je ne fais rien. Eux, ils prétendent garder le même rythme qu'en prépa ! Eh, quoi ?! Moi aussi ! Je me dépasse tous les jours pour faire encore moins qu'en (hypo)khâgne !

22h45. Je repère sur eBay un original des carnets de cuisine appartenant à la grande-tante de Louis Ferdinand Céline, où il avait passé 2 jours en 1923. C'est un peu cher, mais « c'est un bel objet ». Ce document pourrait m'aider à trouver un sujet de mémoire sur mon auteur préféré. Mais sûrement qu'un travail du type «dans l'assiette de Louis Ferdinand Céline» a déjà été réalisé...

22h57. Je m'embête un peu depuis que j'habite tout seul et que je n'ai plus mon voisin préféré. Pourquoi vouloir partir à Paris ? On est très bien à Nancy ! Il s'y passe toujours quelque chose. D'ailleurs, il faut que je dise à Yannick qu'une pizzeria a ouvert à 30m de chez moi et qu'elle livre gratuitement. Je me demande si je préfère le chorizo ou la mozzarella. Pourquoi ne pas commander les deux ? Les journées d'un étudiant sont bien plus éprouvantes qu'il n'y paraît. On croit que la fac après la prépa c'est la plage et en fait...

23h16. Ah ! Je regrette la khâgne ! Si j'avais su, j'aurais khûbé !

23h17. Ah ! Qu'est ce qu'on peut en dire comme conneries quand on aime pas la fac...

23h49. Le Roy débarque chez moi, il a encore une dissert de philo à finir pour le lendemain. D'ailleurs, « finir » n'est pas le mot juste. Car après tout, il y a certaines choses qui ne changeront jamais, vous connaissez l'histoire ! Yannick m'appelle : je crois qu'à cette heure il serait mieux à Nancy en train de manger des boulettes de viande à la sauce tomate avec nous. Mais non ! Il a voulu plancher sur les versions de langues anciennes de la Sorbonne ! Et en plus, il vit à Paris ! J'ai bien regardé les émissions d'information de TF1, et apparemment, le XVème arrondissement, c'est la jungle. Il y a des prostituées, des interpellations, et des manifestations à tous les coins de rue !

0h14. Nous sommes concentrés sur le sujet de la dissert'...

0h15..... malheureusement pour lui Puissance Catch vient de débuter. Je propose donc la problématique suivante : ou bien Stone Cold Steve Austin va l'emporter sur Chris Jericho ou bien le prochain Pepper View sera tout à l'avantage de Shawn Michael. Dans tous les cas, Platon et Jean-Paul passent par dessus la troisième corde... Je suis tout de même content de ne plus être en prépa : maintenant, au moins, j'ai tout loisir de me cultiver. Le Roy a bien du courage d'envisager de rendre ces disserts ! Le prof de philo de khâgne est vraiment bizarre en plus : il ne veut pas d'attaque, juste des copies ch...

0h47. Mine de rien, cette journée bien remplie était épuisante. Le Roy est du même avis et décide de rester dormir chez moi. Je me demande quels croissants nous irons chercher demain matin : les noix de coco ou les triples choco orange ? Il a presque de la chance d'être en prépa, il ne se rend pas compte combien la fac, c'est fatiguant...

17 octobre 2008

Idée éclair, Monkeyzomimytique, nous ne savons si elle sera réalisable, s’il convient qu’elle le soit.

Qui serait partant pour une rencontre entre bloggeurs (hypo)khâgneux, anciens et nouveaux ?

A Paris. Resterait à définir où, quand, pourquoi, comment.

Des suggestions ? Des remarques ? Des critiques ? Pensez-vous qu'il est inutile/incongru/inopportun que des personnalités bloggesques, virtuelles, prennent chair dans le "réel" ? (mer**, philosopherais-je ?)

J'attends vos commentaires.

20 septembre 2008

40 000






Eramus ergo eramus ?

NOOoooooooo ! ! !

SUMUS ERGO SUMUS !


40 000 pages vues depuis janvier 2007, merci à vous tous, fidèles parmi les fidèles, anciens, nouveaux et futurs, khûbes, khâgneux, hypokhâgneux et hyperkhûbes…




Semper Monkey’z hK !








Coming Mox.

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06 septembre 2008

Brève post-khâgneuse (Par Baptiste)


L’histoire qui va vous être contée est (fortement) inspirée de faits réels. Cependant, pour conserver l’anonymat des protagonistes, nous avons décidé de les nommer par leurs initiales.



Nous sommes le 4 septembre 2008. Il est 13h30 lorsque mon téléphone portable sonne. D’un coup d’œil, j’identifie l’appelant : G. (Impossible de le reconnaître n’est ce pas, avec cette initiale ?). Curieusement, des souvenirs précis de l’emploi du temps de l’an dernier me reviennent : nous sommes jeudi et le jeudi de 13 h à 14 h, nous n’avions pas cours. Le Roy me ferait-il l’honneur d’un appel de courtoisie ?

Mais le monde de la Khâgne semble avoir connu quelques changements, et non des moindres puisque une fois mon téléphone décroché, j’entends cette voix bien connue qui me dit : « Euuuh, Baptiste, tu ne saurais pas par hasard où est le prof d’Anglais ? ». Et moi de rétorquer que je suis bien en peine de savoir où il se trouve, puisque cette heure n’existait même pas dans nos « occupatio » de l’an dernier.

Alors s’ouvre une séquence nostalgique car notre bon Roy (vous voyez maintenant de qui je veux parler), peu avare de crédit téléphonique, me fait partager quelques minutes sa recherche de la salle, envisageant même une jurisprudence selon laquelle tout retard trop important à un premier cours dispense l’élève de se rendre à celui-ci…

L’impression de déjà-vu était si forte que je n’eus pas beaucoup de mal à ajouter l’image au son du téléphone ; une expression de panique légère sur le visage, un pas élégamment empressé et la majesté définitivement royale, post khâgne et ad vitam aeternam… Heureusement, dans le Monde Merveilleux du Roy, tout (ou presque) se termine toujours bien. Le professeur recherché finit par être localisé, malgré l’ignorance de l’administration même de la salle (en effet, les CPE n’avaient pu renseigner le Roy) et notre cher G me demanda finalement : « Bon, tu crois que j’y vais ou pas ? ». « Eh bien, vas-y et tu n’auras qu’à lui dire que tu viens (en retard) de ma part. ». Nul ne sait si la recommandation fut appliquée mais il flottait chez moi comme un léger parfum de Khâgne retrouvée… Guilhem serait-il donc une madeleine proustienne de la Khâgne ?


