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Monkey'z (h)K v.2.0

Bienvenue sur ce blog (hypo)khâgneux ! Vous y trouverez des Gaffiot, des Bailly, des références à Jean Pierre Richard, de la souffrance intellectuelle, de la procrastination [...] et surtout, des Khâgneux. "Des khâgneux hyperboliques, de beaux khâgneux" (le K.)





29 juin 2007

Et nunc ?


Pas encore khâgneux, plus vraiment hypokhâgneux, je m’embarque une ultime fois pour Nancy avant la grande désertion de juillet/août. L’internat hibernerait déjà sans les quelques chinois matheux, et les quelques matheux tout court, que l’on y croise à tout hasard. (Il est vrai qu’on trouve plus aisément le week-end un chinois à l’internat qu’à ChinaTown… n’y voyez aucune « sinophobie » !). Je m’engouffre dans les couloirs étrangement muets du lycée, le parquet seul vocifère pour réprimander ma présence. C’est une atmosphère d’après bataille, qui dégage un silence morbide.

Ma chambre justement, se réclame d’une scène de bombardement, moins le cratère, les membres épars et moins les éclats d’obus : Gaffiot par-ci, cours en désordres par-là, carcasses de paquets de dinosaurus, Folio en pagaille, Etre, Néant […] Bref : Internata rangenda erat. (Ma chambre d'internat était [devant être] rangée). Et c’est alors qu’une involontaire séquence nostalgie se projette un peu partout autour de vous : je déterre le chapeau que j’avais porté lors de la soirée d’intégration, le billet d’avion Zurich- Athènes, le pamphlet célinien qui pulvérise « Jean Baptiste Sartre » (L’agité du bocal), ou encore, un vieux post-it inspiré d’un cours de latin et échoué sous mon bureau depuis, notant « De utilitate partouzere in catacombis »… (à mon sens, c’est assez transparent)



Et maintenant ?

« Les vacances vous pouvez vous reposer… 8 jours ; bon, 15 jours… »

Merci Monsieur P., nous voilà rassurés ! La liste des bouquins à lire se prolonge vers d’insondables abîmes baignés d’une atmosphère lourde, ténébreuse, un bon aperçu somme toute des « impératifs khâgneux » ; sans compter les quelques lectures qui gisent piteusement dans ma chambre depuis longtemps et qui me supplient de les ramener à la vie… Je dois avouer, j’entre dans ce temps de vacances accompagné d’un bon Jules Verne… Mais je sais aussi que Baptiste jonglera entre un travail de caissier (dont j’attends les anecdotes piquantes) et l’inaltérable besoin de se lever « à 14h du matin » (selon ses termes). Tout conjuguer, voilà l’enjeu de ces vacances : suffisamment détaché de l’(hypo)khâgne pour apaiser la nervosité (me concernant en tout cas) mais suffisamment alerte afin de ne pas enterrer le travail fourni.

Bref, rester en veille.

Je colle autour de l’écran de mon ordinateur des post-it arborant des sentences latines, évocatrices et universelles, par exemple « Fabricando fit faber » (C’est en forgeant qu’on devient forgeron), « Hominis mens alitur discendo et cogitando » (L’esprit de l’homme est nourri par l’apprentissage et la pensée) ou encore « De utilitate partouzere in cat… » ah non, zut, pas celle-là !


Sur ce, je vous souhaite à toutes et à tous de bonnes lectures, de bonnes gaffiotomisations et de bien bonnes vacances =)



updata, ae, f : la mise à jour

Les updatae ne cesseront pas pour autant !

