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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





26 mai 2008

Khûber.


C’est l’heure de se poser la question fatidique, c’est enfin l’heure de s’engouffrer dans une période de profond doute ontologique. Ne me demandez pas pourquoi j’évoque le terme « ontologie », c’est juste que je l’aime beaucoup. Placez-le dans n’importe quelle conversation, des yeux ou bien dubitatifs ou bien hostiles vous transperceront ; mais c’est parfois tellement agréable d’être considéré comme une étrange bestiole venue des confins de l’univers. La planète Khâgne 2008 par exemple. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à nos khûbes. Car l’heure est grave. Il va falloir choisir : To khûbe or not to be. Khûber ou ne pas être. Quand je disais que l’heure était grave…

« Je khûbe ».

Voilà un titre d’article qui aurait fait sensation et qui n’aurait pas manqué de piquer les esprits des (hypo)khâgneux et de tous ceux qui savent ce qu’impliquent une année de khûbing. Ou bien de khûbage. « Alors là, vous allez me dire » (pour rendre hommage aux termes qui ont scandé notre année de philosophie) est-il vraiment décidé à khûber, enfin, à khûber ontologiquement ? Et pour répondre précisément à cette question qui vous tourmente, chers lecteurs, je m’empresse d’exposer toutes les bonnes raisons qui pousseraient UN khâgneux à khûber ontologiquement.

Première bonne raison, et pas des moindres, on peut rater le concours de l’ENS une deuxième fois. Mais en théorie on peut aussi l’avoir, c’est vrai.

Deuxième excellente raison, et comme j’avais pu l’exposer dans un précédent article, on peut continuer à dire qu’on est actuellement en Khâgne au lieu de conjuguer dès à présent le verbe être en khâgne à l’imparfait duratif. Ou plutôt ici à l’imparfait digestif : il va falloir accepter d’avoir été en khâgne et de ne plus y être.

Signer pour un surcroît de Khâgne permet, en outre, de ne toujours pas se spécialiser et de continuer à ne pas perfectionner les options qu’on a déjà à moitié délaissées au cours des deux premières années.


Quatrième bonne raison, continuer à jouir d’un rythme de vie inédit en France, où l’organisme humain régule la circulation de 5 antibiotiques différents tout en collectionnant des maladies rares et sournoises.

Dernière bonne raison, on pourrait en trouver mille autres mais il faut savoir s’arrêter (n’est-ce pas ?), khûber permet au khâgneux de faire plaisir à ses professeurs. Des professeurs tout à fait objectifs, la plupart du temps, et qui laissent une totale liberté de choix au khâgneux indécis ou résolu à s’arrêter alors qu’il en est encore temps : « NE PAS KHUBER serait la plus grande ERREUR de votre vie ». (Propos rapportés par une khâgneuse anonyme de la khâgne vers… d’une khâgne inconnue… que je salue au passage !). J’ai pu entendre aussi : « n’allez pas en Fac, ne donnez pas de confiture aux cochons », qui ferait un très bon slogan pour une pub de prévention contre ce fléau, ce problème de santé publique qu’est l’université.

Comme vous pouvez le constater, il n’y aurait donc que des bonnes raisons pour signer une troisième année dans cet enfer doré.

Toutefois, les paroles les plus sages que j’ai pu entendre sont celles de ma prof’ de latin d’hK : « si vous avez une chance au concours, il serait dommage de ne pas khûber. Ce concours se prépare sur trois ans ! ». Je me rappelle aussi du discours de notre sémillant prof d’anglais : « quand on khûbe, il faut vraiment savoir ce que l’on fait. ». Je n’oublie pas non plus qu’après ces mots, il a évoqué sans transition les suicides de plusieurs anciens khâgneux convertis au khûbing. Parmi eux, un optionnaire philo ; pas étonnant.

Oui, il faut vraiment savoir ce que l’on fait si l’on khûbe. Etre pénétré d’éléments de l’Idée du Khûbe idéal. Je ne pense pas que cette solution soit profitable à l’optionnaire de Lettres Classiques que je suis, qui a immensément besoin de se consacrer à ses matières. La prépa m’a donné beaucoup et peut-être n’a-t-elle plus rien à m’offrir. Une grande période s’achève et je veux qu’elle s’achève maintenant. Ne pas prolonger le contrat uniquement pour le prolonger. Ces deux années de classe préparatoire ne sont jamais qu’un tremplin.