Baptiste

03 septembre 2008

Les aventures extraordinaires de Baptistophon et Yaniclès

Lire ou relire : I II III

IV. Koppistica delenda est. Sed vivet Koppistica !


[Accusé de souiller la Cité, Patricus Koppus Alternativus est en passe d’être capturé par le peuple furieux. Son amie, la grande prêtresse Sophididias, vient à son secours et lui propose de quitter l’âge Romain grâce à un sortilège. Il pourrait enfin vivre dans une époque qui tolérerait la discipline qu’il enseigne, la Koppistique. Quant à nos deux amici, Baptistophon et Yaniclès, toujours cachés derrière une colonne, ils digèrent avec peine le repas infligé par le cuisinier Poulèrisottos et assistent à cette grande conversation… L’intransigeant Alternativus sera-t-il convaincu par Sophididias ? Et surtout, qu’adviendra t-il de nos deux amis ? ]




Sur un cheval au galop, un homme vêtu de pourpre et d’une armure étincelante se frayait un chemin dans la masse et subjuguait tous les regards. C’était l’historien et Imperator Scipion Paquinus, vainqueur de l’alliance Numido-babylonienne, auréolé de prestige. Il parvint devant la porte du temple de l’Alternative ; à ses pieds, la plèbe se taisait religieusement. En ces termes, l’Imperator parla : « Ecoutez, jeunes gens, Rome est un état souverain quoi, on va pas se laisser gouverner par ce marchand d’Alternative sive machin sive truc chouette ! Je prends avec moi 10 légions, 200 hommes quoi, et je vais faire des petits rondins de son palais à 3 sesterces ! 120 drachmes en gros, 120 drachmes ! Vous êtes avec moi ? ». La plèbe impatiente acquiesça comme un seul homme et dans un désordre indescriptible, l’assaut sauvage fut livré.

Pendant ce temps, au sein de ces murailles vouées à céder à Rome, Sophididias ne perdait pas espoir de convaincre Alternativus : à tout prix, il fallait partir. La Ville toute entière voulait l’étriper, exposer sa toge rose décapitée ad exemplum sur le Forum, Alternativus pourtant ne voulait rien entendre. Et nos deux amici, témoins plus qu’acteurs de cette histoire, restaient cachés aux premières loges, tapis derrière une colonne. En vérité, à cet instant précis, il n’y avait pas grand-chose à faire : prisonniers du palais assiégé, leurs tripes étaient sans doute condamnées à servir de guirlande sur des pics aux Forum. Baptistophon en profitait donc pour digérer bruyamment, malgré les 4 Spasfons qu’il avait avalés, remède béotien séculaire, afin de soulager son estomac. « Yaniclès, tu as encore quelques dinosaurus ? J’ai faim. ». « Contente toi de glander, ça sent le souffre ici ».

« L’alternative n’est pas décapitée, elle vit, elle vivra pour ceux qui y croient ! » clamait le maître de la Koppistique. Mais de partout la foule s’engouffrait dans le palais, la moindre brèche vomissait des armes, des flambeaux hargneux. Les rares esclaves défenseurs de la place étaient tombés, égorgés, presque déchiquetés au milieu de hurlements furieux. Le bon Poulèrisottos ne remarqua même pas qu’on le démembrait, qu’on se battait autour de lui pour lui arracher un bout de chair : son dévouement à l’alcool avait prévenu toute douleur. Inconscient, sa mort fût douce, instantanée. Aux Enfers, Perséphone et Hadès entendraient maintenant des fables celtes, qui ne commenceraient jamais par « il était une fois… » mais par « un jour, j’étais complètement bourré… ».

Non loin de là, Sophididias persistait, malgré tout : « Alternativus, je te ferai partir parce que cette époque n’est pas faite pour toi ! Déjà en Grèce Antique, en Atlantide, souviens toi, tu avais provoqué quelques problèmes… je vais demander au dieu de te transporter à nouveau dans un autre âge, où la Koppistique sera cette fois-ci comprise… peut-être comprise…
- N’y aurait-il donc plus d’alternative ? Je veux bien m’y résoudre mais à une seule condition, chère Sophididias, si tu m’accompagnes !
- Eh bien je t’accompagnerai : cette époque décadente m’insupporte de toute façon, nos auteurs sont devenus insipides… Là bas, j’enseignerai notre littérature, j’enseignerai nos textes. Oui, mon ami, je serai obsédée des textes ! Allons-y »

Sophididias ferma les yeux, tendit les bras et prononça ces paroles sacrées, les seules qui pouvaient sauver Alternativus : « Achka vara tibi khâgna » ! « ACHKA VARA TIBI KHAGNA » !

Une lumière vive surgit, envahit la salle. Et ce fut tout. Des volutes de fumée s’ébrouaient dans la pièce, l’air devint opaque. Quand elles se dissipèrent, Patrickus Koppus Alternativus et Sophididias avaient disparu, sans doute emportés vers cette autre époque, plus compréhensive, plus propice à l’expression de la Koppistique.

Mais où donc étaient Baptistophon et Yaniclès ? Car ils ne se trouvaient plus derrière leur colonne, pas plus que dans les murs du palais. Peut-être bien qu’ils voguaient, eux aussi, vers cette autre époque…

Les hommes de la caverne rasèrent le palais et comme à Carthage, épandirent des tonnes de sel afin que jamais plus, le sol ne soit fécond. Scipion Paquinus, fraîchement élu consul pour deux… trois… mettons cinq ans… donna l’ordre de détruire tous les manuscrits qui faisaient état de l’œuvre d’Alternativus, toutes les inscriptions qui portaient son tria nomina. Quelques années plus tard, Rome avait chassé de sa mémoire le maître de la Koppistique.

Tous ignoraient qu’Ailleurs, très loin, la Koppistique vivait, dans un temps et un lieu sacré…


Ainsi s’achèvent les aventures extraordinaires de Baptistophon et Yaniclès, du moins à Rome...





Bônus.





Baptist(ophon) et Yanic(lès)




Photos prises par le K. armé de mon appareil, 9 avril 2008






Série de clichés intitulée Photokhôlpp, réalisée en hypokhâgne (il y a bien longtemps maintenant) toujours par le K. Baptiste passait sa deuxième khôle de philosophie. Sujet : La routine. C'est beau ça, la routine !
Baptiste a jugé ces photos suffisamment expressives pour ne pas les commenter...