27 juin 2007

Un zeste de bilan

Par curiosité, j’ai relu les premiers articles de ce blog, chose que je n’avais pas fait depuis longtemps. Bizarrement, je ne me rappelle plus ou presque de ces incalculables lignes qui peignent cette année d’hypokhâgne, lignes que j’ai écrites pourtant, souvent avec peine le vendredi soir, essayant de jeter le meilleur regard possible sur la semaine qui venait de s’éclipser. Je me réjouis aujourd’hui d’avoir écrit tous ces textes, qui, je l’espère du moins, ne seront non pas soufflés par le vent de la mémoire sélective mais demeureront les solides témoins de ce temps d’hK. C’était important, je crois, ce l’était pour moi du moins, de fixer cette année en quelques traits : mon évolution est flagrante, imprimée inconsciemment dans de nombreuses étapes.

Le blog a peu à peu gagné en cohérence, vous en connaissez les protagonistes incontournables, Baptiste, le Roy ou le K. pour ne citer qu’eux. Et j’ai aussi eu le plaisir d’alunir sur d’autres blogs hypokhâgneux, tous différents, tous signés de façon singulière. J’ose à peine me dire, parfois : « nous relirons tout cela dans vingt ans… ». Oui nous relirons tout cela dans vingt ans ; quelle sera notre réaction ? « Je n’ai pas…de boule… de cristal ! » (Pour reprendre à mon compte le mot célèbre de notre CPE à propos de la régularisation des absences)



Note à moi-même : penser à écrire à Lu pour demander la création d’un biscuit hypokhâgneux, le Granolosaurus. Et puis non, c’est très bien ainsi, Granola OU BIEN Dinosaurus, Dinosaurus OU BIEN Granola. Hoc magnum alternativum est ! Penser à envoyer ce fameux Granolissimo adressé à…


* * *

L'occasion pour moi de remercier celles et ceux qui ont pris la peine de déposer ici quelques mots, anonymes ou qui se sont fait connaître, et tout particulièrement : (dans le plus complet désordre et "entre autres" évidemment) Tulipe, Mimy, Inci', Elendili... ainsi que des (hypo)khâgneux nancéens, Charlotte, Maeva, Olivier, Marine, Maxime...


N'oublions pas pour autant celles et ceux qui ont pris la peine de déposer ici quelques considérations nauséabondes (on s'est tout de même bien marré en vous lisant)


Un "Merci" adressé au K. également, notre Ministre de l'Alternative et des Affaires Problématiques (c'est bien trouvé...) pour ses quelques commentaires d'anthologie et ses encouragements


Enfin, comment l'oublier, Baptiste, mon cher Baptiste, sans qui ce blog et cette année, n'auraient pas été ce qu'ils sont :
SUMUS... ergo (!) su...MUS ! |_|

24 juin 2007

Interlude #9


Etiam ad Nancy redeo, sed hoc est reditum ultimum.

23 juin 2007

Anatole, j’arrive !

Mardi. Demain, expérimentation dans le vif de ma première anesthésie générale (AG, ad intimos) pour fêter une « extraction » des dents de sagesse (rien que les sonorités de ce mot font peur… ex-tractare, selon ma traduction : manier avec violence vers l’extérieur…). Encore une fois : pas de panique ! Je suis stoïcien, je suis stoïcien, je suis stoïcien.
Dans le sommeil artificiel où le charmant anesthésiste de 2m30 avec un léger accent anglais va me plonger, peut-être vais-je me transporter vers les limbes cotonneuses des hellénistes en détresse, et peut-être vais-je rencontrer Anatole, mais si, vous savez, Anatole Bailly ! J’espère cette entrevue du moins, au quel cas je serai fort déçu.


Hummm...

Mercredi. Le jour même. Dans la clinique. Je suis stoïcien, je suis stoïcien, je suis stoïcien. Heureusement, j’ai amené un bouquin de latin pour la frime ; je le mets difficilement à profit toutefois, alors que résonne le JT de 13h de Pernaud qui captive les autres patients de la chambre.
On me descend au bloc, enfin : j’entends un « il faut encore le piquer lui » lancé à travers la pièce par une infirmière ; je me permets de lui faire remarquer que c’est un peu vétérino-concentrationaire comme jargon : c’était oublier que je ne suis pas en HK, seul endroit où ce genre de précision retient l’attention.