J’ai pris mon élan, d’autres horizons s’ouvrent, ici ou ailleurs. Et la route est encore longue.


Je ne serai sans doute pas khûbe. Mais je serai, ontologiquement, ailleurs. Vers de nouvelles aventures…










12 Comments:

Anonymous Juliette said...

Yannick, je ne respecte pas ton choix.

Mais bonne route, où que tu ailles. (vers Paris ?)

26/5/08 23:06  
Anonymous Aleks said...

Allez. Donnons de la confiture aux cochons, ils aiment ça :D

(ralala, j'avais presque oublié comme le mépris prépateux envers la fhâk était... inoubliable, justement)

27/5/08 08:07  
Anonymous Anonyme said...

"n’allez pas en Fac, ne donnez pas de confiture aux cochon ."

merci yannick, après ne nous étonnons pas que les réputations de "méprisants" et de "hautains" nous soient affublées !

Maeva , future faqueuse et fière de le devenir tant qu'elle étudie ce qui lui plait .

27/5/08 11:13  
Anonymous mimylasouris said...

Etre en khâgne à l'imparfait digestif... c'est mieux qu'à l'impératif pressant. J'espère juste qu'on peut continuer à se goinfrer pendant la digestion.

Derrière les paroles de ta prof de latin j'entends celles de la tortue : "La formation, ce n'est pas hypokhâgne, khâgne, c'est hypokhâgne, khâgne, khâgne." Preuve s'il en est que le khûbage est nocif : on commence déjà à radoter.

Tu as raison, il est temps d'arrêter de sautiller sur le tremplin comme de sales mômes en cours de sport, et de sauter. Parce que se faire sauter la cervelle, non. On ne peut pas décemment mourir pour Aristote. Non vraiment. Se faire étrangler par ses voiles à la Isadora Duncan, ça a une certaine classe, mais mourir pour Aristote ou l'un de ses semblables, aussi mortel(emment ennuyant) puisse-t-il être, c'est tout à fait sordide.

Bref, j'adore cette dispute ontologique (le coup du rythme de vie inédit aussi), et la piste de décollage finale est magnifique. Vers l'infiniiiii et l'au-delàààà. Puis ce sera l'occasion de renouveler mon fonds de films parce que là, ça date un peu.
Sans compter qu'on a quelques mythes fâkheux à aller vérifier, de préférence avant le master.

27/5/08 11:49  
Anonymous Charlotte, free said...

Tu vas me manquer. Ca va me manquer tout ça. Mais la faculté reste un monde merveilleux que j'ai hâte d'explorer, où on apprend ce que l'on veut et pas uniquement ce que l'on doit, où on peut rencontrer des gens différents, où on peut découvrir de nouvelles activités qui manquent tellement en prépa, où, enfin, on peut se dire que les professeurs de khâgne avaient tort: ce n'est pas une régression, au contraire, malheureusement ton article, bien que touchant, laisse peut-être trop de crédit aux points de vue prétentieux que tu rapportes... attention, donc, à ne pas diffuser des propos qui, après tout, ne reflètent qu'une réalité que nous allons bientôt quitter.
Bonne route cher collègue.

27/5/08 14:41  
Blogger zED said...

En effet, ce serait bien dommage que des khâgneux pensent de la sorte, "et pour de vrai" !

Juliette > je ne peux pas en dire plus... mais Actus Man sera de la partie... peut-être va t-il découvrir la capitale, qui sait !

Aleks > nous sommes les Big Mac de l'enseignement supérieur ! (n'est-ce pas le sandwich le plus cher ?!) D'ailleurs, je me suis toujours posé une question : n'est-on pas dégoûté de Mac Do à force de bosser/sentir/manger Mac Do ?

Maeva > il y a des guillemets, ces propos ne sont pas les miens. Et tu sais très bien que je suis maintenant convaincu du contraire : le blog est là pour en témoigner, j'ai beaucoup évolué. L'important, c'est ce qu'on fera, et pas les idées qu'on a pu approuver, de près ou de loin, il y a plusieurs mois (c'est à dire, des années lumières) !