See you mox.
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11 août 2008

Platonique Ta Mère (P T M) - Le pur attique dans les veines


inédit






Il aurait fallu enregistrer ce titre, créer un myspace, et pourquoi pas filmer un embryon de clip… Parce que la khâgne impériale ne nous a pas laissé beaucoup du temps pour mixer du gros son antique, le projet ne s’est pas vraiment concrétisé. Mais le texte est bien là, je viens tout juste de le relire et je ne peux envisager de ne pas le publier ici, dans le temple de notre Khâgne. PTM, c’est quelques heures à travailler, c’est beaucoup de fous rires ; et c’est peut-être le prototype du rap érudit ! Pour la petite histoire, l’instrumentale qui correspond à ce texte est la version de Seine Saint-Denis Style par IV my people, sur l’album NTM Le clash round 2. Je tiens à remercier Maeva et Baptiste, qui ont interprété avec moi ces paroles en petit comité, ainsi que Pierre K., notre spécialiste en rap pas forcément érudit, qui m’a bien aidé dans ma recherche d’instrumentales… Qu’on se le dise : « Platon aux platines, de Marathon à Platées, P T M imprime le rythme antique sur ta rétine ».




P T M

Le pur attique dans les veines…

P T M ! P T M !


« Connais toi toi-même » clamait haut et fort Socrate

Du coup je veux être un helléniste comme Brasillach

Au moment de boire la ciguë putain ils ne l’ont pas loupé

Corrupteur de la jeunesse, P T M va exceller

Notre volonté au climax on déchaîne notre milice

Sur le bout des doigts décliner frux frugis

Platon aux Platines

De Marathon à Platées

P T M imprime le rythme antique sur ta rétine

Pas de violence juste le heurt des mots

Toujours prêt à ouvrir le Gaffiot

Mon seul but faire une version en or massif

Et pas de frêle esquif

Bancal

Pas de traduction frugale

Méticuleux précis mais élégant

Intuition je transcende les temps

Les années

Y a pas le temps de traîner

Midi moins une encore mon brouillon à recopier

Sonnerie sans crispations

J’entends l’air d’une chanson

Cicéron aujourd’hui serait plus orateur mais rockeur

Car en 2008 les discours politiques sont sans saveur

Les basses tonnent et ça bounce dans la plèbe

Ca bastonne aux portes de la Khâgne entre futurs éphèbes

Tout ce que je veux

Briser à l’aise les verrous d’un aoriste thématique

Agile comme un brise glace en mer Baltique


Des cernes sous les yeux, de la fatigue pour deux, c’est SEE CERNE and SUN pour le khâgneux…


On sort pas tous les soirs se mettre notre race endémique

Fais péter le son, scande Horace en musique

C’est ça le sacré, nous prend pas pour des hérétiques

Hystériques

11h30 je suis en colère

Aussi brûlant que les plaques d’une cuisinière

Je cuisine mon thème latin avec Geoges Edon

Putain, Felix c’est tout de même le patron

Faut encore que je transpose du Montaigne en latin

Vas y utilise la prose de Cicéron et pas de Quintilien

MC Ciceron te vise et te shoot

Tu sais, maîtriser le Gaffiot, c’est une longue route



Embarqué dans le lustre illustre

On lit moins l’Equipe magazine que Salluste

Pas question de traduire n’importe quoi mais du Démosthène

Chaque jour sous perfusion le pur attique dans les veines

Perclus le soir dans mon lit je me dis que je ne fais pas tout ça en vain

Derrière tout ça y a peut-être des ordres divins

Et quoi encore tu crois que tu es béni des dieux ?

T’as juste gagné le droit de plus dormir

Et de faire au monde tes adieux



Souffrir

Non, mais avancer

J’explose comme l’aoriste dans une subordonnée

Je ne suis ni borné ni fanatique

C’est juste qu’on n’ait pas trouvé d’antidote

Mon cerveau fuse à cent à l’heure comme dans une cocotte

Depuis que mes amicos et moi on écoute P T M

Le gros son qui bounce à Rome et Athènes

Plus rien n’est comme avant

Mais Khâgneux à vie

Putain, ça me va comme un gant…



Ecoute le son qui bounce, écoute les leçons des Anciens

Cicéron de combat, toujours d’actu à l’heure des trains

Tu ne viens pas d’Attique ni de Béotie

T’es de nulle part et partout

Tu viens de Khâgne aussi

Jamais ne brise tes racines comme beaucoup...









23 juillet 2008

Les aventures extraordinaires de Baptistophon et Yaniclès


III. Des sangliers, une grande prêtresse et des sandales



[Arrivés au temple de l’Alternative, Baptistophon et Yaniclès ont rencontré pour la première fois Alternativus, le maître de la Koppistique, une étrange discipline philosophique qui fait grand débat à Rome. Ils peuvent espérer être admis dans cette école, non sans avoir rempli au préalable un dossier d’inscription. Problème : il est midi passé et nos deux amici ont très faim. Dans le vaste palais, il s’agit maintenant de trouver les cuisines…]



Le palais de Patricus Koppus Alternativus était grand, très grand. Heureusement, des panneaux directionnels guidaient le visiteur non initié. Par là, 20m à droite, ce sont les thermes. Plus loin, 30m à gauche en prenant l’escalier parallèle au sol, ce sont des salles de cours. En dessous, par un escalier qui s’enfonce en montant à droite, c’est une manufacture de toge. Enfin, à 50m et après avoir franchi plusieurs carrefours, Baptistophon et Yaniclès parvinrent aux cuisines, qui se trouvaient tout à côté du bureau de recrutement, facilement identifiable grâce à la pancarte en marbre: « Pas d’alternative : engagez vous ! ». Les estomacs, usés par la longue marche, grondaient. Les deux amis décidèrent, dans le consensus général, de faire taire leurs ventres respectifs avant de compléter les bulletins d’adhésion à l’école Koppistique.


Tout au fond des cuisines, un homme imposant s’affairait à la préparation d’un sanglier, sculptant la carcasse à grands coups de couteau. Du sang giclait et la toge couverte de tripes, l’homme, débonnaire et chaleureux, se présenta. Nos deux amici apprirent qu’il se nommait Poulèrisottos, un esclave celte, du massif des Vosges, affranchi par Alternativus mais resté à son service. « Poulèrisottos vobis salutem dat, peregrinatores ! Vous êtes nos invités mais vous ne trouverez rien ici pour sustentez votre estomac, il n’y a guère que du vin… et bien sûr, de la nourriture pour votre esprit ! Au menu aujourd’hui, une œuvre de ce stoïcien flambeur, Sénèque me semble t’il ». Un rire aussi gras que le bonhomme emplit la pièce ; Poulèrisottos décocha alors une tape dans le dos de nos amis, qui supportèrent la caresse et s’abstinrent de répondre : « haha ! ça marche à tous les coups ! Je rigole, il ne faut pas trop se prendre au sérieux, surtout chez Alternativus : la nourriture est au congelator, mais avant tout, que désirez-vous boire, mes amis ? ».