Et pouf, le trou noir : mais pas d’Anatole à l’hozizon. J’aurais sûrement dû réclamer une anesthésie à coup de Bailly (et parfois même, nul besoin d’asséner des coups pour que l’anesthésie soit parfaite, notre helléniste de professeur a parfois été d’une efficacité redoutable, le lundi de 16h à 18h). Ce n’est pas aujourd’hui que je serais en mesure de lui demander des conseils à M. Bailly. Encore assommé et endolori, c’est d’ailleurs une des premières choses que je dis à ma mère : « - M’man, j’ai pas vu Anatole ! - Hein, qui ça ? ». Allez, croisons les doigts : la prochaine chute en VTT, c’est la bonne…


Echapperai-je à mon surnom potentiel confectionné par Maeva ? (à savoir le "Hamster Roux") C’était une autre histoire…

22 juin 2007

Billet d’humeur #15 (Par Baptiste)

Dernier billet d’humeur en tant qu’hypokhâgneux… Curieuse sensation que celle d’aller en Khâgne, chez les « Grands » alors que l’on n’a même pas l’impression d’avoir fini cette année là. Les Saturnales ont pourtant signifié l’apogée de notre première année de prépa… Mais pour le billet d’humeur, pas de changement notable, que ce soit pour cette édition ou celles de l’année prochaine, 3 petites réflexions, des morales et des titres en latins, n’en déplaise à une khâgneuse… ;-) !


De l’utilité de Malraux
(De utilitate Malraux)

Nous l’avons vu il y a peu, les sujets de « Papi » (puisque tel est son surnom) peuvent parfois se révéler peu académiques ou pour le moins déroutant. Néanmoins, il existe une parade à la peur de la page blanche que je vous avais volontairement cachée. En effet, il faut savoir qu’André Malraux est cité à peu près 42 fois par corrigé de composition française et qu’il a écrit à peu près tout, sur à peu près n’importe quoi. Exemples :

  • « L’art est un anti-destin. »
  • « Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux. »
  • « Au Mc Donald’s, je préfère les frites aux potatoes, c’est meilleur. »

Moralité : En dissertation, Malraux tu citeras.


De l’inutilité de trouver un « De l’inutilité… »
(De inutilitate invenire unum de inutilitate)

J’entends d’ici les protestataires qui vont me reprocher d’avoir cédé à la facilité en écrivant cette remarque. Je dois me résoudre à le faire, presque contre mon gré, mais je dois avouer que j’ai cherché en vain ce qui avait pu être inutile pendant cette dernière semaine de cours. Je vais donc en profiter pour inverser l’ordre naturel des choses, et délivrer ici quelques remerciements. Merci donc au propriétaire de ce blog qui m’a laissé écrire et dire des inepties tout au long de cette année, au Roy, aux propriétaires de Joseph et Scrat, au K. pour « Si nous portons des chaussures, c’est parce que nous croyons à l’immortalité de l’âme. », aux propriétaires des chambres que nous avons réquisitionnées pour nos boûcheries, à tous mes camarades hypokhâgneux, finalement…


Moralité : De moralité, tu n’auras point besoin.


De l’utilité du Maori
(De utilitate « Maori »)

Ce billet étant le dernier billet « officiel », je ne pouvais pas faire autrement que de m’arrêter un instant sur mon restaurant préféré. Si certaines mauvaises langues ont pu dire que mon alimentation de l’année était uniquement composée de beignets sucrés ou salés, je suis obligé de confirmer leurs dires… Un lieu où nous conduirons donc les jeunes hypokhâgneux, Yannick et moi-même, et où ces derniers seront fort avisés de nous « payer un coup », s’ils nous lisent… ;-) !

Moralité : Au Maori, tu iras.


Et pendant ce temps à Vera Cruz : Je reprends un rythme de vacances, finis Manon Lescaut et vous abandonne, chers lecteurs… jusqu’à l’an prochain.

