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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





25 mai 2008

Tropiques




Le concours est terminé. Bouclé. Achevé. Pesé. Et nous voilà bientôt au seuil de Juin, dernier mois d’une Khâgne rendue méconnaissable : plus d’impératifs, plus de DS, plus de polycopiés, on a peine à y croire. Que va-t-on faire de tout ce temps libre ? L’ordre du monde ou bien Logos ou bien Ce que vous voulez est-il menacé ? On quittera l’internat le 16 juin, définitivement. Le temps de la khâgne s’arrêtera à ce moment, pas avant, surtout pas après.

Quelques mots griffonnés, au sortir d’une épreuve : Atmosphère moite, horizon fermé, les mains poisseuses sentent la barre énergétique dégoupillée à la hâte. Aucun soupir, résignation totale, l’encre tombe à verse sur les copies concours à petits carreaux, que je trouve vraiment inconfortables. Un nuage crève et les idées crépitent sur la jungle luxuriante des brouillons. Où est le bon filon, la veine de l’inspiration originale ? Sueurs. […]

J’ai lisais d’anciens articles de ce blog à Baptiste, nonchalamment étendu sur son lit. Une chose m’a frappé : le style. Les phrases d’il y a un an étaient amples, gonflées par une plume rêveuse qui se laisse emporter, soignées par des mots fleuris. Le temps de l’hypokhâgne, candide, se pensait infini et comme ces phrases, respirait profondément. Maintenant, les mots rechignent à dilater les paragraphes, le style est économe, austère, moins enthousiaste. Les phrases se sont petit à petit contractées, sèchement. La fatigue ne laissait plus s’envoler leurs mouvements. Les mots aussi, étaient prisonniers de cet enfer doré.



Mais il faudrait parler du concours : le Khônkhours. Dire beaucoup de choses à son sujet, le personnifier. Il n’était pas si méchant que cela, bien que pompeux par moments, parfait dans son rôle d’invité encombrant qui ne veut plus vous quitter ; en plein milieu de l’après midi et toujours à table. Agaçant parfois, parce que trois parties ne sautaient pas aux yeux de façon évidente. Surtout la troisième. Doué d’un certain sens de l’humour, indéniablement, lorsqu’il cachait l’intitulé du sujet de philo, minuscule, au milieu des longues recommandations d’usage : L’égalité.

Les khâgneux n’ont pas éprouvé le concours de façon univoque et je ne veux trahir les impressions de personne. Je dirai donc « je » : je me suis battu. C’est tout ce qui compte. Et pourtant, une terrible piqûre d’humilité endolorit le sentiment d’en avoir fini. Cette aiguille douloureuse ne nous fera certainement pas de mal avant de gagner les bancs de la Fac : deux ans de travail et l’ENS au bout, deux ans de préparation à un combat raffiné et au bout, un massacre à l’arme lourde. Rien n’est acquis, au contraire, nous avons tout à prouver.

Bannir les points d’interrogation et respirer, regarder au loin. Bannir ces phrases qui n’espèrent pas. Dormir, surtout dormir.


Une pensée pour tous ces corps éreintés, ces esprits érodés par les flots de révisions, ces nerfs rabotés par les lames du stress. Khâgneux, vous avez survécu. Ou presque.









10 Comments:

Anonymous inci said...

Ton article est beau. Je ne veux pas en dire davantage, de peur de chasser cette impression qui m'a saisie à sa lecture.
Et la dernière photo de ton article, je l'aime. Vraiment.

25/5/08 19:22  
Anonymous Elise said...

C'est avec une petite pointe de nostalgie que je prends conscience qu'il n'y a pas que cette Khâgne qui va s'achever... ce blog va perdre son but (décrire la vie (hypo)khâgneuse) et par conséquent les articles se feront de plus en plus rares. Je n'oublie pourtant pas que c'est avec joie que j'ai pu découvrir votre petit univers et j'espère que tu publieras des photos prises le soir du 11 juin. A bientôt...

25/5/08 21:14  
Blogger zED said...

Inci > Merci ! (je ne sais plus la formule de remerciement en latin... si tu pouvais m'éclairer !)

Elise > il y aura nécessairement d'autres buts et peut-être un autre blog... (j'ai quelques idées sur le feu, je n'en dis pas plus) Je ne te promets rien pour les photos du 11 juin, en tous les cas, tu pourras les voir à l'internat ; ) Il y aura sans doute pas mal de photos dans les derniers articles du "tempus Khâgnae". Les lecteurs/lectrices assidu(e)s seront récompensé(e)s !

25/5/08 22:19  
Anonymous Aleks said...

Comme Elise, je regrette cette fin de khâgne comme annonçant la fin du blog... mais un autre serait en prévision ? Le khâgneux débarqué en fac, ou mieux, peut-être le blog d'un normalien ? ^^

(en tout cas, très bel article au bon parfum de mélancolie éreintée)

26/5/08 13:25  
Blogger zED said...

Aucun "blog normalien" en vue me concernant (il ne faudrait pas rêver hein, c'est un des pires concours de France !) En revanche, je connais une certaine bloggeuse de Ver... Ok ok, TACEO !

Mélancolie éreintée, j'adore ce concept ! Et il correspond tout à fait.

26/5/08 16:48  
Anonymous Anonyme said...

Oh mais je n'y comprends plus rien !
Deux articles plus bas, j'avais cru entendre que tu envisageais de khûber...
Et là, visiblement - ou plutôt, lisiblement -, tu me sembles en route vers la fac... !

26/5/08 21:15  
Blogger zED said...

J'avais simplement livré une vision du "khûbe idéal" ! En aucun cas je n'ai dit que j'étais résolument décidé à khûber ; )

C'est la mort la Fac ?

26/5/08 21:29  
Anonymous mimylasouris said...

Tropiques... du cancer alors, comme la première photo rougeoyante (contrairement à Inci, je préfère la première), une maladie larvée qui couve et mange sournoisement les derniers moment khâgneux.

Enfin, bon, ce n'est pas la mort ou alors un non-étant très relatif ; on va mourir en tant que khâgneux, mais demeurer en tant que substr... -ta gueule Aristote.

On sent que les petits mots griffonnés sont tout juste décollés des copies-concours. (Les munitions dégoupillées... j'imagine mon voisin de gauche m'attaquer au Babibel ^^)

Puis le style... il s'est peut-être débarrassé de sa robe de bal meringuée avec profusion de broderies, étoffes précieuses et autres colifichets (grande affection de Mister Of-the-Bridge pour ce mot un peu vieilli), pour revêtir une tenue de combat plus appropriée... [Ouais, bon, ok, j'arrête - le mien, si tant est que j'en ai un, ne s'est pas arrangé.]

27/5/08 12:02  
Blogger zED said...

Je ne sais pas si le khâgneux va mourir (eh oui, très juste, "ta gueule Aristote" : pulsion post-concours) peut-être survivra t-il toujours dans un recoin de l'esprit... ad aeternum !

Les aspirants à la rue d'ULM mangent-ils vraiment du babibel pendant l'épreuve ? Espérons qu'il n'ait pas oublié dans sa copie la cire rouge modelée en phallus...

Un style combattant en "treilli", ça me botte (tu sais combien j'aime les métaphores militaires... allez, j'en filerai une petite d'ici la fin "officielle" de cette année ; )

27/5/08 17:37  
Anonymous Anonyme said...

interdit de jouer de la trompette au concours de l'ENS....

le K

29/5/08 14:53  

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