Les estomacs se rassuraient, le repas était fastueux, Baptistophon négociait un quatrième sanglier, Yaniclès était surpris parce que des danseuses n’agrémentaient pas le repas, et tous deux refusaient avec peine le vin brut proposé par Poulèrisottos. Ce dernier, déçu, esquissait invariablement une grimace puis avalait d’une traite le contenu du verre ; il était fidèle, sans doute, au précepte de « non gaspillage », sacré pour les Celtes. Une fois les assiettes vidées, ils pourraient enfin envisager de remplir ces formulaires.


Et tout à coup ! Des cris, des éclats de voix, le martèlement d’une armée de pas, résonnèrent dans le palais. Soudainement, la cohue passa dans l’allée centrale et à travers l’embrasure de la porte de la cuisine, on ne vit qu’un éclair. Le bruit s’éteingnit. Une seule image restait imprimée, la vision d’une femme, dégageant un charme mystérieux, vêtue de tissus précieux. Son parfum capiteux couvrait même l’odeur de sanglier grillé. Yaniclès se précipita dans le couloir, la cohorte avait disparu, l’air était à nouveau calme. Il pressa le cuisinier de questions :
« Dis-moi, vénérable et très bon Poulèrisottos, qui est cette femme ?
- Tu es bien curieux, mais je vais te répondre. Celle que tu as vue n’est autre que Sophididias, grande prêtresse et présidente de l’association Ni Pythie Ni Soumise. On rapporte qu’elle aurait séduit Apollon en personne alors qu’Auguste la convoitait ardemment ! C’est du moins ce qu’a raconté le frivole Ovide, à se demander pourquoi il a été exilé… »

Restait à savoir la raison de sa présence dans le temple de l’Alternative.

C’est alors qu’une rumeur assourdissante se fit entendre, au lointain, accompagnée d’une marée de petites tâches noires qui se répandaient dans les champs autour du palais et coulaient entre les collines. Eparpillés et purulents, des points rougeoyants tanguaient au gré du mouvement de cette vague. C’était la plèbe, enragée, convergeant vers le temple de l’Alternative. « Cela ne me dit rien qui vaille, dit Poulèrisottos, allons trouver le Maître, il trouvera bien une alternative ».

Ignorant l’épopée digestive qui bataillait dans leurs estomacs, nos deux amis filèrent à toute allure trouver le maître de la Koppistique. Poulèrisottos, allumé par le vin de Thessalie et cependant maître dans l’art de paraître absolument sobre, les suivait de près ; il fût néanmoins distancé et finalement perdu dans la grande allée centrale, assommé en pleine course par sa volonté pieuse de ne gaspiller aucune goutte de vin. Haletants et la panse bouleversée, Baptistophon et Yaniclès se blottirent discrètement derrière une colonne, au premières loges pour observer la scène qui se jouait. Alternativus et Sophididias était en grande conversation.

« Alternativus, mon ami, il te faut partir ! Rome veut la peau de ta toge. On dit que tu as souillé la cité : toutes les créatures de Jupiter naissent rose fluo ! »
- Sophididias, je ne crains ni Rome, ni la Cité… Tiens, c’est beau ça : ni… ni… NEVE ! NEVE ! … Je ne fuirai donc pas ! Pourquoi crois-tu que je porte des sandales ?
- Parce que tu crois à l’immortalité de l’âme, je le sais très bien ! C’est le titre de ton dialogue eschatologique, De la mort heureuse les pieds chaussés. Mais l’alternative est décapitée, tu dois partir. Je te ferai partir. »



[Suite et fin, bientôt]



Les épisodes précédents

I. Un homme de talent, son ami dorien et des points de suspension

II. Des crocodiles, des courtisanes et de l'Alternative

29 juin 2008

Res Gestae


Panorama de nos derniers faits d'armes de khâgneux, dans les murs du lycée...


Jouer au ping-pong avec un Gaffiot






J'ai dit : AVEC !








Graisser les portes du lycée











Ecrire une ode à notre sémillant professeur d'anglais...


Mais d'abord, la source de notre inspiration :


POEM by Roger McGough


Las Vegas

Crass Vegas

Nothing can surpass, Vegas


Las Vegas

Brass Vegas

Where they paint the grass green, Vegas


Las Vegas

Alas, Vegas

Head in the oven, switch on the gas, Vegas





POEM by 8645


Las Vegas

Plexiglas

Take a glass, Vegas


Michel Jonasz

Joins the party Baas

In Iraq there's no grass, Vegas


Joint de culasse

Goffart is super classe

Take a tie, eat a tapas, Vegas




Proposer un devis de réhabilitation des chambres 201, 203 et 205 en loft au terrible mais sympathique CPE chargé de l’internat... (envoyé par la Poste... nous ne sommes pas encore fous !)


Zoom





Ce que nous n'avons pas mené à bien faute de temps : dormir une nuit dans une salle de cours, faire faire un tour de manège à Félix Gaffiot et Actus Man (OU BIEN dans un camion de pompier ou BIEN sur le dos de San Goku)...


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23 juin 2008

A l’horizon



L’internat est maintenant vide de ses khâgneux, je ferme une dernière fois la porte de ma chambre en synchronisation parfaite avec Baptiste. Hier, c’était la dernière douche, et le dernier ceci, le dernier cela. Et les dernières errances de l’objectif à travers les murs secrets du lycée. Je voudrais rapporter une anecdote croustillante, comme aux grandes heures, mais je n’en trouve pas, je n’en trouve plus. La khâgne, totale, mourante et défigurée, expire enfin.