20 juin 2007

Des amis en HK #2

Extraordinaires et indispensables, ces amis de ce genre si particulier que l’on découvre en hypokhâgne. La séparation s’annonce délicate pendant ces « vacances », et déjà, j’accuse un ample déficit de décônne. A la rentrée heureusement, les piliers indestructibles qui ont fait de cette hK1 ce qu’elle a été, demeurent en K1 ; certain(e)s nous quittent c’est vrai, prennent une autre correspondance pour une autre destination, mais ne nous abandonnent pas. La fresque de notre hypokhâgne me semble éternelle, inscrite dans les murs de l’internat, dans ces canapés usés des Artistes, dans ces légendes qui se sont imposées d’elles-mêmes, au fil des jours et des épreuves.


Quelques mots clés (hK1, j’attends vos suggestions) : Gaffiotomisation – Artistes – Dinosaurus – Ethique – Joseph – Envers – Whisky – Vosges – Scrat – PES – Excelsior - Maori - Glandage (humm...) - Papi - Spinoza - Substance - Cosmos - Logos - TTC - BOUCHERIIIIEEEE - Bouyrhoff […]

18 juin 2007

Saturnales

Quid Saturnaliae ? Id non difficile intellectu. Mais allons à l’essentiel : lors de ces fêtes célébrées en l’honneur de Saturne (ut nomen indicat), les esclaves (c'est-à-dire nous, par transposition, en l’an de grâce 2007) jouissaient d’une pleine liberté et pouvaient faire ce que bon leur semblait, sans avoir à rendre de compte. Cet état d’omnipotence ne s’étendait pas de manière indéfinie mais enfin, les servi devaient bien se fendre la poire à cette occasion. En somme, si vous suivez bien : servi caedunt poiram eorum . Le terme de « saturnales », nous concernant, englobe un spectacle monté par les khâgneux classiques, précédé d’un repas en compagnie des hypokhâgneux et des professeurs (qui acceptent l’invitation volontiers, ou non…).Grande interrogation (Quaestiona summa) qui nous chatouillait, nous les première année : à la table de quel professeur passerons-nous la soirée ? (Question annexe pour un quidam vosgienum : quel professeur offre sa bouteille aux élèves ?!)



Je visais la table des professeurs de latin, j’atterris avec Baptiste, Thibaud et Charlotte à l’une des places les plus convoitées, avec le divin prof’ d’Histoire et l’excellentissime prof’ d’Italien. Et justement, je vois le Roy et Olivier à côté de la prof’ de latin, déjà en pleine conversation : mais, quid peuvent-ils bien eam dicere ?! En tout cas, je fais signe à Olivier de remplir le verre de notre magisteram : une agrégée de lettres classiques un peu pompette (pauca pompetta) récite t-elle le Gaffiot à l’envers ? Malheureusement, nous ne devions jamais le savoir. (Numquam magistera pompetta videtur) Mais, comble d’une auguste chance, plus tard dans la soirée, elle accepte le feu que je lui tends pour allumer sa cigarette… Supra paucam nubem cigaretae sum !



Les khâgneux brillent pendant la pièce de théâtre qu’ils ont confectionnée, c’est un festin d’imitation qui nous a presque arraché les larmes des yeux. Et les professeurs présents prennent part au délire, ils se taquinent les uns les autres à chaque trait caricaturé par le génie khâgneux. En un mot, et pour ne rien révéler de plus de cet excellent moment qui clôt traditionnellement l’année : MERCI, les khâgneux !


Henriot : le champagne collabo' ! (bon, je vous l'accorde, hic nazum erat)


Une dernière précision : la prof’ de latin nous a vivement incités à parler latin entre nous afin de fixer la langue et s’habituer ainsi au thème. Un conseil judicieux à mettre en œuvre, sans plus tarder, ici même ou en quelque circonstance que ce soit :

« - Baptiste, nonne nunc in douchum imus ?

– Exspecta, amicus meus, Head&Shouldum petendum est ! ».

