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IV. Koppistica delenda est. Sed vivet Koppistica !
[Accusé de souiller la Cité, Patricus Koppus Alternativus est en passe d’être capturé par le peuple furieux. Son amie, la grande prêtresse Sophididias, vient à son secours et lui propose de quitter l’âge Romain grâce à un sortilège. Il pourrait enfin vivre dans une époque qui tolérerait la discipline qu’il enseigne, la Koppistique. Quant à nos deux amici, Baptistophon et Yaniclès, toujours cachés derrière une colonne, ils digèrent avec peine le repas infligé par le cuisinier Poulèrisottos et assistent à cette grande conversation… L’intransigeant Alternativus sera-t-il convaincu par Sophididias ? Et surtout, qu’adviendra t-il de nos deux amis ? ]

Sur un cheval au galop, un homme vêtu de pourpre et d’une armure étincelante se frayait un chemin dans la masse et subjuguait tous les regards. C’était l’historien et Imperator Scipion Paquinus, vainqueur de l’alliance Numido-babylonienne, auréolé de prestige. Il parvint devant la porte du temple de l’Alternative ; à ses pieds, la plèbe se taisait religieusement. En ces termes, l’Imperator parla : « Ecoutez, jeunes gens, Rome est un état souverain quoi, on va pas se laisser gouverner par ce marchand d’Alternative sive machin sive truc chouette ! Je prends avec moi 10 légions, 200 hommes quoi, et je vais faire des petits rondins de son palais à 3 sesterces ! 120 drachmes en gros, 120 drachmes ! Vous êtes avec moi ? ». La plèbe impatiente acquiesça comme un seul homme et dans un désordre indescriptible, l’assaut sauvage fut livré.
Pendant ce temps, au sein de ces murailles vouées à céder à Rome, Sophididias ne perdait pas espoir de convaincre Alternativus : à tout prix, il fallait partir. La Ville toute entière voulait l’étriper, exposer sa toge rose décapitée ad exemplum sur le Forum, Alternativus pourtant ne voulait rien entendre. Et nos deux amici, témoins plus qu’acteurs de cette histoire, restaient cachés aux premières loges, tapis derrière une colonne. En vérité, à cet instant précis, il n’y avait pas grand-chose à faire : prisonniers du palais assiégé, leurs tripes étaient sans doute condamnées à servir de guirlande sur des pics aux Forum. Baptistophon en profitait donc pour digérer bruyamment, malgré les 4 Spasfons qu’il avait avalés, remède béotien séculaire, afin de soulager son estomac. « Yaniclès, tu as encore quelques dinosaurus ? J’ai faim. ». « Contente toi de glander, ça sent le souffre ici ».
« L’alternative n’est pas décapitée, elle vit, elle vivra pour ceux qui y croient ! » clamait le maître de la Koppistique. Mais de partout la foule s’engouffrait dans le palais, la moindre brèche vomissait des armes, des flambeaux hargneux. Les rares esclaves défenseurs de la place étaient tombés, égorgés, presque déchiquetés au milieu de hurlements furieux. Le bon Poulèrisottos ne remarqua même pas qu’on le démembrait, qu’on se battait autour de lui pour lui arracher un bout de chair : son dévouement à l’alcool avait prévenu toute douleur. Inconscient, sa mort fût douce, instantanée. Aux Enfers, Perséphone et Hadès entendraient maintenant des fables celtes, qui ne commenceraient jamais par « il était une fois… » mais par « un jour, j’étais complètement bourré… ».
Non loin de là, Sophididias persistait, malgré tout : « Alternativus, je te ferai partir parce que cette époque n’est pas faite pour toi ! Déjà en Grèce Antique, en Atlantide, souviens toi, tu avais provoqué quelques problèmes… je vais demander au dieu de te transporter à nouveau dans un autre âge, où la Koppistique sera cette fois-ci comprise… peut-être comprise…
- N’y aurait-il donc plus d’alternative ? Je veux bien m’y résoudre mais à une seule condition, chère Sophididias, si tu m’accompagnes !
- Eh bien je t’accompagnerai : cette époque décadente m’insupporte de toute façon, nos auteurs sont devenus insipides… Là bas, j’enseignerai notre littérature, j’enseignerai nos textes. Oui, mon ami, je serai obsédée des textes ! Allons-y »
Sophididias ferma les yeux, tendit les bras et prononça ces paroles sacrées, les seules qui pouvaient sauver Alternativus : « Achka vara tibi khâgna » ! « ACHKA VARA TIBI KHAGNA » !
Une lumière vive surgit, envahit la salle. Et ce fut tout. Des volutes de fumée s’ébrouaient dans la pièce, l’air devint opaque. Quand elles se dissipèrent, Patrickus Koppus Alternativus et Sophididias avaient disparu, sans doute emportés vers cette autre époque, plus compréhensive, plus propice à l’expression de la Koppistique.
Mais où donc étaient Baptistophon et Yaniclès ? Car ils ne se trouvaient plus derrière leur colonne, pas plus que dans les murs du palais. Peut-être bien qu’ils voguaient, eux aussi, vers cette autre époque…
Les hommes de la caverne rasèrent le palais et comme à Carthage, épandirent des tonnes de sel afin que jamais plus, le sol ne soit fécond. Scipion Paquinus, fraîchement élu consul pour deux… trois… mettons cinq ans… donna l’ordre de détruire tous les manuscrits qui faisaient état de l’œuvre d’Alternativus, toutes les inscriptions qui portaient son tria nomina. Quelques années plus tard, Rome avait chassé de sa mémoire le maître de la Koppistique.
Tous ignoraient qu’Ailleurs, très loin, la Koppistique vivait, dans un temps et un lieu sacré…
Ainsi s’achèvent les aventures extraordinaires de Baptistophon et Yaniclès, du moins à Rome...
Bônus.


See you mox.
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3 Comments:
force et honneur !
Baptiste je réponds ici à votre SMS sympathique,
merci pour ce feuilleton, merci pour les images, merci et bravo pour tout,
quand venez vous me rendre visite ?
envoyez un mail !
(ps : une toge décapitée ?....
et Paquinus n'aurait jamais été à la tête d'une foule pour tuer alternativus.... invraisemblance donc....)
et si alternativus est parti, il est vraisemblable que ce ne soit pas dans le futur, on m'a dit l'avoir vu à Patmos contemplant l'Aurore bien avant la naissance de Socrate, ou il se nommait Patrikos Koppos theoretikos quand à Sophiedidios, elle esacaladait quelque mont grec, toge blanche et casque d'argent, un long bouclier à la main.....
Heraclite demandait à les voir.... theoretikos lui répondit
"ce n'est pas un homme qu'il faut voir, mais l'Aurore..." ayant ainsi parlé, il se remit à prier Athena, la déesse chère à son coeur...
seuls Batistophon et Yanicles eurent droit à une visite, mais ceci est une autre histoire.....
La boucle est bouclée, merci pour votre analyse et après tout, fin "alternative"... Mais l'important n'est-il pas que la koppistique vive ?!
Nous nous reverrons mox je l'espère... et n'oubliez pas le 20 septembre !
le 20 septembre est le jour où les dieux nous ont donné la chance de choisir notre destin, et, après le choix, nous ont immergé dans le fleuve de l'oubli de nos autres vies antérieures....
mais ceci est une autre histoire....
devinez où je serai le 20 septembre....
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