Ultime soirée, dans les Vosges et parmi les Vosgiens. Les khâgneux sont là, presque tous. 3h du matin, on se dit « au revoir, à bientôt » sans croire que l’on prononce vraiment ces paroles, sans croire que c’est bien un « au revoir ». Le chemin unique, soudé pendant deux ans, implose en une multiplicité de trajectoires. Merci, merci à vous tous ! Merci à vous, lecteurs, à vos commentaires, à vos mails, à vos encouragements. Et merci, surtout, à vous qui êtes la matière ce blog, mes amis khâgneux, mes khâmarades, tous ces mots et toutes ces photos existent grâce à vous…












Il aurait pu y avoir un « Monkey’z (h)K3 » dans l’optique d’une année de khûbage. Il aurait pu y avoir un « Monkey’z Semper HK », comme je l’avais pensé, mais je n’ai guère envie de me résigner à la commémoration d’une époque révolue. Il n’y aura pas de déshypokhâgnisation à la manière d’une déstalinisation : tout est bien là et le restera. En revanche, il est fort probable que nous poursuivions « Monkey’z (h)K », en publiant des textes sur la réinsertion des khâgneux dans le monde des vivants. Il serait également dommage de ne pas faire profiter les lecteurs fidèles et rôdés à la mythologie du blog de nombreux écrits et photos encore inédites (car il y en a un bon paquet).

Et nunc ? Baptiste va semble t-il couler des jours paisibles en Lettres Modernes à la fac de Nancy tout en digérant les thèses médicales du Docteur Destouches, alias Louis Ferdinand Céline ; mais il le dira mieux que moi. Quant-à moi, j’ai demandé un transfert de dossier à Paris IV en Lettres Classiques : mais cela, c’est une autre histoire !



21 juin 2008

Tir au but au bout de la nuit (Par Baptiste)


A se demander s’il n’est finalement pas plus facile de sortir d’un Euro que d’une Khâgne. Les joueurs de l’équipe de France n’ont pas été confrontés à notre problème. Non, eux ils sont partis comme ça, brutalement, après trois brefs coups de sifflet d’un arbitre slovaque (je pourrais dire italo-slovaque mais ça ferait jaser). On ne les avait pas prévenus de la date de leur départ, même si certains ont du commencé à douter quelque peu, après les Pays-Bas…

En ce qui nous concerne, elle était prévue depuis belle lurette, je ne saurais vous l’indiquer avec exactitude mais je me souviens que lors d’un cours de Français, nous avions coché le 16 juin, en nous disant que « de toute façon, à cette date-là, il n’y aura plus rien à faire » et que l’ « on sera parti bien avant ».

Oui et non. Il est vrai que, lorsque les Saturnales sont terminées, le Khâgneux que je suis a pu éprouver une certaine finitude, voire une sorte de soulagement d’avoir « bouclé » cette tâche rituelle, en même temps que l’obtention, somme toute satisfaisante, de son année de licence.

Mais personne ne veut partir bien avant. C’est pourquoi le quatrième but des Pays-Bas ne m’a fait ni chaud ni froid, à moi, moi qui ai pourtant suivi dans la salle télé du lycée ou dans ma propre salle télé (grâce à un valeureux adaptateur TNT USB) tant de matches avec passion, parfois au détriment je dois l’admettre, de mon voisin de chambre qui était obligé de s’aventurer dans les confins du bâtiment pour trouver un peu de calme… Après tout, qu’est ce que ça pouvait faire de perdre l’équipe de France pour un mois ou deux, le temps qu’elle se reconstruise, elle en retrouvera bien une, de compétition internationale…

Mais le khâgneux, lui, ne retrouve plus « sa » Khâgne, même s’il khûbe… Equipe de France, Khâgneux, même combat : c’est bel et bien la fin d’une époque… Le joueur que je suis va être transféré du FC Khâgne à l’Association Sportive de la Fac sans indemnité de transfert, et pour cause, nous y sommes forcés. Mais alors que certains tentent leur chance dans les grands clubs (ah, Paris, le Real Sorbonne ou le Sorbonne United), d’autres se cantonnent pour une année encore à leur province plus modeste, en se demandant s’ils oseront un jour franchir le cap.

Pourquoi le Khâgneux ne veut-il pas partir ? Beau sujet, qui mériterait d’être maintes et maintes fois débattu. Sûrement parce que, quand il part, il est débarrassé de toutes les contraintes qui pouvaient peser sur lui quelques semaines auparavant et qu’il ne veut retenir que les bons moments… Je me souviendrai donc de cette dernière nuit où j’allai une ultime fois saluer le Roy en tentant d’emporter avec moi quelques morceaux de cette atmosphère emprunte de musique classique. Je me souviendrai aussi pour longtemps de ce République Tchèque – Turquie où Yannick prévenu par mes soins accourt pour constater la remontée des Turcs (menés 2-0, revenus à 2-2) et n’arrive dans la salle que pour entrevoir leur victoire. Le Khâgneux est-il dans la situation du Tchèque, pourrions nous nous demander ? Très certainement. Il s’imagine trop longtemps pouvoir mener le jeu avant d’être emporté par lui, et de perdre. Mais là où il y a encore un point commun avec le football (et il n’est pas négligeable), c’est que le Khâgneux profitera de son expérience, plus tard…

Partir, parce qu’on a trop envie de rester aurai-je pu dire. Mais c’eût été malhonnête. Il faudrait dire alors : partir alors qu’on aurait peut-être pu rester, mais qu’on ne le souhaite pas. C’est moins facile à retenir. Mais alors que faire ? Evoquer le futur ne me semble pas indispensable à cet instant, je préfère remercier ces deux ans pour toutes les émotions qu’ils ont pu me procurer, ce blog, son propriétaire et en cet instant je voudrais avoir une pensée émue pour ces gens de l’internat qui ont égayé mon année. Je clos donc cet article en remerciant Monsieur Nicolas N. qui s’est révélé plus sympathique que ses prises de positions politiques (il n’y a pas que dans le football que l’on peut chambrer, qu’il me pardonne), Monsieur Pierre K. pour sa musique, sa bonne humeur et cette danse si caractéristique, Mademoiselle Fanny B. pour m’avoir gentiment cédé sa cinémathèque, Messieurs Benoit C. et Benjamin V., les économistes et je ne veux pas conclure cette liste un peu longue (mais nécéssaire) sans citer particulièrement un futur journaliste de « l’Equipe » Monsieur Anael A. à qui je dois le foot dans le couloir, les pizzas, les matches, le Droit de Savoir avec Jojo le lapin et bien d’autres choses… Et évidemment, Maeva, Charlotte, le Roy et mon cher Yannick.

Ce n’est peut-être pas mon dernier article sur ce blog, mais je pense que ce sera le seul à atteindre cette longueur, peut-être parce que l’essentiel y a été dit et qu’il va falloir passer à de nouvelles aventures…


la vie passe… le sang passe… il emmène… (Conclusion de Féerie pour une autre fois)










Baptiste.
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13 juin 2008

Saturnalia


Avant




Réponse du sémillant prof’ d’anglais, inscrite sur le bulletin de participation aux Saturnales, à la question « Participerez-vous à la soirée ? » : « Oui, hélas ».