(Tout le monde ne s’appellant pas Incitatus, traduction : - ô Baptiste, n'allons-nous pas maintenant à la douche ? – Attends, mon ami, je dois chercher mon shampoing.)



NB : après d’innombrables questions, suppositions, hypothèses, il est grand temps de m’attarder pour lever le mystère : NON, chers lecteurs, non CUM Baptista in doucho eo, il y a bien deux cabines séparées (quatre cabines, pour être précis). Si vous voulez plus d’informations sur nos cabines de douche voire nos séances de douche, un arrangement est toujours possible…

Hypokhâgneusement.

16 juin 2007

7800 minutes de koppistique

Seul, je suis retourné une dernière fois dans la salle de philosophie, à deux pas de l’internat. « L’espace sacré » du mardi et jeudi matin, dans le « temps sacré » de 10h à 12h. Mais ce soir-là, je n’avais affaire qu’à une banale, commune, vulgaire salle de cours, rien de sacré à l’horizon, plus de bureau sacré, de rideau sacré, de tableau sacré, de table sacrée… Plus de maître de la koppistique surtout, pour me dérouler la pensée inintelligible d’un philosophe inintelligible, dans une ample gestuelle, qui lançait les concepts, matraquait les problèmes, ouvrait les alternatives : c’était un peu comme avoir sous les yeux un combat d’art martial, souple mais décidé ; c’était beau de ne pas comprendre…



Je n’ai pas toujours été très attentif, loin s’en faut, ce serait mentir que de soutenir le contraire. J’ai souvent décroché, notamment quand le manque de sommeil se pesait par kilos sur mes paupières, me perdant je ne sais trop où, entre deux formes griffonnées sur ma feuille et l’empreinte d’un rayon de soleil, qui perçait alors une faiblesse du rideau pour s’écraser sur le parquet défraîchi. D’autres auront été jusqu’à récupérer sur leur table sacrée leurs heures de repos amputées (par miracle, jamais personne n’a ronflé), auront lu de nombreux livres, révisé de nombreux cours, expérimenté « l’être papotant » de nombreuses fois. Je n’étais qu’un noyé de plus au milieu de cet océan d’attitudes bariolées, mais toujours à l’affût de l’élan koppistique qui serait souvent la racine d’une note sur le blog. D’autres encore, auront compté une par une ces minutes, très consciencieusement, et pourront donc attester de la vérité du chiffre : 7800.

C’était inédit toujours, croustillant souvent, caustique parfois : en un mot, c’était fou ! Complètement fou ! Voilà sans doute pourquoi, avec Baptiste, nous nous sommes laissés embarquer sur le radeau de la koppistique. Nous y avons découvert une lecture de Proust et une incitation à la vraie lecture de Proust, nous y avons découvert le III Spinoza, et peut-être le plus important, nous y avons appris à aborder l’étrangeté, à en rire, à ne pas se prendre au sérieux. C’était beau de ne pas comprendre, et ça le restera…


« Vous avez préféré mourir à bord de ce sujet-là, [l’hospitalité], c’est votre choix… »


« [Ne vous demandez pas pourquoi Swan est chez vous], demandez-vous qui Swan est en train de culbuter/chatouiller dans votre entourage »


« Il n’y a que le texte qui compte »

[…]

Dernières errances au lycée

Une envie en demi teinte m’a jeté à Sarreguemines, dans ma contrée natale, un peu plus tôt que prévu, beaucoup plus tôt que prévu même : j’étais supposé rester à l’internat jusqu’à lundi matin, pourquoi donc, allez savoir (mais pour une immensément bonne raison, je vous assure) .C’était sans avoir entrevu la perspective d’un internat vide, abandonné par mes amis hypokhâgneux, même plus le théâtre humide de la vieille guéguerre interprépas, qui pose la lance à incendie en arme reine de l’affrontement matheux – Hec ou PC – MP ou PC – Hec. Et nous alors, de quel crédit jouissons-nous auprès des belligérants ? Absolument aucun. En grands pragmatiques que nous sommes, nous nous écrasons, tout juste admis au rang de spectateurs, car nous n’avons que très peu de forces à opposer au tout puissant lobby scientifique de l’internat. Eh quoi ? Se servir de l’Etre et le Néant comme bouclier anti-émeute ?