Mimy > voilà la notion qu'il nous manquait : l'impératif pressant. A distinguer philosophiquement d'imparfait digestif.

Je m'étonne que cet article n'ait pas porté le coup de grâce à ton intention de non-khûbage. (c'est ironique hein... je précise, à toute fin utile, avant qu'on ne me sanctionne de préparationnaire prétentieux)

Charlotte > ceux qui khûbent ont leurs raisons. Et elles sont souvent bonnes et judicieuses les concernant. Il s'agit plus ici d'exposer ce qui me conforte dans l'idée de passer à autre chose, et de ne pas khûber ! (je pense d'ailleurs que ces raisons ne te sont pas inconnues... on s'est tous posés les mêmes questions !) Je me répète, mais il n'y a rien de prétentieux dans mon intention, bien au contraire.

"De l'humilité" disait le K. Après avoir souffert les épreuves d'ULM, comment ne pas être humble ? (et je le pense sérieusement !)

Et nous avons encore le temps pour nous souhaiter "bonne route". ; )

27/5/08 17:56  
Anonymous charlotte said...

je sais bien qu'ils ont leurs raisons... et je sais que je me suis posée ces questions... je n'oublie rien, ne t'inquiète pas. J'ai probablement mal interprété ce que tu as retranscrit entre guillemets, c'est tout. Désolée si tu t'es senti offensé.

27/5/08 18:16  
Anonymous Anonyme said...

C'était quoi, en fait, le dessin au tableau ?

28/5/08 21:55  
Anonymous Anonyme said...

Qu'est donc le khûbing sinon l'activité que seul le khâgneux peut réaliser . Appartenant à cette suprême espèce qu'est le prépa littéraire , il se prépare à étudier pour finir enseignant. Le khûbing ( ça la fait mieux dans la langue d'Adam Smith )s'avère donc être le dernier choix libre que le khâgne peut effectuer avant de sauter la tête la première dans le magma de l'enseignement public français. C'est donc le seul moment de répit pour la future tête de turc des élèves créteillois ou autres (j'exagère , mais à peine). Par ailleurs , comme Etienne le magnifique nous déclara lorsque nous lui apprîmes la démission d'une camarade en ce mois de mai : "try and try and try again!"(il copia cette déclaration sur Chamberlain). En conclusion le khûbing est un tremplin qui peut permettre à cet être d'élite qu'est le Khâgne de sauter plus loin dans la même merde , mais au moins d'atterrir là où il y a moins de monde .


AVE Khâgneux , celui qui ne va pas mourrir pour toi car il n'en voit pas l'intérêt te salue .

PS: pour le K : Vive De Gaulle !

28/5/08 21:56  
Anonymous La bête des Vosges said...

Ne me quitte pas
Je ne peux oublier
Ces années passées
Mais tu pars là bas
Etudier pourtant
C'est ce qui me tue
On ne se verra plus
Mais c'est le moment
De briser mon coeur
Et pour ça je bois
Ne pars pas là bas
Fais notre bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Impro afin d'exprimer ma tristesse dû au départ d'un khâgneu qui m'est cher...Bisous poussin, je ne te ferais plus c.... avec ta traitrise parisienne...

31/5/08 14:03  
Blogger zED said...

Anonyme > j'avais noté dans la marge de mon cours d'anglais la définition précise de ce "dessin"... malheureusement, je n'arrive plus à mettre la main dessus ! Apparemment, ce serait une porte capitonnée en velour... (ça a un nom particulier...)

Anonyme (qui est en fait le fan de Milton Friedman dans notre couloir) > je ne te savais pas aussi raffiné ! J'ai tout de même préféré la version résumée que tu as fait en "live" : "Pourquoi khûber ? pour sauter dans la merde, mais un peu moins que les autres !"

La bête des Vosges > regarde le côté positif : il va falloir boire pour oublier ; )

2/6/08 17:59  
Anonymous Kess said...

J'ai beaucoup ri en lisant ton blog, merci =) Vraiment génial =)
Une HK de province, qui elle aussi scande, mène des réflexions ontologiques et épistémologiques et veut dormir xD

5/6/08 18:54  

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