En quoi consistent les Saturnales ? Je l’avais expliqué en grande pompe l’an passé, c'est-à-dire avant-hier sur l’échelle de l’espace temps prépa, mais je crois bon de procéder à un petit rappel. Il s’agit d’un repas entre les maîtres et disciples (hypo)khâgneux, qui clôture habituellement l’année, suivi d’un spectacle où les profs se voient croqués dans l’emphase de leurs manies intellectuelles et de leurs tics langagiers. Les Saturnales, on y pense depuis la fin du spectacle des anciens khârrés et toute l’année, on en a parlé. On dispose d’idées de sketch à n’en plus finir, tellement les inspirations sont prolixes, de quoi monter trois spectacles différents. Un gendarme règle la circulation des idées lors des premières réunions, au milieu d’une pluie d’éclats de voix qui cherchent toutes à parler le plus fort. Les inspirations se mêlent, se croisent et se chamaillent dans une ambiance de colonie de vacances ; mais on finit par s’accorder, à force de consensus, sur une intrigue globale (qui recoupe généralement des éléments qu’on avait évincé avant de dégrossir une première fois). Et tout cela, avant et pendant le khônkhôurs de l’ENS.

On remarque très vite que le spectacle représenté aux Saturnales est avant toute chose marqué par un Esprit. Chaque promo est différente et entretient des rapports différents avec les professeurs, avec le système prépa. Il y a bien une histoire commune, malgré tout, transcendant les individualités. Et on ne sent que cela tout au long de la pièce.

Cette année, c’était donc notre tour. Personne ne voulait se louper. Du coup, nous avons mobilisé des artifices hollywoodiens ou presque et une idée novatrice : intégrer au spectacle une séquence vidéo, avec tous les problèmes que cela pose ; Filmer, faire le travail de montage (confié à une sympathique personne que je salue au passage) et surtout, projeter le jour S. Ces images seront des parodies de pub mettant en scène les remarquables manies des profs, source intarissable de mimèsis et de plaisanterie :

« Michel G., what else ? »
« Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas, sauf pour Patrick K. »
« Les lingettes pampers, inspirées par Rabelais, crées par Pampers » […]


Bref résumé de l’intrigue. Le Roy, dans son propre rôle, arrive du fond du fond de la salle et s’assoit juste devant l’espace où nous jouons, une télécommande à la main. Bruit de changement de chaîne TV, nos profs sont mis en scène dans les émissions du petit écran. Dans Plus belle la khâgne, le prof d’histoire disparaît mystérieusement. Est-ce le prof d’allemand qui a fait le coup ? Puis vient l’heure de Fort Khâgnard et des énigmes tordues du prof de française d’hypo, de Brouillon de Khûbe, et de Ca se diskhûte, consacré aux troubles comportementaux des professeurs. Mon cher Baptiste incarne notre prof de philo d’hK pendant que j’incarne son double maléfique : le K. Et ainsi de suite. 1h15 de représentation, sans essoufflement. Et dix jours d’intense préparation, des dizaines de minutes cumulées de frictions et de disputes, de doutes, de ras-le-bol. Mais surtout, des heures de rire…

Après

« On voudrait être en khâgne rien que pour cet instant-là »

Et cet instant a racheté tout le reste. Toute la pression est retombée lorsque je suis entré sur scène et que j’ai senti que la mayonnaise, qui nous avait tant coûté les derniers jours, prenait, et plus encore. Jouissif et délicieux, de faire rire avec la matière tirée de cet univers terrible, sans aucune méchanceté ni ressentiment.

Et le spectacle s’est terminé, sous les applaudissements ; la salle s’est vidée, au gré des effusions de critiques positives. Je me souviens du prof de philo, qui m’explique en 3 parties pourquoi il a été séduit par notre prestation… Nous avons plu, c’est l’essentiel, surtout que je crois que nous avons pris énormément de plaisir à jouer. Notre khâgne prend donc fin avec cette expérience théâtrale, inédite pour beaucoup d’entre nous, heureux d’ « avoir assuré ».






[…]



J’aurais voulu écrire l’euphorie du moment absorbé par le moment, les mots affleuraient. Aucune grande phrase, juste les mots saillants, des impressions incandescentes. Magique, soirée magique de part en part, mais c’est si peu de le dire maintenant avec des mots fades et profanes. Je me souviens du K., à table, qui nous rappelle pourquoi le type se préoccupant de sa plante des pieds croit à l’immortalité de l’âme. Le spectacle qu’on déroule parfaitement, la chaleur du jeu d’acteur, le succès insolent des parodies de pubs. Plus tard dans la nuit, nous étions entre khâgneux, une des dernières soirées entre khâgneux… Une boîte de nuit pour nous seuls, un mercredi soir à Nancy, tous sont là. Et Elle, enfin, mon Amour...


09 juin 2008

Khâgneux (en voie de réinsertion)



Khâgneux, on le restera toujours un peu, même si je ne sais pas si l’on peut dire que nos racines sont nées et serpentent uniquement dans ces deux années. Après tout, on y fait que passer, laissant une modeste emprunte, comme tant d’autres. Personne ne niera cependant, pas même les inexpugnables réfractaires au système, que cette époque agit comme un révélateur, violent révélateur qui porte non seulement à incandescence tous nos caractères secrets et endormis jusqu’à lors, mais éclaire aussi des connaissances qui seraient demeurées inaccessibles. Des dizaines de portes ont été enfoncées, il s’agit d’explorer maintenant les vastes pièces obscures qu’elles verrouillaient. Mon appétit est ouvert, voilà pourquoi nous je n’aurai jamais de repos.

Le glas sonne sur les restes de l’empire Khâgne, si despotique au temps de son apogée. C’était un lent déclin, après les heures furieuses de révision avant concours, ce n’est plus qu’une lente agonie, qu’on imagine sans fin. L’expression « la fin d’année » n’a aucun sens car la Khâgne, dépouille dépouillée de sa substance avec la fin des épreuves, mis en bière avec les honneurs, ne vit plus que dans nos cœurs, parce qu’il y avait les amis et un parfum unique et surtout, ce chemin intime que chacun s’est tracé. J’ai grandi, « et ici plus qu’ailleurs ». Je citerai ces paroles du K., qui allument tout de même quelque fierté d’avoir, plus ou moins, survécu :

« Il arrivent, tout petits tout moches, on les éduque et ça devient du khâgneux hyperbolique, du beau khâgneux. »

Une « mélancolie éreintée », je ne saurais trouver de meilleur concept pour qualifier la voix de cet article et de mes derniers textes. Pourtant, je ne suis pas triste d’en finir. Pas même nostalgique. Peut-être le deuil s’est-il déjà passé dans quelque recoin de mon esprit. Peut-être parce que j’ai su voir, enfin, qu’il y aurait quelque chose après. C’est juste que je suis fatigué, physiquement, et on l’est tous, et que je sais qu’une grande époque se meurt. Elle a déjà un pied dans le Souvenir. Je veillerai à ce qu’elle ne se dilue pas dans le Léthé.