Bref, l’internat s’est métamorphosé en un désert, on n’y croise guère plus de dromadaires que d’hypokhâgneux, on pourrait errer des heures en vain, à la recherche d’une oasis de décônne, je n’aurais pas été très exigeant pourtant : le prof de français croqué dans une séance d’imitation, une petite plaisanterie sur l’aoriste ou rien qu’une once d’idée loufoque de mon mangeur de dinosaurus (écrabouiller quelque chose avec un Gaffiot, par exemple) m’aurait rassasié. Il n’en était rien. Silence. Et encore du silence nostalgique à broyer.

Vider ma chambre d'internat définitivement, ultime épreuve pour clore cette année, au moins de manière concrète.

15 juin 2007

Interlude #8


Pensée pour mes amis hypokhâgneux de Nancy et amis tout court : le mangeur de dinosaurus, l'amie de Joseph, mon vosgien rescapé, l'autre vosgien admissible, l'helléniste/latiniste barbu, la grande brune sur talons, le Roy majestueux, Flo "J'en ai marre" (qui va nous manquer.... ) Frère Footeux, la gothique fashion physique mais pas mental, la compagne du bel homme et enfin, l'alliée du Yahourt... (ai-je (encore) oublié quelqu'un ? Qu'on me pardonne !)

Pensée pour tous les hypokhâgneux survivants

Pensée toute particulière pour les hypokhâgneuses de Versailles...

10 juin 2007

Derniers cours, mais pas tout à fait…

Les rues exhalent leurs relents d’hydrocarbures, l’atmosphère est détestable, de cette humidité lourde qui vous échauffe le cou et les cheveux. Je me presse pour rejoindre une librairie, l’antre de toutes les folies dépensières, qui baigne aujourd’hui dans la sueur. Nous sommes vendredi et je viens de quitter le dernier cours de français en hypokhâgne. « Papi », car c’est le nom, plus affectueux que railleur, que nous avons coutume de lui donner, Papi donc, et sa déferlante d’occurrences cochonnes, sexuelles, scatologiques, à tous les carrefours littéraires, va presque me manquer. Non, en vérité, elle me manque déjà. D’autres vont nous suivre mais ne porteront pas un même regard.

Presque dernier cours de grec : électrique, tonitruant (comme de coutume là aussi), le prof' déclenche la bataille de l’optatif. Stupeur ! J’apprends qu’il existe un optatif aoriste thématique moyen ! Je pense alors à me lacérer les veines avec les feuilles du cours sur Œdipe Roi mais j’hésite : Œdipe a déjà bien assez de problèmes pour encore éponger les fluides d’un helléniste du XXIème siècle et puis, je préfère me (re)concentrer sur la syntaxe oblique de l’optatif, qu’il faudra de toute façon réviser le soir, mort ou vif. En effet, le grec s’avère être un choix de vie, même après la mort. Je veux être enterré avec mon Bailly, mieux, si la technique le permet, dans un Bailly géant. Concentration, vite !

Sur le chemin de l’étouffant internat, j’apprends de la bouche même de l’heureux élu qu’un de nos amis hypokhâgneux est admissible à Science Po Paris. Seule reste sur sa route l’ultime épreuve des oraux : courage à toi, puisses-tu intégrer ! (Et puisses-tu nous héberger quand nous viendrons te rendre visite…et accessoirement bien sûr, avoir un pied-à-terre à Paris…) Sommes nous dans un système éventuel ou potentiel en grec ? Haha ?! (Cri de dépit) Preuve que parfois, parfois seulement, l’admissibilité à Science Po Paris est préférable à l’engagement dans le Vietnam des langues anciennes.

Querelle des Classiques et des Modernes

Clarifions d’emblée les choses : du point de vue des khâgneux classiques (chez nous, la K1), la khâgne classique est la meilleure ; du point de vue des khâgneux modernes (K2), la khâgne moderne est la meilleure. Cette situation qui n’a pas son pareil pour exacerber la compréhension mutuelle, tombera pourtant en désuétude dans les prochaines années puisque les khâgnes seront indifférenciées. Mais d’ici à ce funeste moment, harcelons-nous joyeusement, battons-nous, insultons-nous, gaffiotomisons-nous !

Revenons sur terre. De ce jeu de la rivalité, inspiré en quelque sorte par la trâdition hypokhâgneuse, auquel je participe fort volontiers, ne saurait découler aucune animosité réelle. Une khâgne (ou une hypokhâgne) classique ou moderne, moderne ou classique, et où que cela soit en France, est avant tout ce que nous-mêmes voulons et allons en faire : je ne change pas d’avis. Deviendrais-je sartrien ? Ainsi, les ondes massives de l’Etre et le Néant, qui fait grève sur mon chevet depuis longtemps, très longtemps, pénètreraient bien mon esprit pendant mon sommeil !

Apparemment, il n’en va pas de même pour nos profs, certains en particulier, qui se plaisent à casser ouvertement du moderne, sur un ton sarcastique et méprisant. J’ai du mal à le décrire de manière précise et j’ai tout autant de mal à en préciser les motivations. « C’est comme ça », ces profs, vieux routards de la khâgne/hypokhâgne, sont au lycée chez eux, avec leurs habitudes, leurs petites rivalités. « C’est comme ça » ; pensons juste à ne pas prendre tout cela au premier degré, ce serait mauvais pour notre ego.


« Ceux qui vont en K2 n’existent plus pour moi ; ceux qui vont en K1, on se voit jeudi, et je vous donne une liste de livres pour ne pas être idiot pendant les vacances… les K2, pas besoin de lire ! » dixit, le divin prof’ d’histoire (que nous retrouverons en K1)

09 juin 2007

Du foot en hypokhâgne (Gladiatores hypokhagnae)

Universel football, instrument de cohésion des hommes, ce n’est plus à prouver ; de cohésion hypokhâgneuse également, et nous en avons d’ailleurs une preuve, en chair et en os. Ces hypokhâgneux, qui n’hésitent pas à pousser la fameuse cohésion de groupe à la fusion véhémente et quasi-passionnelle, lors d’un premier match de foot entre eux ; bilan : un blessé grave et beaucoup de remords, sans doute, pour celui qui a infligé son tacle fusionnel. Et dire que j’ai manqué cela ! A quand le prochain foot ? J’y serai. Mais d’ici là, bon rétablissement à notre blessé !

01 juin 2007

1er juin

Ultime gorge nouée, ultimes battements de cœur angoissé à l’heure du retour de nos chers concours blancs de français. A ce moment, je pense que c’est l’une des dernières, sinon la dernière cérémonie d’une longue série, qui aura martelé toute l’année, comme d’un trait continu. C’était aussi la dernière occasion de gagner une pizza : tout joueur qu’il est, Baptiste n’a pas pu s’empêcher de parier avec Thibaud et moi-même qu’il ne majorerait pas le semestre de français (et l’année, par la même occasion), titubant sur le fil des hypothèses de notes et comme toujours, à la fois peu sûr de lui et épris de majoration dans sa matière. Autant dire qu’il avait l’incorruptible envie de perdre son pari, chose qu’il a réussi avec un talent certain. (Précisons au passage que la dissertation de français est le seul exercice qui ait réussi à lui arracher un effort de préparation). Enième pari remporté. Encore quelques devoirs de français, et j’aurais péri étouffé par les remords…

Juin. Juin. Juin. Ce mot rebondit dans mon esprit de façon irréaliste, il se veut l’écho d’une réalité qui m’échappe encore totalement : bientôt, les « vacances », et puis, la Khâgne. Je n’en reviens pas, je n’y crois pas.

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