Mais c’en est fini de ces mots mélancoliques ! Dire cet état d’esprit « mélancoliquement éreinté » est certes important pour moi, car c’est aussi étape de ma vie de khâgneux, mais ce n’est pas tout. Il y aura encore d’autres articles, et plus enjoués : je n’oublie pas qu’il nous reste quelques faits d’armes à accomplir…



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31 mai 2008

Les aventures extraordinaires de Baptistophon et Yaniclès…


II. Des crocodiles, des courtisanes et de l’Alternative


[Après avoir pérégriné sur la place publique toute la matinée, Baptistophon et Yaniclès se mirent en route vers le palais de celui dont le nom bruissait partout : Patricus Koppus Alternativus, mystérieux maître de la science koppistique. L’édifice qui lui servait d’académie, gigantesque, narguait les collines Romaines. Vers midi, enfin, ils arrivèrent en vue du fronton du temple de l’Alternative…]



Les deux silhouettes de nos amicos progressaient maintenant dans l’immense allée centrale jalonnée d’imposantes colonnes en marbre de Salonique. De grandes salles décorées avec une emphase croissante s’ouvraient de part et d’autre. Baptistophon aperçut dans l’une d’elle une cage en or massif où deux crocodiles se disputaient des morceaux de chair sanguinolents. Dans une autre, Yaniclès vit des dizaines de femmes parmi les plus belles de Rome, se prélassant sur des coussins de soie au bord d’un bassin en platine. Ils parvinrent au bout de l’allée ; une ouverture dans le toit (velux, ucis) permettait de voir le coton du ciel nuageux qui tourbillonnait. Tout au centre et dominant la pièce, un trône tout confort perché sur une estrade. De chaque côté, deux fauves, pareils à des statues de pierre, se tenaient assis enchaînés par le cou. La toge rose fit irruption. Nos deux compagnons s’inclinèrent, les fauves excités rugissaient. « OU BIEN ! OU BIEN ! SILENCE ! ». Gravé sur le socle du trône, on distinguait l’inscription suivante : « Deus sive Natura sive quodcumque vultis ». (Dieu ou la Nature ou bien Ce Que Vous Voulez). Alors, ce fut une nouvelle aurore, le soleil trancha subitement le ciel. Un souffle divin semblait balayer la masse nuageuse qui se dissipait ; les rayons solaires, s’infiltrant par la brèche dans le toit du palais, convergèrent tous vers le trône et l’illuminèrent.

Fracassant le silence, les plis de la toge du maître s’embrassaient dans une sorte de froissement originel. Un rose si éclatant semblait outrager l’astre Soleil. Et puis, la voix du maître s’éleva : « je suis Patrickus Koppus Alternativus ou bien Maître de la science koppistique ou bien Qui vous voulez. Quels augures vous amènent en ce lieu sacré, en ce temps sacré ? ».

« A vrai dire, répondit Yaniclès, la rumeur de votre nom et de vos préceptes hante le forum depuis de longs jours. Nous venons donc en disciples à la source de votre science alternative, car c’est bien comme cela qu’on la nomme, n’est ce pas ? ». Le maître gagna le trône, les nuages fermèrent le ciel sur le soleil. Il considéra nos deux amis, debout face à lui mais minuscules dans le prolongement de l’immensité de cette allée. Il ne disait mot. Ses bras entamèrent une étrange danse, la main se tendant tantôt dans une direction, tantôt l’autre main dans un autre sens. Ces gestes amples rappelaient ceux d’un mime. Et toujours pesait un silence digne du forum un dimanche.

Baptistophon rompit la danse d’Alternativus : « dites moi, ô maître de la koppistique ou bien ce que vous voulez, vous avez quelque chose à manger ou bien à grignoter, je sais pas, de la terrine de… ». De manière à peine dissimulée, Yaniclès lança son coude dans les reins de son ami pour le faire taire. Totalement absorbé, le maître s’excitait, ouvrant les bras, bombant le torse. Sa tête tremblait légèrement, les yeux fermés et tournés vers le ciel, comme s’il attendait l’impact de la foudre de Jupiter. Et il attendait. Et rien ne se passait. Un temps. L’estomac de Baptistophon tonna mais dans le ciel, toujours rien ne se passait. Alternativus quitta brusquement sa posture mystique. « Allez voir dans les cuisines, vous m’êtes bien sympathiques mes amis ; peut-être pourriez vous devenir mes disciples mais avant tout il y a un formulaire à remplir. Vous le trouverez au bureau des inscriptions, à côté de la salle d’eau avec les femmes… ». Et Yaniclès interloqué de dire : « elles sont à vous ces femmes, non parce que… ». Ce fut au tour de Baptistophon de lui décocher un coup de coude.


[à suivre]


[ I. Un homme de talent, son ami dorien et des points de suspension ]

26 mai 2008

Khûber.


C’est l’heure de se poser la question fatidique, c’est enfin l’heure de s’engouffrer dans une période de profond doute ontologique. Ne me demandez pas pourquoi j’évoque le terme « ontologie », c’est juste que je l’aime beaucoup. Placez-le dans n’importe quelle conversation, des yeux ou bien dubitatifs ou bien hostiles vous transperceront ; mais c’est parfois tellement agréable d’être considéré comme une étrange bestiole venue des confins de l’univers. La planète Khâgne 2008 par exemple. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à nos khûbes. Car l’heure est grave. Il va falloir choisir : To khûbe or not to be. Khûber ou ne pas être. Quand je disais que l’heure était grave…

« Je khûbe ».

Voilà un titre d’article qui aurait fait sensation et qui n’aurait pas manqué de piquer les esprits des (hypo)khâgneux et de tous ceux qui savent ce qu’impliquent une année de khûbing. Ou bien de khûbage. « Alors là, vous allez me dire » (pour rendre hommage aux termes qui ont scandé notre année de philosophie) est-il vraiment décidé à khûber, enfin, à khûber ontologiquement ? Et pour répondre précisément à cette question qui vous tourmente, chers lecteurs, je m’empresse d’exposer toutes les bonnes raisons qui pousseraient UN khâgneux à khûber ontologiquement.

Première bonne raison, et pas des moindres, on peut rater le concours de l’ENS une deuxième fois. Mais en théorie on peut aussi l’avoir, c’est vrai.

Deuxième excellente raison, et comme j’avais pu l’exposer dans un précédent article, on peut continuer à dire qu’on est actuellement en Khâgne au lieu de conjuguer dès à présent le verbe être en khâgne à l’imparfait duratif. Ou plutôt ici à l’imparfait digestif : il va falloir accepter d’avoir été en khâgne et de ne plus y être.

Signer pour un surcroît de Khâgne permet, en outre, de ne toujours pas se spécialiser et de continuer à ne pas perfectionner les options qu’on a déjà à moitié délaissées au cours des deux premières années.


Quatrième bonne raison, continuer à jouir d’un rythme de vie inédit en France, où l’organisme humain régule la circulation de 5 antibiotiques différents tout en collectionnant des maladies rares et sournoises.

Dernière bonne raison, on pourrait en trouver mille autres mais il faut savoir s’arrêter (n’est-ce pas ?), khûber permet au khâgneux de faire plaisir à ses professeurs. Des professeurs tout à fait objectifs, la plupart du temps, et qui laissent une totale liberté de choix au khâgneux indécis ou résolu à s’arrêter alors qu’il en est encore temps : « NE PAS KHUBER serait la plus grande ERREUR de votre vie ». (Propos rapportés par une khâgneuse anonyme de la khâgne vers… d’une khâgne inconnue… que je salue au passage !). J’ai pu entendre aussi : « n’allez pas en Fac, ne donnez pas de confiture aux cochons », qui ferait un très bon slogan pour une pub de prévention contre ce fléau, ce problème de santé publique qu’est l’université.

Comme vous pouvez le constater, il n’y aurait donc que des bonnes raisons pour signer une troisième année dans cet enfer doré.

Toutefois, les paroles les plus sages que j’ai pu entendre sont celles de ma prof’ de latin d’hK : « si vous avez une chance au concours, il serait dommage de ne pas khûber. Ce concours se prépare sur trois ans ! ». Je me rappelle aussi du discours de notre sémillant prof d’anglais : « quand on khûbe, il faut vraiment savoir ce que l’on fait. ». Je n’oublie pas non plus qu’après ces mots, il a évoqué sans transition les suicides de plusieurs anciens khâgneux convertis au khûbing. Parmi eux, un optionnaire philo ; pas étonnant.

Oui, il faut vraiment savoir ce que l’on fait si l’on khûbe. Etre pénétré d’éléments de l’Idée du Khûbe idéal. Je ne pense pas que cette solution soit profitable à l’optionnaire de Lettres Classiques que je suis, qui a immensément besoin de se consacrer à ses matières. La prépa m’a donné beaucoup et peut-être n’a-t-elle plus rien à m’offrir. Une grande période s’achève et je veux qu’elle s’achève maintenant. Ne pas prolonger le contrat uniquement pour le prolonger. Ces deux années de classe préparatoire ne sont jamais qu’un tremplin.

J’ai pris mon élan, d’autres horizons s’ouvrent, ici ou ailleurs. Et la route est encore longue.


Je ne serai sans doute pas khûbe. Mais je serai, ontologiquement, ailleurs. Vers de nouvelles aventures…










25 mai 2008

Tropiques




Le concours est terminé. Bouclé. Achevé. Pesé. Et nous voilà bientôt au seuil de Juin, dernier mois d’une Khâgne rendue méconnaissable : plus d’impératifs, plus de DS, plus de polycopiés, on a peine à y croire. Que va-t-on faire de tout ce temps libre ? L’ordre du monde ou bien Logos ou bien Ce que vous voulez est-il menacé ? On quittera l’internat le 16 juin, définitivement. Le temps de la khâgne s’arrêtera à ce moment, pas avant, surtout pas après.

Quelques mots griffonnés, au sortir d’une épreuve : Atmosphère moite, horizon fermé, les mains poisseuses sentent la barre énergétique dégoupillée à la hâte. Aucun soupir, résignation totale, l’encre tombe à verse sur les copies concours à petits carreaux, que je trouve vraiment inconfortables. Un nuage crève et les idées crépitent sur la jungle luxuriante des brouillons. Où est le bon filon, la veine de l’inspiration originale ? Sueurs. […]

J’ai lisais d’anciens articles de ce blog à Baptiste, nonchalamment étendu sur son lit. Une chose m’a frappé : le style. Les phrases d’il y a un an étaient amples, gonflées par une plume rêveuse qui se laisse emporter, soignées par des mots fleuris. Le temps de l’hypokhâgne, candide, se pensait infini et comme ces phrases, respirait profondément. Maintenant, les mots rechignent à dilater les paragraphes, le style est économe, austère, moins enthousiaste. Les phrases se sont petit à petit contractées, sèchement. La fatigue ne laissait plus s’envoler leurs mouvements. Les mots aussi, étaient prisonniers de cet enfer doré.



Mais il faudrait parler du concours : le Khônkhours. Dire beaucoup de choses à son sujet, le personnifier. Il n’était pas si méchant que cela, bien que pompeux par moments, parfait dans son rôle d’invité encombrant qui ne veut plus vous quitter ; en plein milieu de l’après midi et toujours à table. Agaçant parfois, parce que trois parties ne sautaient pas aux yeux de façon évidente. Surtout la troisième. Doué d’un certain sens de l’humour, indéniablement, lorsqu’il cachait l’intitulé du sujet de philo, minuscule, au milieu des longues recommandations d’usage : L’égalité.

Les khâgneux n’ont pas éprouvé le concours de façon univoque et je ne veux trahir les impressions de personne. Je dirai donc « je » : je me suis battu. C’est tout ce qui compte. Et pourtant, une terrible piqûre d’humilité endolorit le sentiment d’en avoir fini. Cette aiguille douloureuse ne nous fera certainement pas de mal avant de gagner les bancs de la Fac : deux ans de travail et l’ENS au bout, deux ans de préparation à un combat raffiné et au bout, un massacre à l’arme lourde. Rien n’est acquis, au contraire, nous avons tout à prouver.

Bannir les points d’interrogation et respirer, regarder au loin. Bannir ces phrases qui n’espèrent pas. Dormir, surtout dormir.


Une pensée pour tous ces corps éreintés, ces esprits érodés par les flots de révisions, ces nerfs rabotés par les lames du stress. Khâgneux, vous avez survécu. Ou presque.









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